Fête d’El Id El Adha Le calvaire des chefs de famille

dimanche 19 août 2018
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Frappés de plein fouet par une crise financière qui perdure, les chefs de famille ne savent plus où donner de la tête à l’approche de la fête d’El Id El Kebir. Aux charges ordinaires fixes, aux imprévus, viennent s’ajouter les dépenses circonstancielles familiales de fête. Finalement, ce qui devait une fête, est devenu une appréhension voire un calvaire. Pour passer cette fête, les pères de familles sont obligés de toucher le fond de leurs poches, racler les économies et forcément, s’endetter.
En premier lieu, c’est madame qu’il faut satisfaire : les habits, les chaussures, le henna, l’argent de poche, les habits de ses parents. Et pour faire dans la bonne foi, Madame demande à s’occuper de ses beaux-parents. Là aussi, elle puise des fonds de son mari.
En deuxième lieu, viennent les enfants qu’il faut satisfaire. Ici, intervient la concurrence entre voisins et même entre cousins. Parce que Madame s’emploiera pour que ses enfants aient meilleure allure que ceux des voisins et de leurs cousins.
Puis vient le mouton. L’animal doit être gras et grand. Conséquemment, il va coûter très cher. La taille du mouton est d’importance puisqu’elle définit aux yeux des voisins, le niveau de vie de la famille.
En dernier lieu, « papa » doit penser à lui. Madame y tient, bien que dans son for intérieur, Madame est persuadée que « lui » n’est pas très important. L’essentiel est qu’il se procure un boubou neuf - peu importe sa qualité- pour se rendre à la prière.
Pour tout cela, il faut être riche comme Crésus. Alors qu’aujourd’hui, en ces temps qui courent, tout le monde est pauvre comme Job. Alors, la solution est toute trouvée : la débrouille ne suffisant plus, il faut s’endetter. Et c’est là, la source des maux. Surendettés auprès des banques, les chefs de famille fonctionnaires, se tournent vers les commerçants. Une fois n’est pas coutume, l’Autorité a décidé de payer les salaires à la mi- mois d’août. Certaines banques ont autorisé des avances sur salaires, voire un visa équivalent à un second salaire. Les fonctionnaires ont raclé leurs comptes. Les conséquences n’en seront que plus préjudiciables à la quiétude et à l’équilibre familial. Parce que quand on finira de fêter, il faudra aussi revenir à ses responsabilités familiales. Comment ? S’endetter à nouveau ? Certainement…
MOM





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