Flambée des prix : De l’inefficacité d’Emel

lundi 8 mai 2017
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Le Courrier du Nord - Dure, dure, de vivre – survivre plutôt – en Mauritanie aujourd’hui !

Chaque jour qui passe soumet les Mauritaniens à cette dure réalité : les prix flambent aujourd’hui comme ils ne l’ont jamais fait du temps de Maawiya, Ely ou Sidioca. Le kilogramme de sucre se négocie à près de 300 UM, le riz atteint sa vitesse de croisière, l’huile, le blé et les pâtes alimentaires sont au top.

Pire que tout cela, les légumes qu’on ramassait à la pelle au Marché marocain deviennent de plus en plus rares et les autorités s’ingénient à créer des taxes pour renflouer les caisses de l’Etat ! Une mesure qui entraîne une réaction en chaîne au niveau de tous les autres prix de consommation courante.

Et l’on nous parle, dans cette cacophonie des prix, du programme « Emel 2012 » qui, en 2017, n’est plus que chimères. Peut-être bien que les boutiques de la Sonimex vendent à prix réduit mais le « prix » à payer dissuade plus d’une mère de famille à aller chaque jour chercher sa ration quotidienne. Quatre à cinq heures à passer dans le rang, si l’on se lève tôt le matin (6 heures) pour être servi vers midi-treize heures ! Une mesure de « dissuasion » qui a poussé plus d’une mère à ne plus se rendre dans ces boutiques et à préférer aller au grill du commerçant du coin. Des boutiques « Emel » qui n’existent pratiquement plus.

C’est pour dire que la Mauritanie que les problèmes politiques, nés d’une incompatibilité d’humeur entre un Pouvoir qui ne veut rien entendre de son Opposition, n’ont pas réussi à ébranler, risque, si les autorités ne réagissent pas rapidement, est menacée par une instabilité sociale due à une hausse vertigineuse des prix. Un phénomène du reste récurrent en Mauritanie.

La seule consolation qu’avancent le pouvoir et ses applaudisseurs c’est que les marchés regorgent de produits de toutes sortes. Cela est vrai mais ils répondent, rarement, à ce que les économistes appellent la loi de l’offre et de la demande ! Un produit baisse-t-il quand il est proposé par tous ? Que non ! Son prix augmente-t-il quand il est rare sur le marché ? Que oui ! C’est là un premier paradoxe des marchés mauritaniens.

Le libéralisme économique que le pays a adopté depuis le milieu des années 80 n’a pas réussi à briser la situation d’entente « illicite » entre les gros importateurs, d’une part, et les commerçants de détail, d’autre part. Dans tous les coins et recoins de Mauritanie, les prix sont inscrits dans une fourchette qui ne favorise pas la libre concurrence. Tous les commerçants proposent le même prix, à une ouguiya près. Acheter ou vendre, avec l’un ou l’autre, pour l’un ou l’autre, est du pareil au même !

Que l’un soit installé à la Capitale, nom usuel de Tevragh-Zeïna, au Ksar ou aux PK, les considérations de coûts (transport, loyer) n’entrent pas dans la formulation du bénéfice attendu. L’Etat n’a aucune emprise sur des commerçants qui n’en font qu’à leurs têtes. « Achète ou laisse » est leur credo, et quand on sait qu’il n’y a qu’eux, on est obligé de se soumettre ! Ne me parlez pas de la Sonimex (Société nationale d’importation et d’exportation dont le rôle initial, théorique, était de réguler le marché, et qui contribue plutôt à renforcer le pouvoir des commerçants sur les consommateurs !

Tant qu’elle continuera à vendre, en gros, aux « gros et grands » commerçants, elle ne jouera pas le rôle qui est le sien. C’est ce qui explique que la Sonimex n’est plus aujourd’hui un nom de l’usage commun des mauritaniens mais plutôt des agriculteurs qui veulent écouler leur paddy par son biais ou des commerçants qui s’appuient sur elle pour avoir des produits « bon » marché.

Sneiba Mohamed

Le Courrier du Nord





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