Mohamed Cheikh El Ghazouany Homme de poigne ou homme de paille ?

samedi 9 mai 2020
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Le mouvement de mutation des fonctionnaires de l’administration territoriale de jeudi dernier - considéré comme le plus grand du genre dans l’histoire du pays- a remis à jour la question de la personnalité réelle du président de la République ! Appelé à trancher dans le bras de fer qui a opposé son Premier ministre et son ministre de l’Intérieur dans la finalisation dudit mouvement, le président de la République a, in fine, joué à l’apaisement, coupant la poire en deux et évitant surtout de faire de mécontent.

Timide ? Effacé ? Inconsistant ?... Intransigeant ? Attentif ? Dur à cuire ?… Ces qualificatifs que les Mauritaniens ont diversement et tour à tour attribués à chacun des chefs d’État qui se sont succédés à la tête du pays, se retrouveraient, peu ou prou, chez le nouveau locataire de la présidence de la République. Lequel se présente comme une personnalité énigmatique et mystérieuse, au caractère confus et insaisissable.
De Moctar Ould Daddah, Ould Ghazouany tient son côté maraboutique ; celui d’un homme tolérant et discret qui ne « veut faire du mal à personne ». C’est ce qui explique ses rares sorties publiques mais aussi, la stabilité de son équipe, malgré des dérives notoires de certains ministres. C’est aussi ce qui explique le maintien à leurs postes de responsabilité, de l’ensemble des hauts cadres des Départements ministériels et la quasi-totalité des membres du cabinet présidentiel qui avaient été désignés par son prédécesseur.
Comme le « père de la Nation », Ould Ghazouany se veut homme effacé, qui s’interdit toute immixtion dans la mission de ses ministres. Sa disponibilité, sa courtoisie et sa capacité d’écoute, sont pour nombre de citoyens, des handicaps, sinon une faiblesse, pour une fonction présidentielle qui exige aux yeux d’une large population, intransigeance, impartialité et implacabilité.
De Ould Taya, il tient le côté de la fermeté militaire : pendant les dix ans de pouvoir de son prédécesseur, Ould Ghazouany a géré d’une main de fer, les affaires des forces armées et de sécurité, étouffant dans l’œuf et dans la discrétion, toute tentative de velléité, et imposant une discipline de fer dans les rangs des officiers. Au même moment, sa force de caractère et sa connaissance du métier des armées, auront eu raison des groupes terroristes qui écument la sous région. Pour cela, il est considéré comme un « dur à cuire » qui ne laisse pas à ses adversaires, le temps de ses soustraire pendant les duels.
De Sidioca, il tient le côté consensuel et rassembleur. Les discussions qu’il a engagées avec l’ensemble des hommes politiques ont amené les observateurs à se demander si aujourd’hui, il existe sur la scène publique, de vrais partis de l’opposition, tellement le climat est à la concorde ! L’homme qui prône l’apaisement, a toujours refusé la confrontation directe, à moins qu’on ne l’y entraîne. Discret et parlant peu, on se rappelle qu’il a longtemps observé son prédécesseur -de retour au pays après son premier voyage post présidentiel- agir comme s’il était encore au Pouvoir. Sa réaction, certes tardive, fut des plus vives avec une vigoureuse reprise en main de l’UPR et surtout, l’entame d’un campagne annonçant la « fin de la récréation » consacrant l’idée que le « Pouvoir, c’était lui et lui seul ».
De Ely Ould Mohamed Vall, il tient le côté du militaire, restaurateur de la démocratie. Quand au lendemain de son élection en juin 2019, les observateurs portaient des jugements à son sujet évoquant le bicéphalisme interchangeable Poutine-Medvedev, voire un simple intérimaire, il ne tarda pas à les mettre au pas démontrant à qui voulait l’entendre, que ce n’était pas une parodie, qu’il est le seul et véritable patron du pays, que le changement de régime était effectif et que la voie de la démocratie était inéluctable ouverte pour le pays.
De Ould Abdel Aziz, il tient cette volonté de jouer pleinement haut et fort, la mission qui lui est confiée. Pendant les dix dernières années, il resta le maitre incontesté des forces armées et de sécurité nationale. Aujourd’hui, qu’il est président de la République, il montre clairement qu’il n’accepte pas d’être sous tutelle. La commémoration de la fête nationale du 28 novembre 2019 a été l’événement symptomatique de cette rupture. Comme de nombreux observateurs, l’ancien président s’est lourdement trompé sur la personnalité de son ancien ministre de la Défense. Mohamed Ghazouani, loyal durant cette décennie, n’aurait pas compris que l’on ne puisse ne pas l’être avec un chef d’État élu démocratiquement.
Tergiversations
Au demeurant, si la question de la personnalité du président de la République se pose aujourd’hui avec acuité, c’est que les Mauritaniens ne sont pas habitués à sa manière de faire et sa façon de voir les choses.
Les dix ans de Ould Abdel Aziz ont bien marqué l’opinion avec un Pouvoir central impulsif, omniprésent se dressant au début et à la fin de tout ce qui se passe dans le pays. Pour cette implacabilité et sa force de caractère, Ould Abdel Aziz est comparé à Ould Taya, et Ould Haidalla.
Par son flegme, son détachement et sa sérénité, Ould Ghazouny rejoint le cercle des chefs d’État qualifiés d’apathiques tels Sidioca et dans une moindre mesure, Ely Mohamed Vall, des hommes victimes de leur impassibilité, et finalement considérés comme des « hommes de paille ».

MOM





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