Bakary Wagué, membre du Conseil Représentatif des Soninkés de Mauritanie (CRSM) : ‘’Le dernier dialogue ne pouvait produire aucune avancée démocratique’’

jeudi 9 février 2017
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Pouvez-vous présenter, à nos lecteurs, les objectifs que s’est assignés le CRSM et ce qu’il a réalisé, depuis sa fondation ?

Bakary Wagué : Le CRSM s’est fixé, comme objectif principal, la convocation des états généraux de la refondation de notre République, en vue de la participation de tous les Mauritaniens à l’édification d’une nation juste, démocratique et apaisée. Il est évident que cela demande la participation de tous : partis politiques, Société civile, personnalités indépendantes...

Le CRSM a entrepris une longue série de rencontres, avec toute la classe politique nationale, les organisations de la Société civile et diverses personnalités. Notre démarche est bien appréciée par nos différents interlocuteurs et nous continuons à travailler pour que notre projet devienne possible. En tout cas, il ne cesse d’enregistrer des adhésions, massives.

- Que pense le CRSM des résolutions du dernier dialogue ? Pensez-vous qu’elles constituent une avancée pour la démocratie mauritanienne ?

- Le CRSM avait déjà réagi à la toute première invite du chef de l’Etat à un dialogue. Il l’a également fait, à l’entame du dernier. Notre position était claire et n’a pas changé : un tel dialogue ne répond pas aux questions de fond que l’écrasante majorité des Mauritaniens se posent, à savoir l’exclusion, l’état-civil, l’école, la santé et tout ce qui fait que le vivre ensemble n’a jamais cessé d’être un slogan creux, brandi par les pouvoirs successifs, depuis l’Indépendance.

La Mauritanie est un pays en construction ; la revisiter, à intervalles, dans ses fondements, pour la sortir de cette profonde crise, est une bonne chose. Tout comme un malade doit voir un médecin, pour se soigner. Mais si ce médecin se trompe de diagnostic, il aggrave la situation de son patient.

La tenue de ce dialogue qu’on a prétendu inclusif, avec comme résultat ce que vous savez, n’a pas résolu les problèmes. Je pense qu’on doit encore revenir à la table des discussions car l’essentiel, comme je le disais plus haut, a été occulté. En parler plus direct : ce dialogue ne pouvait produire aucune avancée démocratique.

- Parmi les recommandations du dialogue, on note l’introduction et l’enseignement des langues nationales (pulaar, soninké et wolof) dans le système éducatif mauritanien. Que pensez-vous de cette résolution ? A votre avis, a-t-elle une chance de se matérialiser sous peu ?

- La promotion et l’enseignement de nos langues nationales sont une de nos revendications mais nous pensons que ces langues doivent être, d’abord, reconnues langues officielles. La résolution du dialogue nous semble simple annonce, effet de manches, sans aucun apport à la décrispation du débat national sur la coexistence de nos communautés.

- On assiste à une espèce d’escalade entre notre pays et le Sénégal, depuis la médiation de notre Président en Gambie. Que vous inspire cette détérioration de nos relations avec ce pays frère ?

- Au-delà des velléités des uns et des autres, calculs politiciens et autres, les relations pacifiques, entre les peuples de nos deux pays, doivent être maintenues et renforcées. Pour cela, il revient, à leurs dirigeants, de tout mettre en œuvre pour éviter des situations conflictuelles.

Cela passe par le respect des principes de voisinage. À notre avis, la médiation de la Mauritanie, dans le dossier gambien, est à saluer et ne peut être qu’un alibi, pour des oiseaux de mauvais augure profitant de tout, pour semer le trouble dans les relations entre nos deux nations. Nous restons convaincus que plus jamais une quelconque animosité ne viendra ternir l’image de ces deux peuples frères et amis.

Propos recueillis par DL

Le Calame





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