Conférence de presse du Président : Mohamed Ould Abdel Aziz seul, maitre à bord …

vendredi 24 mars 2017
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Le Président Mohamed Ould Abdel Aziz s’est entretenu en conférence de Presse avec les médias privés, mercredi soir au palais présidentiel.

A voir l’aréopage mis en œuvre avec une forte présence d’invités issus des partis de la majorité présidentielle et de l’opposition dialoguiste, on imagine aisément le degré de préparation entrepris pour cette conférence à travers laquelle le président tient à régler ses comptes à des sénateurs considérés désormais comme des renégats.

Et c’est comme pour sceller définitivement leur destin et se venger de leur vote sanction à l’égard d’un président qui leur demandait de se signer leur arrêt de mort, que Mohamed Ould Abdel Aziz maitre de cette conférence de presse a campé le décor devant des journalistes triés dans le volet ne sachant pas au départ comment gérer les humeurs d’un homme prêt à sortir ses griffes.

Du jamais vu dans une conférence de presse où le PM, le président du parti-Etat et d’autres figures du gouvernement sont venus ovationner un président comme dans un show électoral. L’image en disait long sur les contours de cette conférence destinée à faire passer un message à un peuple blafard et désarmé qui subit piteusement les lois de ses gouvernants.

Le décor était là !

Dans une superficie dégagée de la présidence, un homme faisait face à deux rangées de journalistes alignés dans un ordre tracé par les gourous de cette conférence. A l’autre côté de ce carré une foule d’invités assistait à ce spectacle hors normes d’une conférence de presse. On comprendra la mise en scène.

Au départ rien ne bougeait. Du PM en passant par les hommes politiques, les laudateurs commis pour la circonstance, c’était un silence total. On eut entendu le lourdement d’une mouche de la présidence. Une sorte d’inquiétude planait sur le toit du palais brun. Au fur et à mesure que le président retrouvait ses esprits, après quelques instants de nervosité, et « d’état second » l’atmosphère commençait à se détendre. Une première intimidation, puis une deuxième, lancées à l’endroit des premiers cowboys, qui avaient ouvert le show sous ambiance crispée.

Dans une sorte de déclic provoqué par la réponse à une question sur le vote des sénateurs, le président s’engouffra dans le sujet et à tout son aise, il décocha sa flèche sur les 33 sénateurs qui, dira-t-il, ne doivent pas prendre en otage un pays qui compte 4 millions d’habitants. L’impression lui prit d’avoir marqué un premier point sur les journalistes. La réponse sera suivi e d’un tonnerre d’applaudissements. Un homme a failli se lever pour esquisser quelques pas de danse. Il renonça par réflexe à ce geste.

Ce s serait étrange pour quelqu’un de ce rang ! Les sourires gonflaient les grosses joues de nos invités de marque. Chacun tentait de croiser le visage du président qui retrouvait lui aussi une mine détendue mais assombrie par la fatigue.

Premier tour de table

Au cours de ce premier tour de table, personne ne voulait être en reste. Les questions tournaient autour du rejet des amendements rejetés par le sénat. On reprend la même question, on reformule avec une certaine locution à la va comme je te pousse. Le Président se plait à ce jeu après quelques pics de colère. Et hop le référendum tombe. Comme une tarte bien sucrée, chacun veut goutter par une question le sujet.

Le Président s’improvise en constitutionnaliste pour évoquer l’article 38 qu’il sort sans la moindre lecture rappelant la disposition l’énonçant. En simulant un connaisseur de la constitution, il se permet de rappeler à l’ordre un journaliste en lui demandant s’il savait ce que la constitution prévoyait dans ce cas de figure. « J’espère que vous savez ce que dit cet article ! » d’ailleurs je ne sais pas si vous comprenez l’arabe, j’ai déjà répondu à cette question. Et sans prêter attention il enchaina la réponse de manière timide et décousue jusqu’à ce qu’il rendit compte que cela était futile. Les choses continuent avec le même rythme marqué par des moments d’intimidations et des intermèdes de détentes arrangées.

Les journalistes tentaient de dominer leur mental

Les journalistes ont essayé de garder leur calme pour ne pas provoquer le moindre incident. Partagés entre le souci de bien aligner leurs idées et les craintes d’être perturbés par les techniques de déstabilisation désormais introduites par le maitre de conférence, Aziz, ils esquivaient comme ils pouvaient les coups sans céder totalement aux intimidations parfois bien dirigées contre certains.

Le tour est joué : on va vers le référendum

Les journalistes étaient dans leur rôle de poser des questions à leurs manières. Il ne faudrait pas les en vouloir. Ils ont fait ce qu’ils pouvaient. Et le rôle d’un journaliste n’est pas de dire au président ce qui n’est pas de son ressort. Oui le président a usé de l’article 38 sur avis de ses constitutionnalistes et les journalises ont bien précisé l’anachronisme de cette disposition qui n’est plus possible du fait que le parlement a voté.

A postériori cela n’est plus possible. Aziz dit avoir consulté les meilleurs constitutionnalistes. Plus constitutionnaliste que ceux ont participé à l’élaboration de la constitution mauritanienne, on ment ! Alors le président a martelé que les mauritaniens iront à un référendum. Rien ne pourrait arrêter cela. Plus de dialogue, plus de mise en scène de l’opposition. Démissionner ou échouer ce n’est pas ma nature » ! Tout le monde a compris le message.

Accepter le principe, c’est autre chose. Forcer, forcer, passe ou ça casse ! Telle la logique d’un homme pour qui ses prérogative lui confère la liberté de prendre des décisions souveraines. Je ne suis pas sous la tutelle de quiconque pour demander ce que je dois faire. Haro sur les donneurs de leçons. Haro sur les régimes passées qui ont tenu l’armée en otage, qui ont enlevé à l’armée sa dignité, qui ont spolié le pays. On ne doit pas s’apitoyer sur le sort de ces gens ! Haro sur les sénateurs de la majorité qui ont trahi leurs engagements et renié leur devoir. » Vous pensez que c’est un signe de bonne santé démocratique ? Non ! ».

Applaudissez encore plus fort pauvres laudateurs !

Cette soirée a été riche en applaudissements, en répétitions et en attaques verbales à l’égard de certains. Les allusions fusaient partout pour servir chacun la coupe amère des airs revanchards d’un Président à l’aise dans sa « toge » de l’homme fort de la situation. Le moi dira Pascal est haïssable. Aziz, e faisait que s’encenser à travers les prouesses accomplis et que personne n’a accompli avant lui. Voyez l’armée, les finances, patati patata, tout ça c’est maintenant depuis que je suis arrivé. Les applaudisseurs se mettent en ordre de concert.

Le Rénovateur Quotidien





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