Libre Expression| Les Retraités mauritaniens exaspérés par l’attitude du gouvernement à leur égard

jeudi 7 mai 2020
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Mohamed Ould Laghlal - En Mauritanie les retraités, constituent à ne pas en douter des générations véritablement respectables mais sacrifiées.

Ces solides supports de l’Etat, de la première heure, qui se sont démenés durant toute leur vie, pour contribuer à asseoir les fondements solides d’un Etat moderne, se sont vus, en fin de compte, comme dépaysés, marginalisés et étrangers dans leur propre patrie, celle qu’ils ont servie dignement et qu’ils continuent à servir, par la recherche d’opportunités qu’ils peuvent se créer, malgré les multiples entraves qui se dressent devant eux, et que l’Etat en est certainement pour quelque chose.

Ceci m’amène à dire que j’ai lu avec intérêt l’article de M. Mustapha Tabbou Alaoui Président de l’Association des Retraités (AR), intitulé "Mauritanie : les retraités déplorent leur exclusion dans la prise en charge des effets du COVID-19".

En effet cette situation est paradoxale, car au moment où ils devaient être honorés, félicités pour les services rendus à la nation et appuyés moralement et financièrement, c’est tout le contraire qui se produit.

Est-ce, parce que nous sommes en République Islamique de Mauritanie ? Ou est-ce, parce que nos honorables parlementaires et nos illustres ministres sont muets, sourds et aveugles ? Ou plutôt sont-ils insensibles aux souffrances des autres ? Avons-nous le droit de nous interroger sur leur attitude à notre égard ? Ou bien, allons-nous trop loin ?

Ces retraités civils, militaires et des forces de sécurité, que tous les gouvernements mauritaniens qui se sont succédés ont abandonnés à leur sort, possèdent de solides connaissances et de réelles compétences acquises au cours de plusieurs décennies de durs et loyaux services.

Avec cette expérience, ils constituent d’efficaces personnes-ressources que l’état peut utiliser, à son profit, à la place ou en même temps que les experts étrangers avec lesquels il noue régulièrement des accords.

L’utilisation par l’état de ses compétences nationales, généralement de qualité, peut avoir un impact positif sur les tâches à réaliser. Ces retraités peuvent donc s’acquitter convenablement des tâches qui leur seront proposées, étant donné qu’ils connaissent parfaitement les réalités du terrain et possèdent l’expertise nécessaire, dans tous les domaines de la vie nationale : administration, défense, sécurité, santé, enseignement, agriculture, élevage, finances, presse, nouvelles technologies, génie civil, etc.

Il est du devoir de nos gouvernants de s’occuper sérieusement de leur situation catastrophique et ce par la mise en œuvre d’un certain nombre de mesures dont on peut citer à titre indicatif :

- L’augmentation substantielle des pensions qui doivent être calculées principalement en fonction des besoins réels des familles et non pas suivant le bon vouloir de quelques responsables financiers qui ne se soucient nullement de l’état de précarité dans lequel vivent depuis des décennies nos retraités. Ou du moins c’est ce qu’ils ont prouvé.

Actuellement, comment un père ou une mère de famille qui perçoit une pension inférieure à 30 000 anciennes ouguiya par trimestre peut-il ou peut-elle subvenir aux besoins de sa famille ? A vous d’en juger !

- Le paiement des pensions par mois et non plus par trimestre comme c’est le cas depuis plus de 60 ans.

- L’allègement et la simplification des procédures administratives de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), en ce qui concerne la prise en charge des patients (hospitalisation ou évacuation à l’intérieur ou hors de Mauritanie) et le remboursement des frais médicaux de ses assurés.

- La révision, à la hausse, des allocations familiales qui sont tout à fait insuffisantes.

Pour pallier à cette situation inacceptable, je pense que notre dernier recours c’est de solliciter l’intervention de son Excellence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani Président de la république, pour nous trouver une solution définitive qui réponde à nos attentes.

Comme cela, il sera le premier Président de Mauritanie à essayer de trouver une solution à la problématique de plus de 57 000 retraités, nombre qui progresse d’année en année.

Nouakchott 29 Avril 2020

Mohamed Ould Laghlal

Inspecteur de l’Enseignement Fondamental à la Retraite.





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