3eme mandat de Aziz Provocation ou intox

mercredi 12 juillet 2017
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Le Premier ministre Yahya Ould Hademine persiste et signe : « le président Mohamed Abdel Aziz briguera un troisième mandat en 2019 ». Le référendum constitutionnel en cours et pour lequel son gouvernement est en campagne ne viserait en définitive que cette perspective : assurer au système en place une pérennité
En tournée à l’Intérieur du pays, le Premier ministre persiste et signe ! « Le président de la République sera bien là lors de la présidentielle de 2019 ». A Vejar, comme à Mbout, fiefs du « Triangle de la misère », le Premier Ministre Yahya Ould Hademine a en effet repris sa trompette pour assurer devant des populations tannées par plus d’une décennie d’oubli, de pauvreté et de faim, que ce système va encore rester ad aeternam.
« Aziz briguera un 3ème mandat ! Le pouvoir ne quittera pas en 2019 ! » Des affirmations que le chef du gouvernement a désormais l’habitude d’asséner dans toutes ses tournées. Le chef du gouvernement a ainsi repris le refrain développé par le passé par plusieurs membres de son gouvernement. Pour ceux-ci comme pour lui, le doute n’existe plus ! « Il faut permettre à l’homme qui a engagé des réformes de les finir avaient dit ces derniers. Des propos par la suite étayés par le principal concerné qui lors de l’une de ses sorties publiques avait soutenu en substance qu’il ne laisserait pas le pays aux mains de n’importe qui.
Pour autant, ces propos comme ces sorties, sont encore banalisés par une grande partie de la majorité des populations qui estime que ce n’est là qu’une manière pour maintenir les électeurs sous le giron de l’Union Pour la République (UPR), que le départ de Mohamed Abdel Aziz pourrait effriter. En effet, il a été prouvé que chaque fois que le Chef de l’Etat quitte le pouvoir, le parti qui le soutenait, part en miettes. Ce fut le cas du PRDS, parti omnipotent qui régna pendant 23 ans sur la Mauritanie sous le règne de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya et qui fondit comme beurre au soleil à sa chute en 2005. Ce fut également le cas pour le parti ADIL, qui ne vécut lui que le temps d’une rose, s’évaporant en 2008, après seulement deux ans d’existence après l’éviction de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. L’UPR, formé par les mêmes têtes qui ont migré du PPM au PRDS et du PRDS à ADIL puis à l’UPR, craint ainsi un départ en ordre dispersé de ses membres au cas où le pouvoir serait remis en chandelle.
Pour d’autres, les paroles du Premier Ministre ne devront pas être prises à la légère. Elles seraient dictées par l’intéressé lui-même, qui pourrait revenir sur ses engagements solennels. En effet, à plusieurs reprises, sur des plateaux de télévision locale ou internationale ou dernièrement, lors de la clôture des dernières « Journées de dialogue de concertation », Mohamed Abdel Aziz a toujours affirmé haut et fort qu’il ne briguera pas un 3ème mandat. Côté Face. Mais côté Pile, la réalité serait autre…
Serait-ce les changements intervenus sur le plan de la géopolitique mondiale qui seraient à l’origine d’un éventuel changement d’avis ? Possible. Si sous les pouvoirs français, de Sarkozy à Hollande, ou encore sous les mandats de Bush et de Barak Obama, la démocratie et le respect des droits de l’homme étaient au cœur de la coopération internationale, la donne semble avoir changé sous Donald Trump partisan d’un repli identitaire américain, avec son slogan « l’Amérique d’abord » ou encore un Macron qui brandit une ingérence moins intempestive de la France dans les politiques intérieures des Etats. Les exemples de présidents africains, amateurs de tripatouillage constitutionnel et qui ont bravé les interdits, seraient également assez incitatifs pour que Mohamed Abdel Aziz change d’avis. Avec une opinion vaincue par une décennie de disette forcée, une opposition défaitiste qui a depuis longtemps déserté le champ de la bataille politique, un large boulevard s’ouvre ainsi devant les militaires et devant Aziz pour faire sauter les verrous de la limitation des mandats présidentiels.
L’actuel référendum qui porte sur des points puériles, ne serait en fait qu’un test avant un autre référendum, le vrai cette fois-ci, pour faire de Mohamed Abdel Aziz un président à vie pour la Mauritanie.
Mais quels arguments le pouvoir actuel pourrait avancer pour réclamer une prolongation ? La question est d’autant plus pertinente qu’en dix ans de règne, Mohamed Abdel Aziz a mené le pays vers la faillite économique, sociale, culturelle et morale.
Sur le plan économique, l’Etat ne vit plus que des raquettes imposées aux populations, à travers impôts et taxes excessifs, augmentation exponentielle des prix des produits essentiels, au point qu’aujourd’hui la faim a gagné les centres urbains. Sur le plan social, l’exacerbation des tensions intercommunautaires et l’ancrage du racisme d’Etat ont été les deux leviers sur lesquels l’actuel pouvoir s’est appuyé pour diviser les Mauritaniens et les empêcher de s’intéresser aux affaires publiques. La corruption gangrène aujourd’hui tous les rouages de l’Etat, avec une dilapidation sans précédent des ressources publiques, et une politique oligarchique qui ne profite qu’à une poignée de proches du pouvoir. L’Etat de droit n’est plus qu’un mirage. L’incarcération d’un Sénateur, protégé par l’immunité parlementaire et sur un simple ordre venu de la Présidence seraient les signes précurseurs d’une dictature implacable qui ne cache plus son diktat sur la vie publique. Les projets et programmes chargés de la gestion de l’aide publique au développement sont livrés au sac des organisations internationales, alors qu’à la tête de l’Etat officie des départements ministériels vidés de toutes leurs compétences.
Voilà cette Mauritanie de la médiocrité, du vol, du sac et de la désunion sociale sur lequel règnent des commerçants mus par leurs uniques intérêts, que Yahya Ould Hademine cherche à faire imposer.
Et c’est certainement la peur d’un scénario à la Burkinabé, qui a poussé les autorités de l’Université de Nouakchott à censurer un film sur les « Dix jours qui ont précédé la chute de Blaise Compaoré » que le Festival « Ciné droit libre » en collaboration avec le Festival Assalamalekum projetait de présenter le 3 juillet dernier dans une des salles de la Faculté des Sciences juridiques et économiques à Nouakchott.
Cheikh Aïdara





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