La réponse maghrébine au G5 Sahel

vendredi 10 novembre 2017
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Les ministres des affaires étrangères de l’Union du Maghreb arabe (UMA) et ceux de l’Intérieur, ont décidé de se réunir dans les jours qui viennent. L’information a fuité de la
la visite mardi dernier à Nouakchott, du ministre algérien de l’intérieur, M. Nourdine Badaoui. Il s’agira certainement de discuter de la situation régionale après la mise en place des forces du G5 Sahel et suite à sa première opération, d’une part et de l’autre, la situation sécuritaire dans la sous région. Deuxième du genre, cette réunion qui devrait aboutir particulièrement sur la réponse maghrébine à la question du Sahel, intervient dans un contexte régional particulier. Au moins, directement, pour trois pays de la région. Et indirectement pour les deux autres.
Si pour la Mauritanie, l’Algérie et la Libye, les conséquences de la crise libyenne et ses incidences sur la situation au Mali sont directes, le Maroc et la Tunisie ne sont concernés que par effets "collatéraux". Des effets collatéraux négligeables, au vu des attentats perpétrés ces dernières années à Tunis et aux opérations de démantèlement de réseaux terroristes européens avec des branches au Maroc. Finalement, tout le monde est concerné. Directement ou indirectement. Ainsi, la menace est énorme et exige une réponse commune.
Le conglomérat Aqmi, parti au départ de l’Algérie et recrutant surtout parmi les jeunes des pays de la zone et de contrées plus éloignées est d’abord un défi pour ces pays. A commencer par l’Algérie qui était la terre nourricière et le terreau d’où ont essaimé les premiers groupes islamistes radicaux et armés de la sous-région. Le GSPC, ancêtre de l’Aqmi, né des antres du FIS est devenu une vipère à mille têtes et un monstre qui fait trembler des empires. L’installation de ses "résidus" dans le nord du Mali avec la possibilité d’extension dans toutes les directions vers des États fragilisés par les systèmes politiques pourris et corrompus où l’injustice et l’oppression, ouvrant toutes les tentations aux jeunes désœuvrés et marginalisés nécessite bien une rencontre. Même celle des frères ennemis qui mesurent, à juste titre, les étendues de la menace et les gros risques que celle-ci fait courir à tous.
La réponse maghrébine face à ce qui se passe dans le Sahel ne peut être intéressante que si elle apportait du nouveau par rapport aux options qui sont actuellement en cours menées par le G5 Sahel. Elle sera surtout déterminante si l’Algérie, puissance implantée en première ligne du "front", décline une position claire et interprétable, sans équivoque. Elle est davantage importante si le Maroc, s’invite sur le terrain. En effet, tout le monde est conscient que l’Algérie et le Maroc, premières puissances régionales, sont la clé de voûte de toute solution pacifique ou militaire dans cette crise du Sahel. Encore faudrait-il que ces pays s’engagent de manière plus cohérente et plus participative sur le terrain. Leur absence jusque-là des conclaves et du débat sur la question est plus que troublante. En tout cas, elle prête à équivoque. Les déclarations souvent peu harmonieuses des responsables de ces deux pays sur les options envisagées par les autres ensembles, notamment le G5 Sahel et les Nations Unis laissent pantois. Le pays de Bouteflika et celui de Mohamed VI, ne devraient pas accepter que la solution leur soit imposée par les rapides et dramatiques évolutions que nous vivons au quotidien dans les pays du Sahel, notamment au Mali, au Niger, au Tchad et au Burkina Faso.
Moralement, ces deux pays ont le devoir de s’impliquer davantage. Mais c’est surtout à l’Algérie qu’échoit de devoir. Le devoir du frère et la mission du voisin.
Si ces deux pays ne veulent pas que les puissances étrangères mettent davantage le pied dans la zone, ils devraient être à même de se dresser en rempart contre l’avancée fulgurante des terroristes, non seulement au Mali, mais aussi ailleurs dans les autres régions de la zone. En l’occurrence au Niger, au Tchad et en Mauritanie.
Si le Maghreb continue à se murer dans le ni-ni sans apporter de solution de rechange, la situation risque d’échapper à toutes les parties. Alors, le "Sahelistan" deviendra le territoire conquis par les jihadistes radicaux.
Pour la Tunisie (la Libye étant encore dans une phase de confusion post-restructuration), le devoir de solidarité africaine doit être aussi mis en avant. L’instabilité, voire la déconfiture du Sahel sur des bases ethniques et identitaires ne fera qu’exacerber les velléités séparatistes, dans la région. Surtout si l’on sait le rôle actif et déterminant joué par le Congrès Amazigh Mondial dans la création et le soutien au MNLA. Heureusement d’ailleurs que ce mouvement nationaliste, sectaire dont les combattants ont fait preuve d’un funeste comportement inhumain et raciste (en s’adonnant aux viols et au pillage contre les populations arabes, peuhles et songhaïs dans les villes du nord Mali) n’a pu contrôler aucune ville pour longtemps.
En définitive, la réponse maghrébine à la situation en cours au Sahel devrait s’inscrire en parfaite harmonie avec celles tentées actuellement dans le cadre du G5 Sahel A ce titre, les États de l’UMA ne doivent pas se singulariser par une position spécifique aux "arabes" de l’Afrique qui diluerait l’impact de leur influence sur le cours des évènements.
Oumar El Moktar





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