“Après moi, le déluge »

lundi 17 octobre 2016
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« Après moi, le déluge ». Quelques écrivains attribuent cette maxime à Néron ou à Tibère. Dans les temps plus modernes, on dit qu’elle fut répétée par Louis XV qui, sentant craquer les vieux ressorts de la monarchie sous les continuelles secousses de la révolution menaçante, aurait dit : « Au reste, les choses comme elles sont dureront autant que moi ; après moi le déluge ». Depuis toujours, dans le monde, ces paroles sont à peu près équivalentes à cette pensée : « que le monde après moi devienne ce qu’il pourra, pourvu que je m’amuse ». Depuis toujours, en Mauritanie, cette expression différemment appréciée. Il s’agit plutôt de dire haut, à l’adresse du Prince que la vie ne serait plus sans lui, que le monde s’effondrerait si jamais il décidait de quitter son fauteuil et sa place d’Éclaireur. Pendant toute la dernière moitié de son règne, l’ancien président Ould Taya a été dressé à cette maxime. Pour son entourage, pour sa cour, comme pour l’ensemble des tribus du pays qui lui avaient prêté allégeance et même pour nos érudits, il s’agissait de « l’homme providentiel » sans lequel la Mauritanie périrait. La concurrence entre ceux qui l’entouraient ou ceux qui espéraient bénéficier de ses largesses se mesurait à l’aune du degré de flatterie, d’éloge, de la culture du faux et de la flagornerie qui résidaient en chacun d’entre eux. Pour tous, il serait jugé par le peuple, si jamais il décidait de quitter le Pouvoir ! Adulé s’il ne fut adoré, le président a fini par se croire invincible, voire éternel. Il fut si bien manipulé et si bien dressé aux louanges qu’il n’acceptait plus la critique sous quelque forme qu’elle soit. Mal lui en a pris, lui qui en aura pour sa naïveté ! Ne dit-on pas chez nous que « la flatterie est de la fausse monnaie qui n’appauvrit que celui qui la reçoit ? ». Ould Taya a fini par tout perdre, surtout, le Pouvoir. Immédiatement, tout le monde a retourné sa veste. Il n’eût de soutien que ce que Satan aura au jour du jugement. Les poèmes épiques, les chants lyriques, les psaumes prosaïques dédiés à la gloire du maître avaient subitement disparu pour laisser place aux plus acerbes des critiques et autres vilipendes. De la bouche et de la plume de ses laudateurs, ne sortait plus que du venin. Après avoir perdu son fauteuil et son pouvoir, l’homme était devenu, pour ceux-là, le diable personnifié, le pire des maux que la Mauritanie ait déjà connu. Très vite, les Mauritaniens se sont alignés derrière le maître du moment. En effet, ils étaient légion ceux-là qui ont immédiatement prêté allégeance au président de la première transition, allant jusqu’à lui suggérer d’allonger son passage à la tête de l’État en demandant aux citoyens de voter Blanc lors du premier referendum constitutionnel ! Ils étaient nombreux, ceux qui volaient le voir garder le pouvoir… Certes Ely Ould Mohamed Vall ne s’est pas éternisé au Pouvoir, mais pendant ses deux années de règne, il a vu défiler – se courber- bien des gens devant lui. Mis hors de course, par le maître de l’heure, Ely se transforma en cible. Il continue encore de recevoir les salves de ses acolytes, dorénavant alignés derrière le président Ould Abdel Aziz. De nouveau, le disque est remis au goût du jour. Le dialogue national inclusif entamé selon un ordre du jour prédéfini, est en train de dériver. La question essentielle qui se pose à présent est de savoir comment « sauver le pays ». Il n’a pas fallu longtemps pour trouver la réponse… Dans les allées du Palais des congrès, lors du conseil des ministres, la messe est dite : « après lui, le déluge ». Pour ses supporters, pour sa société civile, pour les hommes politiques de la majorité, pour la classe religieuse, et même pour les constitutionnalistes ( !) « Ould Abdel Aziz est vital pour le pays ». Et ce n’est pas la constitution qui ne prévoit que deux mandats présidentiels qui va constituer un frein à son maintien au pouvoir ! Exit tous ses prédécesseurs. Exit sa prestation de serment. Exit la constitution ! « Mohamed Ould Abdel Aziz doit rester au pouvoir. S’il ne le désirait pas, il devrait en répondre devant le peuple ». C’est du moins ce qu’aurait prononcé un ministre de la République, lors du dernier conseil des ministres. Nous à L’authentique, ce que nous lui aurons conseillé, c’est de se faire sienne et de relire la citation de Michel de Saint-Pierre, qui écrivait : « après moi le déluge, et ce que deviendront ses autres collaborateurs, je m’en contrefous. Mais je ne veux pas me trouver le bec dans l’eau à quarante-deux ans, après avoir scié la bonne branche sur laquelle j’étais assis ! »

Amar Ould Béjà





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