28 novembre Horrible anniversaire

mardi 27 novembre 2018
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Kaaw Touré - Il y a quelques jours les Mauritaniens en chœur ont dansé, chanté et fêté ensemble la belle victoire de notre équipe nationale du football qui vient de se qualifier pour la 1ère fois à la 32ème édition de la CAN prévue au Cameroun en 2019.

Mauritaniens en couleurs et sans couleurs ont vibré ensemble pour le triomphe de la couleur nationale. Nous avons dansé et chanté avec tous nos rythmes, des vagues mélodieuses et sublimes du fleuve aux envolées lyriques des orfèvres des mots des awlad de Chinguitti. Nous avons sauté aux rythmes et aux sons du yakkaa, du rippo, du mbalax, du thierthioura, du veghou.

Nous avons sorti nos tbela, djembé et tambours dans la joie et l´allégresse parce que le peuple uni de cette vieille patrie du Tekrour et du Ghana, vibrait avec nos jeunes conquérants, dignes héritiers des almoravides. Cette Mauritanie plurielle, arc en ciel, métissée, unie et fière nous l´aimons, elle est notre rêve de toujours et pour toujours. Ce jeunes joueurs ont écrit une belle et une nouvelle page de notre histoire. L´histoire de la Mauritanie.

Malheureusement l´histoire de notre pays n´est pas aussi belle que cette magnifique victoire du 18 novembre.

Nous avons encore en mémoire cette nuit horrible du 28 novembre de l´année 1990 à Inal, anniversaire de notre indépendance jour qui symbolisait la renaissance à la dignité et à la liberté pour le peuple mauritanien.

Depuis cette sombre et terrible nuit du 28 novembre 1990, ce qui aurait dû rester un grand jour symbole de notre libération du colonialisme français s’est transformé en un jour de douleur et de grande souffrance, un jour de larmes, un jour de deuil, de tristesse pour toute la communauté négro-africaine et plus particulièrement pour toutes celles et tous ceux qui ont perdu des êtres chers.

En effet, dans la seule nuit du 27 au 28 novembre comme si dans le 28 novembre fête de l´indépendance, il fallait faire offrande à l´Etat chauvin de cadavres de négro-mauritaniens. 28 militaires noirs sont pendus. Des citoyens qui ont servi loyalement leur patrie , des citoyens qui n´avaient commis aucun crime, pas même le moindre délit. Ils étaient Négro-africains et c´était suffisant, comme crime aux yeux du Système d´Apartheïd.

Arrêtés à Nouadhibou et ailleurs et conduits à Inal. On en pendit 28 ni plus ni moins. Et quand le dernier pendu cessa à gigoter au bout de sa corde on reconduisit les autres prisonniers dans leurs cellules. Vingt huit pendus, c´était le bon chiffre du soir à la gloire de la divinité indépendance et pour rassasier les démons de l´intolérance et de la haine.

Ainsi de sinistre anniversaire en sinistre anniversaire, les négro-mauritaniens détenus dans la période de septembre 1990 à février 1991, seront sacrifiés par dizaines comme des moutons à la gloire de Taya et du Système d´Apatheïd mauritanien.

Les organisateurs de ces inqualifiables sacrifices de ces boucheries d´un anniversaire à l´autre, sont toujours là et continuent à diriger notre armée raciale à commandement monocolore et restent toujours protégés par l´Etat raciste.

Les morts furent nombreux au moins 530 personnes sont mortes dans les camps de détention mais sans compter les assassinats repétés, perpétrés tout au long de la vallée du fleuve Sénégal depuis le début du conflit sénégalo-mauritanien.

Il faut chiffrer toutes les victimes négro-africaines à plusieurs milliers de personnes.

Depuis, ils gisent dans la solitude des fosses anonymes. Depuis, ils attendent des sépultures décentes…

Par devoir de mémoire et par exigence morale, nous demandons encore à toutes celles et à tous ceux qui aspirent à l’unité de notre pays, notre peuple - la Mauritanie - à ceux qui croient au respect des droits humains, d’avoir, en ce jour, une pensée pieuse de recueillement pour ces victimes du racisme , du chauvinisme et de la barbarie humaine.

Nous exigeons du gouvernement mauritanien actuel qui tente par des artifices de solder ce dossier : - La restitution des dépouilles des anciens prisonniers pendus ou morts sous la torture à leurs familles,

- L’ application du devoir de vérité , du devoir de justice , du devoir de mémoire, des réparations matérielles et morales pleines et entières ; au bout du processus la nécessité du pardon . La Paix des cœurs et des esprits, pour une véritable réconciliation nationale, passe nécessairement par là. Ceux qui sont morts, ceux qui ont souffert

Ceux qui sont diminués, Ceux qui sont humiliés,

Ceux qui pleurent leurs fils, pères, cousins, oncles, leurs maris nous interpellent.

Nous n´avons pas le droit d´oublier.

La Mauritanie confondue n´oubliera jamais.

Et la lutte continue !

Kaaw Elimane Bilbassi Touré





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