D’autres pays ont changé de drapeau avant la Mauritanie

mardi 1er novembre 2016
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La question qui taraude tous les esprits est pourquoi Ould Abdel Aziz a-t-il organisé, vaille que vaille « un dialogue inclusif » si c’est uniquement pour changer de drapeau et d’hymne national ? Dans les rangs de l’opposition, ils sont foule à penser que ce n’était là qu’un prétexte pour autre chose mais que devant l’hostilité manifeste des « partenaires » au dialogue, il dût se rabattre sur ces expédients.

Pour ce qui est du drapeau, il est étonnant que ça soit un militaire, corporation généralement très attachée au drapeau, qui prenne l’initiative de son changement. Même la démarche est assez inhabituelle ; sans discussions, sans contre proposition, juste une proposition et à laquelle il faut adhérer sans rechigner.

Pourtant les changements de drapeau ne sont pas anodins et ils viennent souvent indiquer un virage ou symboliser un nouveau départ pour la nation. Les modifications sont donc souvent liées à un désir d’émancipation. Les changements décidés ex nihilo, sans urgence particulière, sont beaucoup plus rares seules la Mauritanie et la Nouvelle Zélande y auront procédé.

Pour la Mauritanie n’a encore avancé un chiffre pour évaluer les couts d’une telle décision mais on imagine qu’il doit tourner autour de quatre milliards d’ouguiya.

Entre les changements d’écussons, de médailles, d’en tête, de cartes de visite et de drapeaux dans les écoles, les postes administratifs, les garnisons, les délégations diplomatique, les manuels scolaires, les véhicules et aéronefs et le stock des pavoisements on ne devrait pas être loin de ce chiffre.

Ces dernières, (depuis 1980) ils sont une douzaine de pays à avoir franchi le cap.

Petit tours d’horizon dans ceux qui nous précédés sur ce chemin.

Le dernier en date est la Nouvelle-Zélande qui a demandé à ses citoyens de voter pour choisir un nouvel étendard. Le drapeau actuel avec son Union Jack en miniature symboliserait trop le colonisateur britannique. En Mars dernier, les Néo-Zélandais avaient déjà choisi, parmi cinq propositions issues d’une longue liste, leur nouvel étendard.

Le Paraguay en 2013

Suite à un coup d’état institutionnel qui a vu le replacement du président par le vice président cet état d’Amérique du sud a reformé son drapeau. Seul le blason au centre a été simplifié afin de se rapprocher de sa forme originale. Le cercle rouge disposé autour des armoiries à disparu pour laisser place au blanc. Le drapeau représente les trois couleurs républicaines : rouge, blanc et bleu.

Le Malawi en 2012

À son arrivée au pouvoir, la présidente Joyce Banda annonce que le drapeau original de l’indépendance du pays, sacré aux yeux du peuple, sera rétabli. Paradoxal pour ce pays qui avait déjà changé de drapeau deux ans auparavant, optant pour un soleil blanc au milieu des trois bandes de couleur : rouge, noire et verte. L’opération aurait coûté 8 millions d’euros à ce pays pauvre, contraint d’appliquer le changement sur tous les éléments administratifs.

La Libye en 2011

Frappé d’un croissant et d’une étoile de couleur blanche, le drapeau est celui de l’ancienne monarchie du roi Idriss Ier renversé par Mouammar Kadhafi en 1969. Sa symbolique est forte : il était brandi par les opposants au dictateur lors de la révolution en 2011.

Ce drapeau, très ancien, est inspiré d’un ancien étendard datant de la domination ottomane, alors en noir et blanc. A son arrivée à la tête du pays, Kadhafi avait instauré un drapeau uniforme de couleur verte représentant l’islam et symbolisant la « révolution verte ».

La Birmanie en 2010

Nouveau nom et nouveau drapeau : l’année 2010 est celle du changement pour la Birmanie, devenue la « République de l’Union du Myanmar ». Les réformes, inscrites dans la Constitution en 2008, ne sont entrées en vigueur que deux ans plus tard. Si le drapeau a connu un changement profond, les raisons restent inconnues. Des hypothèses astrologiques ont été avancées.

Irak 2008

S’il a adopté les couleurs rouge-blanc-noir du panarabisme depuis 1921, et ses rayures actuelles depuis 1963, le drapeau irakien a régulièrement vu changer l’inscription qui orne sa bande blanche au fil des changements de régime. Sous Saddam Hussein, on y retrouverait trois étoiles, symboles du parti Baas, et l’inscription Allahou Akbar. Etrangement, le drapeau n’est pas modifié à la chute du Raïs, en 2003, mais seulement en 2008. Aujourd’hui, les étoiles ont disparu, mais l’inscription demeure.

Serbie 2006

Associé à la Serbie depuis 1992 et la fin de la Yougoslavie, le Monténégro finit par obtenir son indépendance en 2006. Aux rayures rouge-bleu-blanc, symbole du panslavisme (on les retrouve sur la plupart des drapeaux de l’ex-Yougoslavie et d’autres pays voisins), la Serbie, désormais « seule » décide alors d’ajouter ses propres armoiries, héritées des Nemanjic, prestigieuse dynastie serbe du Moyen-Age.

La Géorgie en 2004

Le nouveau drapeau est adopté à la suite d’un concours par le Parlement lors de l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement. Appelé « drapeau à cinq croix », il reprend celui du Mouvement national uni, le parti du nouveau président d’alors, Mikhail Saakachvili. Le drapeau avait été amplement utilisé lors de la Révolution des roses, mouvement pacifique qui a mené à l’éviction, en novembre 2003, du président et ancien patron du Parti communiste (PC) géorgien, Edouad Chevardnadze.
Afghanistan.

Au pouvoir depuis 1992, les talibans avaient imposé leur propre drapeau - blanc avec le Chahada- à partir de 1996. Mais les attentats du 11 Septembre conduisent les Etats-Unis (qui traquent Oussama ben Laden) à envahir le pays et renverser le régime. Après un premier drapeau très provisoire, le pays revient finalement à celui de l’ancien royaume d’Afghanistan (1926-1973) et ses bandes noires (couleur historique), rouges (sang versé pour l’indépendance) et vertes (espoir en l’avenir) ornées de l’écusson national, qui représente une mosquée au-dessus de laquelle on retrouve, à nouveau, la chahada.

République démocratique du Congo.

A la chute de la dictature de Mobutu, en 1997, le Zaïre devient la République démocratique du Congo et adopte un drapeau quasi identique à celui de l’indépendance (1960). En 2006, il est finalement décidé d’adopter un nouveau drapeau, cette fois très inspiré de celui arboré de 1963 à 1971 - seul le bleu est plus clair.

Afrique du Sud.

C’est probablement le changement le plus célèbre de ces dernières décennies. Symbole de l’apartheid, donc de la domination blanche, l’ancien drapeau sud-africain, adopté en 1928, est supprimé en même temps que les lois raciales, en 1993. L’année suivante est intronisé un drapeau reprenant les couleurs arc-en-ciel, traditionnellement utilisées par les mouvements de défense des droits des noirs africains.

Hongkong.

Possession britannique depuis 1842 et le traité de Nankin, Hongkong arbore jusqu’en 1997 l’Union Jack du Royaume-Uni agrémenté des armoiries coloniales du territoire. Rétrocédée à la Chine le 1er juillet 1997, l’île garde un drapeau différent.

Iran.

1980 : le dernier Shah quitte l’Iran et la République islamique est instaurée. Les couleurs du drapeau ne changent pas, mais le symbole en son centre si, et c’est évidemment capital. Incarnation du pouvoir impérial, le lion doré disparaît au profit du nouvel emblème de l’Iran, créé par le nouveau régime. Représentant quatre croissants et, au centre, une épée, il s’agit d’une version stylisée du mot « Allah ».

Mauriweb





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