Lebatt répond aux questions de RFI se rapportant à l’imbriglio centrafricain

samedi 18 février 2017
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Mohamed El Hacen Lebatt brillant universiitaire est Professeur de Droit depuis 1987, il a occupé d’importantes fonctions dont celle de président de l’Université de Nouakchott et de doyen de la Faculté des sciences juridiques et économiques.

Il a en outre assumé les fonctions de ministre des Affaires étrangères (de 1997 à 1998), d’ambassadeur en Ethiopie et de représentant permanent auprès de l’UA (de 2003 à 2005) et d’ambassadeur en Afrique du Sud (de 2005 à 2007).

M. Lebatt a été successivement Envoyé spécial au Burundi (de 1998 à 2000) et en RD Congo et au Tchad (de 2008 à 2013) ainsi que directeur du bureau du facilitateur du dialogue inter-congolais (de 2000 à 2002). Incontestablement il a capitalisé une riche expérience tant au niveau national qu’international qui lui permettra de démêler l’écheveau dans la complexe crise qui secoue ce pays.

« Nous sommes en train de développer un accord de paix et de réconciliation en RCA » répond Lebatt aux questions de RFI se rapportant à l’imbriglio centrafricain à l’émission Invité Afrique,

Depuis le mois de novembre, l’Union africaine a pris les rênes de la médiation pour tenter de réunir le gouvernement centrafricain avec l’ensemble des groupes rebelles et parvenir à un accord de paix et de réconciliation. Les contacts sont pour le moment plutôt souterrains. Mohamed El Hacen Ould Lebatt, représentant spécial de l’Union africaine pour la République centrafricaine et chef de la Mission de l’UA pour l’Afrique centrale, est l’invité matin de RFI.

RFI : Professeur Mohamed El Hacen Ould Lebatt, alors que les violences font rage sur le terrain, l’Union africaine cherche une solution négociée ?

Professeur Mohamed El Hacen Ould Lebatt : Oui, tout à fait. Nous sommes en train de développer une initiative qui s’appelle Initiative africaine pour un accord de paix et de réconciliation entre le gouvernement et les groupes armés. Cela inclut l’ensemble du groupe anti-Balaka et le groupe issu de l’ex-Séléka.

Cette initiative, qui a été décidée avant le Sommet extraordinaire de la CEEAC qui s’est tenu le 30 novembre à Libreville, vient d’être endossée par le Sommet de l’Union africaine qui s’est tenu à Addis-Abeba les 30 et 31 janvier. Elle est portée par l’Union africaine, la CEEAC, la CRGL et certains pays africains de la région.

Le président Touadéra a déjà ouvert un dialogue. Quelle est l’utilité d’une démarche parallèle ?

Cette démarche consiste à renforcer la politique sage du président Touadéra, qui est une politique de main tendue à tous les fils et filles du pays. Beaucoup de gens y ont adhéré, y compris un certain nombre de groupes armés dans le cadre de la stratégie du DDR qu’il a initié avec le soutien des partenaires internationaux, mais il en reste en dehors et nous ne sommes pas encore parvenus à une paix totale sur l’ensemble du pays, après ces derniers événements et nous voulons en finir avec cette situation. Il y a un besoin de renforcer cette politique.

Et quelle forme pourrait prendre ce nouveau dialogue ?

Je sais qu’il y a beaucoup de gens qui souhaitent ici ou là qu’on revienne à un dialogue inclusif, large, incluant tout le monde. Je ne me prononce pas sur cela. Ce que je sais c’est que l’initiative africaine actuelle est exclusivement limitée aux groupes armés. Mais dans la constellation des groupes armés, il est inclusif. Nous n’entendons pas exclure un quelconque groupe armé.

Des contacts ont eu lieu en Angola ?

Il y a quelques contacts qui ont eu lieu en Angola, il y a des contacts aussi que la mission de l’Union africaine a entamés avec la CEEAC en RCA elle-même et nous les poursuivons.

C’est d’ailleurs l’occasion pour moi de lancer, au nom de l’Union africaine, un appel sincère et pressant à tous les groupes armés pour cesser immédiatement les actes de violence contre les civils, entre eux-mêmes et contre les forces internationales, puisque sans ce cessez-le-feu général nous ne pouvons absolument pas engager un processus de discussion entre le gouvernement et la poursuite de ces actes par un quelconque groupe aujourd’hui – que ce soit à Bria, à Bambari ou à Markonda, etc, etc – et la poursuite de ces actes de violence nous la considérons comme une manière de saboter nos efforts et nous aurons à le dire. Et pour le moment rien ne laisse penser qu’ils vont écouter. Les combats de ces derniers jours sont particulièrement violents.

Je ne partage pas tout à fait votre pessimisme. C’est vrai que les combats ces derniers temps sont violents, c’est pourquoi nous sommes en train d’accélérer le processus pour l’initiative africaine. Donc ce n’est pas une menace, c’est un souhait de faire entendre raison à ceux qui sont engagés. Nous leur offrons aussi une autre alternative. Nous leur offrons l’alternative d’envisager l’avenir dans la paix, la discussion et l’échange avec l’autre.

Est-ce que l’amnistie des chefs comme Nourredine Adan fait partie des questions qui sont sur la table ? Le président Touadéra comme les partenaires refusent de consacrer l’impunité ?

A l’Union africaine nous n’avons pas de tabou. On peut discuter de tout et ce n’est pas impossible. La Centrafrique n’est pas le seul pays qui ait connu des massacres, des guerres, des violations massives des droits de l’Homme et des crimes contre l’humanité. Nous apportons des solutions appropriées qui aménagent le droit, la justice et les impératifs politiques de réconciliation. Mais c’est une décision qui appartient dans ce domaine exclusivement et souverainement aux Centrafricains.

Pourquoi ne pas choisir l’option militaire pour ceux qui refusent la main tendue ? Beaucoup le demandent en Centrafrique.

Oui, parce que l’option militaire - soyons francs - n’est pas praticable pour une série de raisons. Soit l’absence de mandat des forces internationales, soit l’absence de moyens et de volonté. Et donc, il s’impose de régler le problème du pays, d’entreprendre la voie politique qui est la voie africaine par excellence.

Depuis des mois, ce discours est tenu, mais sur le terrain ce sont les combats, les affrontements, les violences...

L’initiative africaine est quelque chose de tout à fait nouveau. Et d’ailleurs c’est pourquoi pour la première fois je m’exprime là-dessus de façon publique. Je pense que maintenant que nous sommes engagés là-dedans et qu’il y a une plus grande compréhension des acteurs internationaux, en particulier des Nations unies, je suis assez optimiste quant au progrès de cette initiative, quant à son aboutissement et quant à son aboutissement dans des délais raisonnables. Maintenant il ne faut pas non plus bousculer les choses pour faire n’importe quoi. Il faut avancer de façon méthodique, cohérente et en s’assurant que tout le monde accompagne le mouvement.

RFI





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