Prési…Séytal Yalla | Par Mohamed Hanefi

jeudi 28 septembre 2017
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L’hymne national est entériné. Les deux traits rouges sur le drapeau aussi. Notre pays s’est paré de ces deux acquisitions, avec leur corolaire d’exaltés et de "ré chignards"…comme d’habitude. Le pourcentage n’est pas indispensable.

Moi, je dirais : "Vive le président Aziz". Je n’ai aucun grief défavorable contre l’homme. Il s’est appliqué et a agit selon ses convictions et sa conception du bien faire.

En revanche, fort de mon droit de citoyen de lui exprimer mon opinion, je me permets de dire au président de la république ce qui suit : Il est réconfortant, voire utile à un certain niveau d’investir dans les superstructures. Tout ce qui est "super" est super naturellement. Ceci est requis pour une meilleure image et une avancée spectaculaire du pays.

Mais avant de réaliser de grands projets, pour un peuple, il faut d’abord préparer le petit peuple pour les grands projets. Façons d’en faciliter l’assimilation.

Une magnifique perle a été construite, sur la ruine de notre retard aéroportuaire. Il a couté la modique somme de quelques dizaines de milliards. Un monument majestueux et superbe, bâti sous votre ère. Un chef d’œuvre qui satisfait et amuse le touriste ou l’hôte. Mais qui éblouie douloureusement les yeux de l’affamé. Ces ventres creux, qui y voient des milliards de milliards de tonnes de sardines ou de "yay boy" partis en fumée.

J’ai atterri trois fois dans cet aéroport. Ma joie était grande, et ma fierté sans limite, jusqu’au moment ou j’ai vu l’autre coté de la barrière. Je me demande encore quelle valeur représente un aéroport pour des populations qui se ravitaillent en eau sur les charrettes ?

C’était un peu la charrue avant les bœufs. "Gloire à Celui qui ne fait pas d’erreurs."

Je me demande monsieur le président est ce que vous avez vu ces longues files de femmes habillées en noir, qui sortent de leurs tanières, à l’aube, et ombres furtives, chétives et légères s’alignent, en longue files soumises au destin devant une chambre au bord de la route, pour obtenir un "yay boy". Repas désuet et dérisoire pour une famille nombreuse et inactive. Les longues files de la déception et du désespoir.

"Je suis là pour ces pauvres, qui ont eu confiance en moi ; et qui m’ont élu. Ce sont eux ma priorité." Ce sont vos propos, monsieur le président. Combien de fois, j’ai eu cette chair de poule, caractéristique de chez nous et qui dresse les poils sur corps devant les nobles attitudes.

"Le croyant quand il promet, est lié par sa parole." L’envoyé (psl) A voir le nombre de riches mécontents, on peut deviner sûrement, que vous avez donné un coup de pied dans la fourmilière. Mais c’est la nature de ce coup de pied qui laisse planer des doutes. Avez-vous seulement pensé que tant que le poste est lié à l’enrichissement et aux faveurs et que la nomination signifie la force, par procuration, de compresser le citoyen, la gabegie restera longtemps encore à rire sous cape de votre bonne volonté et de vos démarches.

Les grands projets, comme les salles de congrès et autres peuvent attendre un petit peu, monsieur le président. Le temps de réanimer notre peuple qui ne mérite pas un tel sort.

Il est impérieux de fortifier le peuple pour qu’il profite de ces grandes œuvres au lieu de sacrifier le peuple pour de grandes travaux qui serviront de témoins pour une époque ou nous avons immolé l’utile pour les beaux yeux de l’agréable. De grandes infrastructures sanitaires, qui nous permettront de nous soigner et mourir chez nous, sont beaucoup plus utiles que des tarmacs dorés, dont l’utilité sanitaire est de permettre seulement à ceux qui en ont les moyens d’aller se faire secourir ailleurs, ou de laisser la peau hors du terroir. Pourtant nous ne sommes pas moins doués, ni moins nantis que les autres.

Ces documents sécurisés, monsieur le président, il est vrai, sont une garantie de notre intégrité et un outil indispensable pour régler le désordre sans nom qui caractérisait notre état civile.

Mais vous-êtes vous promené quelque fois du coté de ces étables où on parque les humains dès la première heure du jour et jusqu’au soir ? Ces bureaux désordonnés ou s’agglutinent hommes, femmes, enfants et bébés dans un tableau innommable !! des paquets de citoyens, qui comme une ruche d’abeilles se bousculent devant deux ou trois fenêtres, pour bénéficier du droit à une délivrance, devenue hypothétique, tant ce parcours du soldat éclate les nerfs et fait sauter les fusibles du cerveau. Une sorte de Kaaba, où le nombre de circumambulations infini dépend uniquement de la bonne humeur de fonctionnaires criards et belliqueux, qui traitent le citoyens comme un refugié, auquel on ferme la porte du salut. Savez-vous que de là où je suis, j’ai dépensé presque un million d’ouguiyas pour un renouvellement de passeport et à quelle peine ?

Avez-vous pensé excellence, monsieur le président, que ces dizaines de milliers de frustrés, vous tiennent personnellement responsable de leur calvaire ? Le suivi est parfois, beaucoup plus urgent que l’ordre, l’acte ou l’intention. Vous comprenez pourquoi beaucoup de pauvres à qui vous aviez promis la délivrance, et qui tendaient les mains au ciel, pour vous bénir, se dressent maintenant, contre vous et contre vos projets.

Pourtant une simple numérotation, un minimum d’organisation, auraient suffit à permettre à ces citoyens consultants de rester sous les arbres et avancer un à un vers les fenêtres à l’appel du numéro qui leur a été donné par ordre d’arrivée. Avez-vous une fois, pleuré chaudement monsieur le président ? Moi je l’ai fait, lors d’une visite à l’un des pays du Golfe frontalier de celui où je me trouve. J’ai rencontré un mauritanien. Un mauritanien beau, jeune, pieux et instruit. Orné de ses études supérieures, aux conditions qui ne vous sont pas inconnues, excellence. Et après avoir frappé à toutes les portes chez lui, en vain, il a atterri ici, pour être gardien d’une école. Trompé par une filière internationale, qui promettait le travail à qui pouvait payer, il a collecté le possible et l’impossible, auprès des populations citées plus haut, pour se constituer esclave dans un pays étranger.

Las !! Monsieur le président. Si seulement vous aviez commencé la construction de la bâtisse par ses fondements. Nos enfants, nous les hommes du désert, dont la seule ressource in-dévaluable est l’honneur. Voici nos enfants se constituer esclaves, pour que les leurs ne tendent jamais la main.

Un troisieme trait rouge sur le drapeau, monsieur le président, pour ces martyrs de la fidélité et du sacrifice. Ces enfants, nourris du rêve de la gloire, et qui ont été leurrés par une confiance aveugle en leur pays. Ces braves, qui ne cherchent de l’histoire, qu’une vie décente pour eux et les leurs. Votre sceau historique aurait été sublime, si vous aviez commencé par là où il fallait commencer.

Avez-vous entendu parler monsieur le président de ces paysans et de ces paysannes, qui, au vingt unième siècle continuent à labourer la terre avec des moyens archaïques, ces femmes qui puisent l’eau de puits profonds, avec comme seul moteur leurs bras décharnés et leurs cotes saillantes. Des humains qui s’épuisent pour survivre et faire vivre une grande partie de notre population, sans émettre la moindre plainte.

N’était-il pas plus économique de les équiper de quelques outils, plus performant, pour un meilleur rendement et pour vous acquitter des droits de citoyens de ces pauvres.

Une populace, à l’air préhistorique, laissée à elle-même au milieu d’une nature hostile, sordide et avare. Je viens de passer 50 jours au milieu de cette société. Aucun responsable ne peut prétendre y avoir mis le pied en cette période. Probablement jamais avant ou après. Exception faite des périodes d’élections. Le Maitre vous interrogera sur la nature de leur passage miteux et misérable sur le sol de ce pays.

Je vous souhaite beaucoup de force, vous en avez besoin pour supporter le fardeau qui pèse sur vos épaules. N’oubliez jamais que Dieu s’est rappelé de vous à un moment et que si vous l’oubliez, il vous le rendra. Et les forces ne sont pas comparables. Celui qui vous dit que tout va bien, vous pousse sournoisement à faire le "tout va mal". Il vous défigure aux yeux de votre peuple et vous éloigne de la satisfaction de votre Seigneur.

Jetez un coup d’œil monsieur le président. Les hommes qui poussiéreux et assoiffés, creusent les profondeurs du désert aride, pour avoir la chance de trouver une pépite d’or, symbole de l’affranchissement d’une misère que nous ne sommes pas obligés d’endurer.

Pourtant des peuples entiers se sont enrichis de nos ressources. Tant mieux, nous ne sommes pas contre la fraternité, la solidarité et l’entraide entre les peuples de la terre. Mais "charité bien ordonnée commence par soi-même." Il n’est pas décent qu’un chinois mange notre Thioff et que nos mamans rusent avec un "yay boy", pour tromper la faim de nos enfants.

Sortez monsieur le président. Mais ne sortez pas en cortège. Surveillez incognito, le sort des populations qui dépendent de votre autorité, et pour lesquelles, vous serez interrogé.

Elle ne sert à rien la santé, quand le résultat est que tout le peuple est malade. Et il ne sert a rien un enseignement, qui fait figure d’une usine, qui produits ces longues files de désespérés, qui ont perdu tout espoir en l’avenir. Et parlez, monsieur le président. Un chef doit parler, s’expliquer, démentir ou infirmer. Vous êtes un symbole de l’état et les attaques contre vous éclaboussent toute la Mauritanie. Eclairez l’intérieur et l’extérieur. C’est votre devoir de premier garant de notre image nationale. Je sais que "les grands parleurs ne sont pas les grands faiseurs.", mais quelque fois le silence implique la culpabilité, même si elle est inexistante.

Parlez aux citoyens insatisfaits ou mécontents. Peut-être que Dieu y mettra quelque réconciliation. Un chef ne se dirige pas. Il dirige.

Vous êtes un soldat. Vous savez que veut dire menez les hommes. Menez le pays vers le bien. Regardez ceux qui étaient là avant vous. Ils étaient tous bons à l’origine. Beaucoup d’entre eux nous ont appris de précieuses choses au temps de l’EMIA d’Atar. Haidalla, maawiya, Mohamed Lemine ould Ndiayane, Jiddou ould Saleck, et bien d’autres. Ils étaient tous, porteurs d’un message, mais, tous n’ont pas su éviter le piège. Chacun est parti avec un cartable. C’est tout ce qu’il présentera Le Jour de l’examen et c’est tout ce que l’histoire retiendra. Faire des fautes n’est pas une faute, l’humain est fautif par nature. Mais la Faute mère de toute les fautes, c’est de tourner le visage à la correction.

Je m’excuse publiquement, si je vous ai importuné, par ces réflexions ou si j’ai égratigné votre humeur. Mais Allah m’est témoin, que j’ai parlé pour le bien du pays, votre bien et le mien. Ce n’est qu’un rappel. Et Dieu a dit que "Le rappel profite aux croyants."

Je prie le Gouverneur de l’univers de vous octroyer santé, force et prospérité. Qu’Il garde votre famille sous vos soins, sous, Sa Protection et la votre. Et qu’au milieu de votre famille et entouré de vos enfants, il vous inspire à penser aux autres familles. Car un pays est une famille élargie, dont les membres ne peuvent prospérer dans l’ombre de la misère des voisins.

Mohamed Hanefi. Koweït.

Mohamed Hanefi





Commentaires

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lundi 2 octobre 2017 à 12h52 - par  Homas

E-mail : raymond.guipaud@zoho.eu

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Mais hélas les institutions bancaires vous posent des conditions dont vous êtes incapable de remplir.

Ne vous faites plus de soucis, Mr GUIPAUD met à votre disposition un service de financement et de prêt d’argent ’’Entre particulier’’ qui octroie des crédit selon vos besoins sur le long et moyen terme. Personnellement j’ai bénéficié d’un prêt de 50 000 Euros pour booster mes activités commerciales.

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Si vous êtes aussi dans le besoin d’un prêt d’argent ou financement pour vos projets, n’hésitez pas à adresser un mail à Mr GUIPAUD.

E-mail : raymond.guipaud@zoho.eu

Ps : Partagez l’information autour de vous cela peut aider des personnes dans le besoin !!!



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