Boghé ou le syndrome de l’intellectuel négro-mauritanien

mercredi 19 juillet 2017
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Boghé. Cette ville située à 350 km au Sud de Nouakchott résume à elle seule le syndrome de l’intellectuel négro-mauritanien. Avec des milliers de cadres supérieurs, formés dans les meilleures écoles, une légion d’anciens ministres, d’anciens ambassadeurs, de gens fortunés, cette ville croule sous la misère absolue.

Pourtant les villas poussent tous les jours sous le regard admiratif de la populace qui vit encore sous les huttes. Mais hélas, aucun projet pourvoyeur d’emplois. Rare sont les initiatives agricoles d’envergure. On a beau accuser l’Etat à tort et à raison d’avoir préféré Aleg comme capitale régionale du Brakna.

On a beau reprocher à l’ancien régime d’avoir puni cette ville rebelle d’où son originaires la plupart des présumés putschistes de 1987. On a beau expliqué l’envol touristique d’Atar par du favoritisme à outrance.

Il faut parfois savoir faire son autocritique. Qu’est-ce qui empêchent les ressortissants de la région d’exploiter les atouts écotouristiques et culturels du pays ? Pourquoi n’arrivent-ils pas à mettre en valeur des terres aussi fertiles ? La principale cause de la régression de Boghé tient de l’absence d’initiatives privées et de concertations entre ceux désignés sous le vocable de cadres. Une corporation où régne un concurrence exacerbée.

Hormis à l’occasion des baptêmes, des mariages et des décès, l’esprit de solidarité n’existe pas. Un grand diplomate français ne disait-il pas que les boghéens sont des chasseurs solitaires ? Une race d’individus ne pouvant pas s’unir pour créer la richesse mais prompts à se retrouver autour des manifestations sociales.

Voilà à notre sens la raison expliquant que le site naturel du lac Jinthiou et de ses abords est devenu un immense dépotoir à l’abandon. C’est aussi la raison qui explique que chaque année, la ville devient de plus en plus pauvre, s’embourbe davantage dans les redevances de la Sonader et donne l’impression d’abandon.

Notre propos n’est pas de pointer du doigt ces illustres intellectuels, lesquels, quelque soit leur position sociale, supportent vaillamment l’impôt social. Chacun de ces cadres vivant à Nouakchott entretient une cour immense de « chômeurs » et de cousins à la recherche d’emplois. La meilleure façon d’agir ne serait-il pas de les aider à voler de leurs propres ailes ?

Dia El Haj Ibrahima
Les Mauritanies





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