Maroc – Mauritanie Pourquoi Mohamed VI à Nouakchott ?

lundi 23 novembre 2020
par  gonga
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Le Roi Mohamed VI est attendu à Nouakchott ! La nouvelle est tombée vendredi dernier, après une conversation téléphonique avec le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani qui s’est engagé à son tour à lui « rendre la politesse » ! Première du genre depuis l’accession au Pouvoir du souverain marocain en juillet 1999, cette visite fait suite à une nette amélioration des relations entre les deux pays née avec l’avènement Ould Ghazouany. Une embellie dénoncée par le Front Polisario, qui craint de voir la Mauritanie rompre avec sa position de « neutralité dans la question du Sahara occidentale » et qui aurait réagi en conséquence, en occupant ces dernières semaines la zone tampon de Guergeratt.Mohammed VI à Nouakchott !
L’événement est acté depuis vendredi dernier lors d’une conversation téléphonique qu’il a eue avec le président mauritanien. Même si la date de cette visite n’a pas encore été précisée, il reste que l’intention est de taille et constitue un fait inédit dont l’impact dans la sous-région devrait être de taille.

Toute une histoire…
La guerre du Sahara occidental s’est déroulée de 1975 à 1976, opposant le Maroc et la Mauritanie au Front Polisario, sur le territoire du Sahara occidental, suite au retrait de l’Espagne du Sahara espagnol, qu’elle avait convenu de céder au Maroc et à la Mauritanie lors des accords de Madrid.
En 1979, la Mauritanie signe un accord de paix. En 1991 le Maroc lui emboite le pas en paraphant avec le Polisario un accord de cessez-le-feu, préalable à un référendum d’autodétermination, qui n’est toujours pas organisé. Depuis, le Maroc contrôle 80 % du territoire du Sahara occidental, tandis que le Polisario contrôle les 20 % restants, et depuis, la Mauritanie observe une « stricte neutralité » entre les différents acteurs.
En 1984, cette neutralité fut mise à rude épreuve après la décision du président Ould Haïdala qui a consisté à la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique, suivant à l’occasion quelques rares pays africains. Bon an, mal an, la situation dans la sous-région est restée stable malgré quelques escarmouches signalées de temps à autre entre des éléments du Front Polisario et les forces royales marocaines, notamment à Guerguerat.
Se définissant en acteur privilégié du fait de sa position géographique mais aussi du fait de l’histoire politique de la sous-région, la Mauritanie a continué à garder ses distances vis-à-vis des belligérants. De temps en temps, elle a usé de son poids pour peser sur la balance, entrainant la sympathie ou l’apathie dans un camp ou dans l’autre. Ce fut notamment le cas de Ould Abdel Aziz, qui pendant ses onze années passées au Pouvoir, a souvent usé de son « pouvoir » pour s’attacher les « services » soit du Royaume, soit du Front Polisario, le cas échéant de l’Algérie considérée comme l’Etat protecteur du Front Polisario.
Avec l’avènement de Ould Ghazouany, la Mauritanie serait revenue à sa position initiale. C’est en tout cas ce qui a été annoncé d’emblée par le tout nouveau chef de l’Etat qui en juin dernier avait précisé que la position de son gouvernement sur ce dossier « n’a pas changé et ne changera pas, car c’est l’un des principes de la politique étrangère du pays, quels que soient le dirigeant ou l’évolution du dossier ».

Rapprochement
Depuis son investiture, le 2 août 2019, le président Ould Ghazouany a opéré un rapprochement avec le Maroc, tout en tendant la main à l’Algérie. A l’occasion de l’élection du tout nouveau président de l’Algérie au mois d’avril dernier, il a envoyé un message de félicitation à son homologue Abdelmajid Tebboune, réaffirmant sa « détermination à travailler, eu égard au liens fraternels, pour le renforcement des liens solides de coopération entre nos deux pays frères dans leur intérêt mutuel et pour l’aspiration des peuples de la sous-région maghrébine à plus d’intégration, de complémentarité et de prospérité ».
En même, les visites d’émissaires sahraouis se sont poursuivies sanctionnées par une audience accordée au Palais présidentielle au ministre des Affaires étrangères du Polisario, Mohamed Salem Ould Salik, officiellement porteur d’un message de Brahim Ghali. Le 5 avril, le président envoie une délégation composée de militaires et de civils présenter les « condoléances de la Mauritanie » au Polisario suite au décès de M’Hamed Khaddad dans la localité d’Agounit que le Front considère comme « un territoire libéré ».
Face au Maroc, le président de la République n’a cessé de multiplier les initiatives pour mettre fin aux relations « discrètes et floues » entretenues -voulues- par son prédécesseur auprès de ce pays. Lors d’un dîner de presse organisé en mars dernier, il est revenu sur la position de la Mauritanie dans la question du Sahara dans des termes que certains observateurs ont jugé en faveur du Maroc : « sur ce dossier, comme sur beaucoup d’autres relevant de la politique étrangère, la position de la Mauritanie est restée constante. La Mauritanie a reconnu la ‘RASD’, ou la reconnaît, rien n’a changé ». Par ce double usage (en hassania) du verbe « reconnaître », Ghazouani a indirectement laissé comprendre, à qui voudrait analyser finement son discours, qu’il faut « reconnaître que cette reconnaissance » est un lourd boulet que traîne le pays depuis des décennies et dont il n’arrive pas à s’en débarrasser pour des raisons sécuritaires liées à un certain « mauvais voisinage ». Allant plus loin, il avait déclaré que « la neutralité positive adoptée par la Mauritanie ne plaît pas à tout le monde, à tel point que nous sommes en train de chercher, avec notre ministère des Affaires étrangères, un autre concept qui pourra mieux faire comprendre à nos frères que nous sommes à équidistance entre eux dans le dossier du Sahara ». Ghazouani a même proposé de remplacer la « neutralité » par « l’impartialité positive ». Avec ce jeu de mots, il est clair que cette réponse est également adressée à Alger et au Polisario, dont les médias n’ont jamais cessé de lui reprocher d’être très proche du Maroc, contrairement à son prédécesseur.
En fait, si le président Ould Ghazouany semblait s’emballer en faveur du Maroc, c’est qu’outre les raisons politiques, il a fini par mesurer le poids économique en jeu, constatant que les blocages répétés du passage d’El Guerguerate par des membres du Polisario menaçaient sa sécurité alimentaire et la viabilité de son accord de pêche avec l’Union européenne. On se rappelle que début août 2019 et sous la pression de l’UE, une délégation mauritanienne s’était ainsi rendue à Dakhla pour aborder avec les Marocains le problème des blocages du corridor. El Guerguerate constitue la principale source d’approvisionnement pour les commerçants mauritaniens en fruits et légumes, d’autant que le poste frontalier Zouerate-Tindouf, inauguré en septembre 2018 en grande pompe, peine à décoller.
En parallèle, si le Maroc est si engagé au renforcement de ses relations avec la Mauritanie, c’est bien parce qu’il comprend, entre autres raisons, l’importance géographique de ce pays traversé par la transsaharienne qui constitue un « pont de première importance des produits marocains vers l’Afrique subsaharienne ».

Périples du Roi
Depuis son accession au Pouvoir, le Roi Mohamed VI organise annuellement des visites en Afrique, survolant chaque fois la Mauritanie. Désormais, le pays ferait partie de l’agenda du Roi. Le Maroc ayant besoin d’un espace économique dans lequel il peut évoluer tranquillement, et étouffé du fait d’un environnement géographique fermé et hostile, a vite compris qu’il lui fallait trouver des couloirs de respiration vers l’Afrique subsaharienne, lesquels passent nécessairement par la Mauritanie.
Au demeurant, en se rendant à Nouakchott, le Roi Mohamed VI rompt avec la politique régionale de son père Hassan II ou plutôt -ses « revendications territoriales lequeli, face au colonisateur français, a longtemps réclamé la souveraineté marocaine sur la Mauritanie.
JOB.





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