Me Fatimata MBaye : « Le combat pour les droits humains est un combat continu »

vendredi 22 avril 2016
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Me Fatimata MBaye a animé mardi 19 avril 2016 à son siège, à l’AMDH à Nouakchott, une conférence de presse au cours de laquelle elle est revenue sur le Prix qui vient de lui être décerné par le Département d’Etat américain. Ce Prix récompense chaque deux années les femmes qui se sont le plus distingué dans la lutte pour les droits de l’homme dans le monde. Cette année, elles étaient au nombre de 14 issues des cinq continents. Parmi les lauréates, outre des avocates, des magistrats, des professeurs, il y avait deux femmes ministres qui ont été honorées, en substance la ministre de la justice du Guatamela et la ministre des Affaires étrangères du Yémen dont le pays est déchiré par la guerre.

Selon Me Fatima MBaye, les critères ont porté sur l’engagement physique auprès des victimes des violations des droits de l’homme et la proximité avec elles ainsi que les efforts menés pour la promotion de ces droits auprès des populations, en particulier les femmes et les jeunes victimes de violences. Il s’agit notamment des problèmes liés à des pratiques sociales néfastes comme les mutilations génitales féminines, le mariage précoce, le viol, le harcèlement sexuel, mais aussi la liberté d’expression et d’association, et celle de circuler librement. A ce titre, elle dira que l’une des laurL’avocate mauritanienne a surtout exprimé sa fierté d’avoir représenté son pays, aussi a-t-elle déclaré « dédié ce prix à toutes les femmes mauritaniennes et à tous les défenseurs des droits de l’homme du pays ».

A l’intention des détenteurs du pouvoir politique, elle dira qu’il ne faut pas qu’ils pensent que les défenseurs des droits de l’homme cherchent à leur enlever leur pouvoir, et que ce n’est pas là la compréhension qu’ils doivent se faire des « contre-pouvoirs ». « Ce n’est pas parce que nous sommes des contre-pouvoir que nous sommes contre le pouvoir, mais nous le sommes pour freiner l’excès de pouvoir des détenteurs de la puissance publique contre les dérapages qu’ils pourraient faire, en leur rappelant leur devoir à assurer le respect des libertés et de l’égalité entre les citoyens quelle que soit leur communauté, leur couleur ou leur appartenance sociale ».
Elle a déploré les politiques qui privent les citoyens de leurs droits les plus élémentaires, dont celui d’avoir des documents d’état-civil. Selon elle « nous ne pouvons pas vivre dans un pays si nos droits ne sont pas respectés ».
Revenant sur une question relative à son refus d’accepter la décoration de Mohamed Abdel Aziz, elle dira que son acceptation était conditionnée par 19 points dont aucun n’a été jusqu’à présent satisfait, dont entre autres, la libération des leaders d’IRA, la levée de l’entrave à la liberté de circulation des citoyens, surtout les exactions commises contre les habitants de Sebkha et d’El Mina en particulier, raflés dès les premières heures de la soirée…A cause du refus de toutes les demandes qu’elle a formulée et qui vont toutes dans le sens de l’amélioration des droits humains, elle affirme « pour toutes ces raisons, je ne pouvais accepter la décoration de Mohamed Abdel Aziz »

Par rapport au procès intenté contre les confrères Jedna Deida, directeur de publication de « Mauriweb » et de Babacar NDiaye webmaster du site « Cridem », elle dira « nous vivons malheureusement dans un pays où il y a la coexistence de textes contradictoires, une loi dépénalisant les délits de presse et un code pénal condamnant la diffamation assortie de peines d’emprisonnement ». Selon elle, les journalistes doivent s’engager à l’harmonisation des textes en exigeant l’abrogation des articles du Code pénal relatives à la calomnie et à la diffamation, sinon dira-t-elle, chaque fois qu’un journaliste sera traîné devant les tribunaux, les magistrats auront le choix de le juger soit par rapport au Code pénal ou la loi sur la presse. Aussi, dira-t-elle, « le combat pour les droits humains est un droit continue ».

C.A





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