Scandale de la Sonimex Rosso :Tempête dans un verre d’eau

mercredi 17 août 2016
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Les derniers rebondissements de l’affaire dite « Affaire de la Sonimex Rosso » portant sur le détournement de près de 16.000 tonnes d’engrais pour une valeur de 12 milliards d’UM, s’achemineraient vers le sacrifice d’un bouc émissaire, en la personne du directeur régional de la société, et l’apurement pur et simple des gros poissons. L’enquête achevée au niveau de Rosso, le dossier est sur le point d’être transféré à Nouakchott.

Ce qu’il est convenu d’appeler le « Scandale de la Sonimex de Rosso » serait à son épilogue. La commission d’enquête désignée pour élucider la disparition des 16.000 tonnes d’engrais qui étaient sensées se trouver dans les magasins de la société d’Import-export en prélude à la nouvelle saison agricole, a rendu son rapport. Le principal suspect reste pour le moment, le directeur régional de la Sonimex, lequel s’était enfui au début, lorsque le scandale fut découvert, avant de se rendre à la police.
Les enquêteurs déclarent avoir découvert la disparition de plusieurs tonnes d’engrais sans que leur contrepartie financière ne soit entrée dans les caisses du Trésor public. Une quinzaine de gros commerçants et hommes d’affaires exerçant dans le secteur agricole dans la région du Trarza seraient impliqués dans la magouille. Plusieurs d’entre eux, mis au fait de l’enquête, auraient d’emblée restitué les montants qui leur étaient réclamés. L’objectif est de mettre rapidement un terme à leur responsabilité dans cette affaire. Parmi ceux-ci, le puissant homme d’affaires Lamar Ould Wedadi qui aurait remboursé la bagatelle de 250 millions UM, Mohamed Vall Ould Kowry, 24 millions UM, Ahmed Ould Babacar 6,7 millions UM, Hassene Ould Cheikh 50 millions UM, Brahim Ghadour 7 millions UM, Brahim NDary 6 millions UM. Près de cent millions d’ouguiyas seraient remboursés par des agriculteurs privés, sous demande de la commission d’enquête.
Les enquêteurs ont établi l’innocence du Directeur général de la Sonimex, mais aussi celle de son prédécesseur actuellement ADG de la SNIM, qui avait été un moment cité dans cette affaire. Ainsi, le principal suspect reste le Directeur régional de la Sonimex. Lors de son interpellation, l’homme aurait reconnu les faits portant sur la disparition d’engrais. Seulement, il a affirmé avoir agi sur les ordres de ses chefs, mais sans en avancer les preuves.
Dans la foulée, la Commission d’enquête a saisi quelques 2.000 tonnes d’engrais éparpillés dans un certain nombre de magasins au Trarza. Les contrevenants pourraient même être poursuivis à payer des amendes pour s’être procuré les engrais d’une manière illégale.
C’est dans cette monture que le dossier serait transféré à Nouakchott. Il sera alors sous la responsabilité du Commissariat spécial chargé des crimes économiques qui devra prendre le relais avant l’envoi de l’affaire devant les juridictions compétentes.
Malgré l’énormité du scandale et son caractère hautement immoral -les caisses et les sacs présentés au président de la République lors de la cérémonie de lancement de la saison agricole, ne contenaient pas des engrais, mais des ordures- et malgré la disparition de près de 12 milliards d’ouguiyas, l’affaire de la Sonimex de Rosso pourrait être réglée à l’amiable. C’est en tout cas ce qui se dégage des derniers développements de cette affaire qui a vu des chefs de tribus, des notabilités et des élus locaux intervenir, qui pour venir au secours d’un proche, qui pour la sécurité de sa communauté, qui pour l’intérêt de sa région. Aux dernières nouvelles, on soutient que le chef de l’Etat serait prêt à y mettre un terme si les différentes parties concernées acceptaient de rembourser les montants qui leur sont réclamés. L’affaire pourrait dans ce cadre ne pas arriver jusqu’à la justice, et le civil l’emporterait ainsi sur l’aspect pénal, sensé pourtant être le plus déterminant.
L’opposition a pourtant demandé à ce que toute la lumière soit faite autour de ce scandale qui a été qualifié d’ignoble, exigeant le déferrement devant la justice de toutes les personnes qui y ont trempé. Pour Mouna Mint Deye, cadre du parti Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), « le scandale de la Sonimex de Rosso renseigne sur la véritable nature du pouvoir qui nous gouverne, un pouvoir dépourvu de moralité et qui prend le peuple à la légère ». Selon elle, « personne ne peut demander des comptes à Lamar Ould Wedadi ni à Ould Sbei, car il s’agit de deux protégés du président Mohamed Abdel Aziz ». Pour la Noria du RFD « il suffira de sacrifier un bouc-émissaire, le directeur régional, car il n’a personne pour le protéger ».

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