Axe Gargarat-Legouera :La poudrière qui risque d’enflammer le Nord

jeudi 1er septembre 2016
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La Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (MINURSO) a anticipé il y a peu de jours la confrontation qui allait opposer Marocains et Sahraouis dans la zone dite « Gargarat » frontalière de la Mauritanie. Cette région nord du pays reste selon plusieurs observateurs une poudrière qui risque de s’enflammer à tout instant, face aux intentions du Maroc de sécuriser une zone qualifiée de non droit et au refus du Front Polisario qui y voit une violation du cessez-le-feu signé le 6 septembre 1991. En toile de fond, le sort de la ville de Legouera occupée par l’armée mauritanienne en attendant le règlement du conflit qui oppose ses deux voisins.
La MINURSO a massé ses forces internationales à Gargarat, zone tampon située à la frontière entre le Maroc et la Mauritanie. Cet espace démilitarisé depuis les accords du cessez-le-feu du 6 septembre 1991 entre le Maroc et le Polisario, a failli devenir le théâtre d’opérations militaires aux conséquences imprévisibles. En effet, l’armée marocaine avait entamé il y a quelques jours des opérations de génie militaire pour sécuriser et aménager « une zone de non droit, point de passage des terroristes et des contrebandiers » selon son entendement. Ce que le Front Polisario considéra comme une violation des accords qui la lient au Royaume du Maroc et une volonté d’élargir ses « colonies » dans une zone démilitarisée. Assez suffisant pour provoquer un mouvement de ses troupes vers le point de Gargarat pour stopper les Marocains. Auparavant, les responsables du Front Polisario avaient saisi la MINURSO pour lui faire part de la présence sur les lieux d’unités militaires marocaines au sol appuyées par l’aviation, considérant cette offensive de dangereuse pour la paix dans la région.
La tension reste cependant vive dans ces contrées que la plupart des observateurs considèrent comme une véritable poudrière. Le tout sous le regard de l’armée mauritanienne qui suivait les travaux que le génie militaire marocain opérait sur cette bande de 3,5 kilomètres qui la sépare du premier mur de démarcation.
Il faut dire que la Mauritanie observe de près ce qui se trame à ses frontières nord, objet d’escalades qui tantôt l’interpellent. Ce fut le cas il y a quelques semaines au plus fort de la tension avec le Maroc à propos de la ville de Legouera. Cette portion du Sahara -objet de litige- les accords de cessez-le-feu de 1991 l’avaient placé sous tutelle mauritanienne en attendant le règlement définitif de la question sahraouie. Les Marocains n’avaient pas en effet apprécié le drapeau mauritanien hissé sur les lieux, ni les mouvements massifs de l’armée mauritanienne dans les régions Nord du pays. Certaines informations avaient même évoqué le déplacement dans la zone des missiles.
N’empêche, jamais la question du Sahara Occidental dont le règlement tarde à se dénouer depuis plus de quatre décennies, n’a aussi exacerbé la patience des belligérants. Le passage il y a quelques mois du Secrétaire général des Nations Unies dans la région, loin d’avoir fait baisser les tensions, n’aurait fait que les attiser, notamment avec le Maroc qui n’avait pas apprécié certaines déclarations. Il faut dire que comme leur Secrétaire général, tous les Envoyés Spéciaux des Nations Unies qui se sont succédé pour le règlement du conflit du Sahara Occidental ont échoué, de James Baker à Dénis Ross. Le Maroc qui continue de considérer le Sahara Occidental comme partie intégrante de son territoire a toutefois accordé une concession, celle d’une autonomie au sein du Royaume. Ce que le Front Polisario a rejeté, réclamant un référendum d’autodétermination que le Maroc refuse jusqu’à nos jours.
Mais la question de Legouera restera toujours posée. En cas de règlement définitif de la question du Sahara, la Mauritanie consentira-t-elle à céder ce bout de territoire situé presque
à l’intérieur de Nouadhibou ?

Cheikh Aïdara





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