Les questions de l’unité et de l’officialisation des langues nationales, grandes oubliées du projet de réforme constitutionnelle

lundi 21 novembre 2016
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Dans un contexte national marqué par des tensions intercommunautaires jamais égalée, Touche pas à ma nationalité a choisi d’aller au dialogue dit national et inclusif pour y porter sa voix et sa vison pour une Mauritanie apaisée et égalitaire, débarrassée des démons du racisme, de l’esclavage et de l’exclusion.

Convaincus de la nécessité de la refondation du contrat national, notre contribution à ces assises a porté essentiellement sur les voies et moyens d’une cohabitation harmonieuse entre les différentes composantes de notre pays.

C’est d’ailleurs autour de cette question centrale de l’unité nationale, que ce sont focalisés les débats de l’atelier intitulé « renforcement de l’état de droit et justice sociale », débats dont l’une des constantes était l’officialisation des toutes nos langues nationales, gage premier de la reconnaissance de la diversité nationale et symbole d’équité entre nos différentes composantes.

Mais les initiateurs du dialogue, garants du système raciste et esclavagistes, et la plupart des partis de l’opposition, ayant participé ou non au dialogue, qui se reconnaissent dans le système et s’en complaisent ne veulent pas de ces changements. De fait, les conclusions du dialogue retenues dans le projet de loi constitutionnelle approuvé par le conseil des ministres du 03 novembre 2016 ne font aucune référence à ce problème central de l’unité nationale autour duquel se sont pourtant polarisées les interventions. Le consensus sur la nécessité de l’officialisation des langues nationales y a été superbement ignoré.

Touche pas à ma nationalité :
* s’inscrit en faux contre une réforme constitutionnelle qui au lieu de cibler les problèmes de fond tels que la question de la cohabitation pour leur apporter un règlement juste et définitif, s’arrête à des considérations secondaires n’ayant d’autres but que de distraire les Mauritaniens,

* exige l’intégration de l’officialisation de toutes nos langues nationales dans la réforme constitutionnelle en perspective.

La fuite en avant et la politique de l’autruche ne feront qu’accentuer le danger d’implosion qui plane sur notre pays. Si la réforme constitutionnelle envisagée n’intègre aucune disposition relative à la gestion de la cohabitation entre nos différentes composantes, la Mauritanie aura encore raté le train de l’Histoire et le système raciste et esclavagiste incarné aujourd’hui par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz aura encore de beaux jours devant lui.

Nouakchott le 17/11/2016

Pour le Bureau exécutif,

Le Président,

Alassane DIA

TPMN





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