Corruption et malversation tous azimut

lundi 6 novembre 2017
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La descente aux enfers des frères Gupta et consorts … ?
Proches de Jacob Zuma et à la tête d’un véritable empire industriel, les frères Gupta (puissante famille d’hommes d’affaires d’origine indienne, arrivée en Afrique du Sud dans les années 1990), sont carrément soupçonnés d’ingérence dans les affaires de l’État et sont accusés de corruption. Depuis plusieurs jours, ils défraient la chronique au rythme des révélations qui se succèdent

L’actualité présente en Afrique du sud renvoie à bien des égards à celle que nombre d’observateurs entrevoient à terme, en Mauritanie
En fait, ce qui se passe actuellement au pays de Nelson Mandela, peut bien se transposer chez nous. La seule différence est qu’ici, il s’agit de Mauritaniens authentiques, à la tête d’immenses fortunes acquises ces dernières années, dont le seul mérite est d’être proches du président Ould Abdel Aziz ou d’être membres de sa famille.
Si l’Afrique du sud - pays émergent- se trouve, sur tous les plans, à des années lumières de la Mauritanie -pays en voie de développement (?)-, les deux États se retrouvent à égalité, sur un même terrain, celui du haut niveau de corruption érigée en règle dans l’administration publique, des pratiques à ciel ouvert de malversations, de détournements de biens publics, de corruption… En attestent, ces scandales financiers qui secouent le régime du président Zuma ces dernières semaines...
En effet, à lire l’article ci-dessous, de notre confrère Adrien Barbier paru dans Le Monde, il y a quelques semaines, on se croirait bien en Mauritanie !
Substituons alors les noms des membres de la famille Gupta, à ceux des nouveaux hommes d’affaires en Mauritanie, et la transposition est comme, effective voire réelle !
« Les derniers comptes bancaires de la fratrie indienne, accusée de « capture » de l’Etat sud-africain, devraient être clôturés d’ici la fin de l’année 2017. De leur propre aveu, leur chute serait « inévitable ». Au cœur du plus gros scandale politico-financier actuel en Afrique du Sud, la richissime fratrie d’industriels indiens, accusée d’avoir « capturé » l’Etat sud-africain et son président Jacob Zuma, n’a plus que quelques jours pour trouver une nouvelle banque pour ses entreprises, sans quoi il lui sera difficile d’exercer ses activités. Pour ses détracteurs, l’effondrement de l’empire Gupta est en vue.
Le 30 septembre, la Bank of Baroda, la dernière banque qui permettait encore à vingt entreprises possédées ou liées aux Gupta d’effectuer des transactions financières, va clôturer tous leurs comptes. Oakbay, la holding familiale, a bien tenté d’empêcher la manœuvre au tribunal, argumentant que cela aurait « un impact désastreux pour leur business », avec des conséquences pour leurs milliers d’employés, dont les salaires ne pourraient plus être versés. Jeudi 21 septembre, le juge Hans Fabricius a débouté la demande, arguant qu’il y avait de fortes suspicions que les Gupta aient « saboté l’intégrité du système financier, pour le dire gentiment ».

La base arrière de Dubaï
Depuis le grand déballage, fin mai, des GuptaLeaks – près de 200 000 courriels confiés par des lanceurs d’alerte à des journaux d’investigation, dont Le Monde – l’étau se resserre autour des Gupta et de leurs activités en Afrique du Sud. Déjà, en 2016, les quatre plus grandes banques sud-africaines avaient fermé leurs comptes, alors que des dizaines de transactions effectuées par leurs entreprises étaient jugées « suspicieuses » par le ministère des finances.
Désormais, pour la famille la plus honnie du pays, l’unique option restante serait de vendre ses actifs. Fin août, les Gupta ont commencé à démanteler leur empire en mettant en vente leur bras médiatique et leur compagnie minière. Résilient malgré la débâcle, ils ne semblent toutefois pas à une combine près pour s’assurer qu’ils ne repartent pas d’Afrique du Sud comme ils y sont arrivés, dans les années 1990, en tant que simples revendeurs de matériel informatique.
Oakbay a ainsi vendu la chaîne de télévision ANN7 et le journal The New Age à Mzwanele Manyu, un ancien porte-parole du gouvernement, fidèle de Jacob Zuma. Étrangement, ce sont les Gupta eux-mêmes qui ont accordé un prêt sans conditions de 30 millions d’euros à M. Manyu pour lui permettre de financer cette acquisition. Celui-ci a donc tout d’un prête-nom qui permettra aux Gupta de poursuivre leurs activités si nécessaire depuis l’étranger.
Or l’opposition sud-africaine craint justement qu’ils ne plient bagage pour Dubaï, leur base arrière, où, en l’absence d’accord extradition, ils pourraient échapper à la justice sud-africaine. Celle-ci avance très lentement. Le 6 septembre, le procureur général Shaun Abrahams a finalement confirmé que les fuites des GuptaLeaks étaient désormais intégrées à l’enquête sur la capture de l’Etat, lancée suite à un rapport publié fin 2016 montrant comment les Gupta s’y prenaient pour influencer la nomination de ministres et remporter de juteux contrats publics. Mais, malgré des révélations quasi quotidiennes dans la presse locale et alors que la fratrie et Jacob Zuma continuent de démentir leurs liaisons dangereuses, les Gupta n’ont pas encore été officiellement inquiétés.
Il faut dire que Jacob Zuma, au pouvoir depuis 2009, est soupçonné de collusion avec une famille d’entrepreneurs controversés, les Gupta, qui ont décroché de juteux contrats publics.
Le document, qui décrit la collusion présumée entre le président Zuma et les Gupta, dénonce les nombreux exemples où les Gupta auraient obtenu des contrats publics via Duduzane ».

Et en Mauritanie…
Que de similitudes ! ! ! « Au pouvoir depuis 2009… », « propriétaires d’une chaîne de télévision… », « désormais la famille la plus honnie… », « plier bagage pour Dubaï, base arrière… », « capture de l’Etat… », « …influencer la nomination de ministres et remporter de juteux contrats publics », « …ne repartent pas comme ils y sont arrivés, dans les années 1990, en tant que simples revendeurs de matériel informatique », « collusion présumée entre le président et… »…
Des bribes de phrases qui renvoient directement à la Mauritanie où depuis 2009, des familles ciblées, tels « les frères Gupta », bénéficient de privilèges particuliers dans des conditions on ne peut plus douteuses : dotation de centaines de millions d’Euros à la BCM, dépôt bancaire de plus de 15 milliards d’ouguiyas, contrats de construction de routes, immenses patrimoines fonciers, permis miniers dans les blocs pétroliers, gaziers et aurifères, licences de pêche, licences de prospection en mer et sur le territoire, contrats pour achat de produits alimentaires au profit du CSA et du programme Emel, facilités douanières d’importations de produits…
N.H





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