Africa N°1 - Mauritanie : l’harcèlement continue pour les journalistes

lundi 28 août 2017
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Babacar Baye Ndiaye, rédacteur en-chef du site d’information en ligne Cridem, madame Rella Ba, sa directrice générale, Moussa Samba Sy, directeur du Quotidien de Nouakchott, Jedna Deida, responsable du site Mauriweb, ont été arrêtés par la police, puis conduits dans les locaux de la police de répression des crimes économiques, où ils ont été longuement interrogés avant d’être relâchés.

C’était dans la journée du vendredi 25 aout 2017. L’interrogatoire a porté sur l’enquête en cours qui concernent certaines personnalités politiques dont un sénateur hostile aux derniers changements constitutionnels et sur les sources de financement des organes de presse en question.

Les tenants du pouvoir de Nouakchott semblent ignorer que les médias d’aujourd’hui dans le monde sont financés essentiellement par des hommes d’affaires, à l’image des USA et surtout de la France, le pays de référence en matière de démocratie pour la Mauritanie.

Le régime du président Aziz qui harcèle les confrères, doit sa savoir que les principaux médias de France sont possédés par des hommes d’affaires. Quelques exemples : Martin Bouygues : TF1, LCI, TMC et d’autres médias ; Vincent Bolloré possède à lui seul tout le groupe Canal Plus, CNEWS, C8 et CSTAR ; sans oublier les hommes d’affaires propriétaires des grands journaux : Mathieu Pigasse, Le Monde, Serge Dassault, Le Figaro, Patrick Brahi, Libération, L’Express et L’Expansion, ou encore, Bernard Arnault, propriétaire des Echos et du Parisien. La liste est longue.

Pour en revenir aux cas de nos confrères, on retient hélas qu’ils sont en même temps que leurs organes objet d’une véritable chasse aux sorcières depuis quelques années. C’est en effet, la troisième fois que les mêmes confrères sont contraints de répondre aux convocations de la police.

Le pouvoir de Nouakchott cherche à étouffer ces médias que l’on dit proches d’un célèbre et généreux homme d’affaires mauritanien Mohamed ould Bouamatou qui jouit d’un capital de sympathie inestimable au sein de la population mauritanienne et des pays du nord-ouest africain. Bouamatou qui fait travailler des milliers de mauritaniens dans ses diverses entreprises en Mauritanie et au-delà des frontières, s’est illustré, il y a 20 ans par une grande œuvre sociale : la construction du premier hôpital ophtalmologique du pays.

Il est dédié aux pauvres. L’hôpital Bouamatou où tout est gratuit, recevait également les patients en provenance de tous les pays de la sous-région. Issu de la même tribu que le président mauritanien actuel, Bouamatou avait pourtant joué un rôle déterminant dans la campagne visant à faire avaler par la communauté internationale le bien fondé du coup d’état militaire perpétré contre l’ancien président Sidi ould Cheikh Abdallahi en août 2008 seulement après 16 mois de règne par son ex-chef d’état-major particulier en l’occurrence le général Mohamed ould Abdel Aziz.

Bouamatou qui a des entrées solides à l’Elysée quelque soit le pouvoir en place du fait de ses relations anciennes avec le Medef, le patronat français, avait abattu toutes ses cartes possibles de son réseau d’amis en faveur de Mohamed ould Abdel Aziz.

En ce moment là, Aziz se savait fragile. Il lui fallait absolument l’aval de Paris pour ensuite songer à entrainer le reste de la communauté internationale y compris même de l’Union africaine de feu Mouamar el kadaffi. Med ould Abdel Aziz savait donc, que ce n’était pas gagné d’avance quand bien même la France avait lâché Sidi au lendemain de l’assassinat de quatre de ses ressortissants le 24 décembre 2007 aux environs d’Aleg, dans le sud mauritanien. Assassinat revendiqué alors par Al-Qaïda.

L’opérateur économique de renom dont les proches sont aujourd’hui persécutés, avait tout fait afin qu’Aziz s’installe au pouvoir. Mais la rupture fut brutale une fois Aziz aux manettes. Déçu d’avoir constaté un changement d’attitude tendant à l’affaiblir économiquement au profit d’une nouvelle génération d’hommes d’affaires, qui s’est vite improvisée autour du chef de l’état, Bouamatou a dû choisir l’exil au royaume du Maroc où il vit présentement.

Humble et cultivé, Bouamatou continue cependant de bénéficier d’une grande estime chez les mauritaniens du fait des actes qu’il pose. Tant mieux si les actes s’étendent à la presse indépendante. Le faisant, Bouamatou ne fait que suivre le chemin du monde civilisé.

Salem Mejbour Salem

Africa N°1 Nouakchott





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