Birame Dah Abeid : « Le dispositif mis en place par le G5 Sahel et la volonté politique qui le sous-tend sont loin d’être à la hauteur des défis »

jeudi 2 juillet 2020
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Le G5 Sahel dont le dernier Sommet vient de se tenir à Nouakchott, mardi 30 juin 2020, a été au centre de la conférence que le député et non moins activiste antiesclavagiste Birame Dah Abeid, a animé le mercredi 1er juillet 2020, dans ses bureaux en présence de la presse nationale et étrangère.

Au cours de la conférence de presse qu’il a animée mercredi 1er juillet 2020, Birame Dah Abeid, député à l’Assemblée Nationale et président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), débarqué il y a peu de jours après un confinement forcé de cinq mois en Europe pour raison de Covid-19, a consacré l’essentielle de sa sortie devant la presse au G 5 Sahel, notamment le caractère des régimes qui le composent et du traitement de la question peulh, mais il a abordé aussi des questions nationales, telles que l’opposition mauritanienne, l’état des droits de l’homme et des libertés publiques, avant de répondre aux questions des journalistes.

Sur le G5 Sahel qu’il qualifie « d’entreprise pleine de non dits et de fiasco apparent », Birame Dah Abeid considère que cet ensemble conçu pour lutter contre le djihadisme dans la région du Sahel vit ses ultimes déboires avec la France.

« A partir du diagnostic politique, idéologique et constitutionnel, le dispositif mis en place et la volonté apparente sont loin d’être à la hauteur des défis  » souligne-t-il, décrivant le Sahel comme un espace marqué par l’absence d’Etat et minée par une situation globale de déni du droit. « On ne peut pas bâtir des Etats capables de vaincre les nébuleuses terroristes en utilisant des systèmes qui alimentent l’esclavage, le racisme et le déni de citoyenneté  » a-t-il déclaré, soulignant pour le cas particulier de la Mauritanie, « on ne peut pas mener une guerre contre le terrorisme en Mauritanie et continuer à écraser la partie majoritaire de la population, en la maintenant dans des pratiques esclavagistes, dans la ségrégation raciale et l’exclusion sociale ». Selon lui, l’esclavage persiste en Mauritanie et plombe toute adhésion nationale à l’Etat sectaire.

Et d’ajouter, « on ne peut pas bâtir une stratégie de lutte contre l’esclavage, en continuant de maintenir un système de domination de type Apartheid, dans un pays où les Noirs sont traités en parias et en étrangers dans leur propre pays ». Sur ce plan, il déclare que la France se trompe si elle croit pouvoir mener une guerre victorieuse avec des Etats qui organisent des génocides, comme celui des Peulhs. « La persécution menée contre la communauté Poularophone ne peut pas aller de pair avec une lutte efficace contre le terrorisme  » a-t-il martelé avant d’interpeller le président français Emmanuel Macron, en ces termes, « vous ne pouvez pas utiliser au Sahel les moyens politiques et juridiques qui s’opposent aux valeurs françaises, à savoir la démocratie et l’Etat de droit ». Or, poursuit-t-il, « au Sahel, il y a des Etats non démocratiques, des Etats dirigés par des dictatures, ou par des régimes tribalo-clientélistes minoritaires comme en Mauritanie ».

Débordant sur d’autres questions, Birame Dah Abeid est revenu sur l’élection présidentielle de 2019, soulignant que « tout le monde sait que Ould Ghazwani n’a pas remporté les élections  » et qu’en son moment, l’opposition a fait preuve de grande sagesse en évitant au pays le chaos et en préservant la paix civile, en reconnaissant les résultats proclamés par la CENI. Mais selon lui, le pouvoir de Ghazwani s’est enfermé dans le déni du droit aux libertés publiques, tels le droit d’association, mais aussi le droit d’expression et d’opinion, à travers l’emprisonnement de journalistes, de blogueurs et d’activistes des droits de l’homme, à travers l’adoption de lois liberticides comme la dernière loi sur les fausses informations qui a été dépouillée de tous ses bienfaits pour ne retenir que ses obscurs objectifs, punir les lanceurs d’alerte et couvrir les mensonges des hauts responsables de l’Etat.

Birame Dah Abeid a également parlé de l’opposition, notamment de son aplatissement, soulignant que beaucoup d’opposants ont pris la pandémie Covid-19 comme prétexte pour rallier le camp du pouvoir.

Enfin, le député et président d’IRA a demandé la levée de toutes les restrictions imposées depuis l’apparition du coronavirus et d’inviter les Mauritaniens à vivre avec la pandémie, tout en prenant un minimum de précautions.

Cheikh Aïdara





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