Crise politique : Tous coupables

mercredi 20 septembre 2017
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Hibernation. C’est le mot juste pour qualifier ce qui se passe aujourd’hui sur la scène politique en Mauritanie.

Entre l’optimisme béat de la majorité et le pessimisme apocalyptique de l’opposition, on a l’impression de tourner en rond. On entretient la crise de part et d’autre sans se donner la peine de penser, véritablement, à ce qui peut contribuer à la résoudre.

Le phénomène nouveau, c’est qu’il n’est même plus question de savoir si le président Aziz agit pour préparer un troisième mandat – ou une sortie sans risque – en 2019, mais bien cette « guerre d’usure » qui le met en face de l’homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou qui, pourtant, avait largement contribué à la réussite de son coup d’Etat, en 2008, contre le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.

La « fronde » des sénateurs, refusant les amendements constitutionnels, qui suppriment leur chambre ressemble, point par point, à celle des parlementaires, il y a presque dix ans, se rangeant du côté d’Ould Abdel Aziz, alors puissant général commandant la garde présidentielle (BASEP) ! Dans un cas, comme dans l’autre, c’est une histoire d’incompréhension, de manque de « reconnaissance » à un ancien allié politique qui réclame un partage du pouvoir, car en politique, rien ne se donne, « rien ne se perd, tout se transforme », pour paraphraser Lavoisier.

Majorité et opposition oublient malheureusement que le pourrissement de la situation ne fait que compliquer la donne.

Il est évident aujourd’hui qu’on est sorti de la logique des « justifications » (de ce qui va ou ne va pas) pour entrer dans celle de la déculpabilisation. Pour dire qui est responsable du blocage actuel ? Qui empêche le pays de retrouver une « normalité » qui n’est jugée en fait qu’à l’aune de la reconnaissance mutuelle (entre le pouvoir et son opposition) en tant que parties prenantes du jeu démocratique, avec ses qualités et ses défauts, et de la possibilité d’organiser, à intervalles réguliers, des élections qui doivent être le seul mode valable d’accession au pouvoir. En 2019, qu’on le veille ou non, cette règle d’alternance sera primordiale.

Le Forum national pour la démocratique et l’unité (FNDU) doit avoir compris que les marches, meetings et sit-in, à eux seuls, ne règlent pas les problèmes sans cette prise de conscience de la nécessité de négocier les termes d’une sortie de crise, à court terme, par le biais d’un dialogue qui permettrait de penser à l’organisation concertée des élections municipales et législatives avant l’échéance présidentielle de 2019.

Le temps où l’opposition et la majorité « se répondent » par l’organisation de meetings est dépassé. Il ne s’agit plus de se dire « Qui a remporté cette manche ? » mais « qui est capable d’avancer une idée de réel compromis pour sortir de la crise » ?

Car à quoi sert-il de montrer ses biceps pour un pouvoir en bute à des problèmes de toutes sortes ? Que gagne l’opposition à suivre la même voie de l’escalade ? Des questions qui soulignent l’ampleur du fossé qui sépare désormais les deux camps.

Que le FNDU qui surfe sur l’affaire Ould Ghadda (du non du sénateur qui voulait dévoiler les secrets et dessous de la fortune du président) comprenne que ce qui n’a pas été possible depuis 2009 (provoquer le départ d’Aziz par la rue), au moment où le pouvoir éprouvait des difficultés « d’installation » n’est pas de toute évidence au moment où le président Aziz s’apprête à assurer sa « succession ». L’opposition doit donc penser sa stratégie autrement, en fonction du bilan du pouvoir mais aussi de ce qui pourrait le pousser à envisager un troisième mandat à la Nkurunziza ou suivant la méthode Kagamé.

De son côté, la Majorité qui se réduit de plus en plus au parti au pouvoir, l’Union pour la République (UPR), doit cesser son « cinéma », comme on dit.

Comment nier que la vie du Mauritanien ordinaire, non politisé, n’est faite, aujourd’hui que de problèmes en série ? Si l’on convient que Maaouiya menait le pays droit contre le mur, on ne peut pas dire pour autant que les régimes qui lui ont succédé aient amorcé le bon virage pour le sauver. Depuis « la chute du dictateur », la noria du désespoir continue. La transition militaire 2005-2007 qui devait être une rupture définitive avec le cycle des coups d’Etats, n’était en réalité qu’une reprise en main d’un processus bien réglé.

Et même la « Rectification », coup d’Etat contre Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, n’a fait que donner à la Mauritanie la palme d’or, en matière de prise du pouvoir par la force. Elle s’est avérée n’être qu’une pause, une sorte de « repos du guerrier », pas plus. Le début de l’Histoire, l’éternel recommencement, a pris le visage de cette « Rectification » qui a remis la Mauritanie dans l’ordre normal des choses, alors qu’on commençait à la citer en exemple de « bonne démocratie », comme on parle de bonne gouvernance !

Mohamed Ould Brahim

Le Courrier du nord





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