La révolution ici et maintenant !

lundi 11 avril 2016
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Les partis du Forum de l’opposition occupent la scène publique. Après le meeting réussi du RFD d’Ahmed Daddah à Nouakchott et au terme des visites du Forum dans les deux Hodhs, dans la région de l’Assaba et à Nouadhibou, voilà l’opposition, qui se prépare à un déplacement dans la région de l’Adrar. Partout, il s’agit de prêcher la contestation et d’appeler, ouvertement, le peuple à se révolter contre le pouvoir.

Partout, il s’agit de préparer les populations à chasser les chefs actuels de leurs fauteuils. Partout, le mot d’ordre a été le même : la révolution ici et maintenant !
La crise multiforme qui frappe les populations, le manque d’opportunités de travail, le manque de liquidités, le marasme économique qui touche tout le monde, le mécontentement national ambiant, les conséquences visibles de la crise socio-économique sur les populations, semblent donner à ces guerriers de la quarantième heure du tonus et du courage. Incapables de pousser le régime à la réforme et au partage du gâteau de la collectivité, ils s’impatientent aujourd’hui pour prendre sa place.

En limitant leur discours autour de la seule personne du président de la République et en circonscrivant leur propos à la question politique, classant le social comme le cadet de leurs soucis, les leaders de l’opposition ne vaudraient certainement pas mieux que leur adversaire ! Peuvent-ils mieux valoir quand on sait que tous nos hommes politiques, de quelque bord qu’ils puissent être, appartiennent au même moule et cultivent les mêmes desseins à l’endroit de leur peuple ?

Face à un échiquier occupé par des politiques du genre, face à la situation de crise qui perdure, et face à l’émiettement de l’espoir, une chose est sûre : la Mauritanie a besoin de se séparer du système qui la dirige depuis des lustres.

Elle a besoin d’une rupture. Implacable et profonde pour déconstruire ce système pourri qui la ronge depuis des décennies. Mais encore, faudrait-il que cette rupture soit contrôlée et bien encadrée par des hommes qui croient, sincèrement aux populations et surtout aux valeurs fondateurs des Etats. C’est-à-dire à l’égalité des hommes et des races, à la justice, á la liberté, à la démocratie et aux valeurs du travail. Est-ce que ceux qui tambourinent aujourd’hui pour la révolution croient réellement à ces valeurs ? Sont-ils mus par le seul et unique intérêt du peuple ? Croient-ils réellement aux idées qu’ils défendent et à la politique de société qu’ils présentent au peuple ? Ou au contraire, ne sont-ils pas que des opportunistes qui constatent que devant eux, toutes les portes de salut sont fermées par le régime en place ?

Les Mauritaniens, au rythme de leur incommensurable calvaire ont certes envie de voir le petit beau matin se lever après une si longue nuit, mais le coq qui annoncera la naissance de cette aube nouvelle est-il un saint serviteur ou un roublard qui joue avec les renards ?

L’opposition mauritanienne est aujourd’hui sidérée par la situation du pays. Et elle a parfaitement raison. Elle livre une bataille contre les puissantes forces centrifuges formant un bloc autour de l’Institution militaire et des chefferies traditionnelles renforcées par les adeptes du nationalisme chauvin, mais elle manque de force pour convaincre le peuple. Ses leaders, à des exceptions près, sont déjà "carbonisés" par leur passé de dinosaures souillés. Ou plus, ce sont des leaders qui ont échoué dans le test que leur avait fait subir le peuple depuis 1992.

Qu’à cela ne tienne ! La révolution viendra, implacable le jour ou le peuple mauritanien le décidera de lui-même, sans y être poussé par des forces politiques qui veulent faire de la colère du peuple un ouragan qui l’installerait, sans coup férir, aux commandes.

Que les leaders passionnés tant par les révolutions telle celle qui s’est récemment produite au Burkina Faso, reconnaissent d’abord les tares fondamentales du système, dans toute leur globalité (tribalisme, clientélisme régionaliste, esclavage, racisme, exclusion, etc.) et qu’ils soient disposés et prêts à les combattre, de front, ans ambages, ni gans de velours, pour que tous les mauritaniens puissent croire en eux. Sans cela, la révolution qu’ils chantent sous tous les toits et partout, sera tout simplement, un simple hymne étouffé.

Amar Ould Béjà





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