Les sénateurs mauritaniens entrent en résistance

jeudi 16 novembre 2017
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RFI -}

Les sénateurs mauritaniens qui avaient voté contre la réforme constitutionnelle qui visait, entre autres, à supprimer le Sénat sont entrés en résistance. Pour mémoire, ils avaient voté contre ce projet en mars, ce qui avait obligé le pouvoir à soumettre le texte à un référendum constitutionnel le 5 août.

Depuis, les grilles de l’institution sont fermées et l’accès leur est interdit puisque le Sénat est officiellement dissout. Mais ceux qu’on appelle les frondeurs, qui appartiennent aussi bien à l’opposition qu’au parti au pouvoir, ont décidé de ne pas se laisser faire et ont ouvert lundi 13 novembre leur session parlementaire pour soixante jours.

Une session surtout très symbolique qui n’a duré que quelques dizaines de minutes avant que la police intervienne pour déloger les élus. Les sénateurs restent dans leur logique.

Puisqu’ils ne reconnaissent pas les résultats du référendum du 5 août ni la suppression du Sénat qui en découle, ils estiment donc qu’ils incarnent la seule institution légitime qui ne soit pas sortie de la légalité.

C’est dans ce cadre qu’ils ont ouvert lundi leur session ordinaire devant la grille fermée du Sénat. Ils n’étaient que 28 (contre 58 avant la dissolution) pour cet acte symbolique, mais 28 élus convaincus que le Sénat est incarné par des individus et non pas par un bâtiment. Qu’ils se réunissent en plein air, en brousse, ou à l’intérieur, ils assurent, disent-ils, la continuité de l’Etat.

Ces frondeurs n’ont aucun pouvoir, aucun salaire, mais ils ont élu un bureau et un nouveau président, Cheikh Sidi Hanena, sénateur frondeur de l’UPR, le parti présidentiel. « On continue à croire que nous sommes le Sénat de Mauritanie, explique-t-il. Nous sommes le Parlement de Mauritanie et on continue à exercer cette fonction. Et nous demandons aux autorités qui ont fait ce coup d’Etat constitutionnel de revenir à la raison et de laisser les institutions travailler. Nous continuons à appeler le peuple de Mauritanie à résister avec nous et à défendre ces institutions. »

Afin de protester contre le blocage de leur siège, les sénateurs ont saisi il y a un mois le ministre de l’Intérieur, via leurs avocats. Ils ont aussi saisi le ministre des Finances pour demander le versement de leur allocation parlementaire qu’ils estiment être en droit de toucher jusqu’à la fin de l’année au moins. Deux lettres restées pour l’instant sans réponse.

Sur les 35 sénateurs qui avaient voté contre le projet de réforme constitutionnelle, douze sont toujours sous contrôle judiciaire et un treizième est en prison depuis trois mois, officiellement pour des faits de corruption en lien avec un homme d’affaires mauritanien et opposant en exil, Mohamed Bouamatou.





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