Aziz libre ! L’Etat de droit en marche

jeudi 27 août 2020
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« Pourquoi Aziz est-il laissé libre de ses mouvements ? ». La question taraude l’opinion comme si normalement Aziz devait moisir en garde-à-vue ou être envoyé directement au gnouf comme il était d’usage sous ses dix ans de règne où les règles de droit étaient impunément piétinées. Ses avocats qui s’apitoient sur son sort doivent se sentir heureux que leur client va enfin bénéficier, pour la première fois de l’histoire du pays, des conditions qu’offrent un véritable Etat de droit. La suite de cette aventure judiciaire inédite où tout un régime est assigné à répondre de ses actes est très attendue par l’opinion publique.Après huit jours de garde-à-vue et comme le stipule les textes, l’ancien président Mohamed Abdel Aziz a été libéré dans la nuit du dimanche 23 août 2020 par la Police chargée des crimes économiques et financiers. L’ancien président est poursuivi sur la base d’une enquête parlementaire qui a fouiné pendants plus de six mois sur des dossiers clés de la décennie 2009-2019 durant laquelle il a dirigé la Mauritanie. Plusieurs parmi ses anciens collaborateurs, Premiers Ministres, Ministres et autres hauts responsables de son régime ainsi que certains de ses proches sont sous le collimateur de la justice.
Si les avocats de l’ex-président et son entourage se frottent les mains pour cette libération qu’ils ont célébrée comme une victoire, le mérite d’un tel acte revient d’abord, selon plusieurs observateurs, à un environnement juridique qui, pour la première fois, dispose des conditions normales de son fonctionnement grâce à la volonté des nouvelles autorités de consacrer, chose inédite, la séparation des pouvoirs. L’Exécutif et son chef, le président Ghazwani, ont en effet décidé de ne pas interférer dans le traitement judiciaire de cette affaire, comme cela a été le cas vis-à-vis de la Commission d’enquête parlementaire.
Ainsi, selon cette opinion, Aziz a été libéré pour respecter l’esprit du droit, ce qui n’a jamais été le cas sous son long magistère, lui qui a toujours confondu les trois pouvoirs et donnait directement ses instructions à la justice. Les arrestations illégales d’opposants, cas édifiant du sénateur Ould Ghadde, de Birame Dah Abeid, et d’autres figures connues, des banquiers et même de ses amis, étaient monaie courante, ce qui avait entretenu un climat de terreur dans le pays, lui permettant d’obtenir tout ce qu’il voulait sans que personne ne puisse lui opposer la moindre résistance. L’aveu de ses anciens collaborateurs devant la Commission parlementaire est à ce titre édifiant, eux qui ont reconnu n’avoir jamais hésité à exécuter ses instructions les plus illégales.
Aziz libre, le processus judiciaire entamé sur ses dix ans de règne n’en est pas pour le moins annulé, selon un communiqué diffusé par les autorités judiciaires qui affirment qu’Aziz est libre, mais reste à la disposition de la justice. Son passeport serait encore aux mains de la police et une circulaire du Directeur général de la sûreté aurait été adressée à tous les postes frontaliers pour empêcher l’ancien président de quitter le pays.
En effet, l’enquête préliminaire se poursuit et les auditions de ses anciens collaborateurs également, comme c’est le cas pour son gendre, Ould Msabou et son ancien Premier ministre Yahya Hademine, entendus lundi pour la deuxième fois par les enquêteurs.
Selon des sources proches du dossier, l’affaire Aziz et Co, sera transmis dès la fin de l’enquête judiciaire au Parquet général qui soit, prononcera la liste d’accusations inculpant les protagonistes cités dans l’enquête parlementaire ou soit, décidera d’annoncer l’absence ou l’insuffisance de charges.
Quoi qu’il soit, la bataille judiciaire sur la plus grosse affaire de justice que la Mauritanie ait connue, a déjà commencé dans les coulisses, joutes entre le collectif de la défense de l’ancien président et les avocats du Ministère public à coups de conférences de presse et de communiqués, articles et contre-articles de presse, débats radio télévisés entre spécialistes du droit, hauts fonctionnaires, hommes politiques et intellectuels de plateau, mais surtout sur les réseaux sociaux où les échanges font rage.
Si un procès devait s’ouvrir, surtout celui de l’ancien président Mohamed Abdel Aziz, la Mauritanie sera après le Soudan, où le jugement de l’ex-Chef d’Etat Béchir se prépare, le deuxième pays arabe à initier un tel processus. L’Algérie également ne fait pas exception, le pays ayant déjà abrité le procès de l’ancien clan Bouteflika, plusieurs dignitaires de l’ancien régime croupissant aujourd’hui en prison.

Cheikh Aïdara





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