Dialogue Pouvoir-Opposition : L’éternelle boîte à Pandore

mardi 16 août 2016
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Le dernier appel au dialogue lancé par la majorité présidentielle, sonne encore comme un cri dans le désert. La situation de crise politique entre cette majorité et l’opposition se serait même aggravée d’autant plus qu’une fine, une nouvelle opposition est en gestation constituée d’acteurs qui pourraient être plus radicaux que les leaders du FNDU.

Il est déjà loin le fameux discours de Néma du 3 mai 2016. Bien entendu, le délai de quatre semaines lancé à l’époque par le Président Mohamed Abdel Aziz comme ultimatum aux partis politiques, notamment ceux du FNDU, est resté sans suite. Trois mois après cet appel de Néma, aucune date n’est encore retenue pour ce fameux dialogue qui ressemble de plus en plus à un attrape-nigaud, sorte de boîte à Pandore destiné quelque part à saper la cohésion du camp adverse plus qu’à rechercher des solutions politiques à la crisse qui sévit depuis les Accords de Dakar de 2009.

Ainsi, les méandres de ces concertations politiques, de jour en jour transformées en mirages politiques, se révèlent de plus en plus mystérieuses. Pour la nième fois en effet, le Ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République, Moulaye Mohamed Laghdaf vient d’ouvrir les enchères du marronnier. En contactant la semaine dernière Salah Ould Hanana, président du FNDU (principal coalition de partis de l’opposition radicale), il visait sans doute à rouvrir les débats pour… buter aux mêmes intransigeances de ses interlocuteurs. « Pas de dialogue conçu et préparé d’une manière unilatérale » vient de répondre Ould Hanana qui fait savoir en substance à son interlocuteur que l’opposition veut s’asseoir avec le pouvoir autour d’une table pour discuter des termes de référence du dialogue envisagé et n’accepte pas une proposition ficelée à son insu. Les débats en sont là, alors que la majorité au pouvoir a déjà désigné son équipe.

Sans doute, la majorité présidentielle pensait qu’en mettant le FNDU devant le fait accompli et sous l’effet de l’usure, elle la conduirait à accepter ce dialogue et à oublier ses exigences antérieures, notamment : la réponse écrite à sa plateforme de janvier 2015. Et forte des clivages au sein du FNDU sur le dialogue, cette majorité était persuadée qu’en soulevant cette question, elle mettrait ses interlocuteurs mal à l’aise. Ainsi, le pouvoir compte beaucoup sur les dissensions que sa main tendue pourrait créer au sein de son principal adversaire politique. Lequel, de son côté, possède aujourd’hui, une arme de taille : la situation sociale consacrée par la vague de répressions contre les libertés, la grogne sociale qui monte… Dans cette guerre d’usure où tous les coups sont permis, chaque camp essaie de gagner des points. Les débats dans les médias permettent ainsi aux deux camps de porter des coups à l’adversaire.

Dans un débat télévisé, Beïtoullah Ould Ahmed Eswad, cadre du parti au pouvoir, a soutenu que « le FNDU ne dispose d’aucun agenda pour le dialogue » contrairement au pouvoir qui est fin prêt, rappelant les efforts inlassables du président Mohamed Abdel Aziz en faveur du dialogue et les refus répétés et incompréhensibles de l’opposition dite radicale.
De son côté, le président du parti Tawassoul, Mohamed Jemil Mansour considère en substance que le pouvoir ne fait rien pour installer une ambiance propice à un dialogue national, eu égard à ses dérives sur le plan sécuritaire, la restriction accélérée des champs de libertés, la répression tout azimut contre les défenseurs des droits de l’homme, la dégradation accélérée des conditions de vie des populations, l’ampleur de la corruption et des malversations économiques…
Seulement, le pouvoir n’a pas seulement le FNDU comme adversaire. Une nouvelle coalition encore plus radicale est née. Celle-là refuse toute main tendue du pouvoir et considère que Mohamed Abdel Aziz n’a qu’à achever son dernier mandat dont la fin est prévue en 2019 et qu’il quitte le jeu.

Ce nouveau front de l’hyper radicalité est constitué du RFD d’Ahmed Ould Daddah et de l’ancien président du CMJD, Ely Ould Mohamed Vall. Les deux hommes qui accumulent à eux seuls un capital de confiance inégalé auprès des partenaires internationaux de la Mauritanie et dont les avis comptent sur la balance de la géopolitique régionale considèrent que la solution aux crises multiformes dont souffre le pays réside dans le départ de Mohamed Abdel Aziz du pouvoir.
Cheikh Aidara





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