Nouveau gouvernement L’art de bâtir du neuf sur du vieux

jeudi 13 août 2020
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La liste des membres du nouveau gouvernement est tombée en fin d’après-midi du dimanche. Comme attendu, tous les ministres cités dans le Rapport de la Commission d’enquête Parlementaire ont été remerciés prenant à l’occasion le pas du Premier ministre sortant cité lui aussi dans ledit Rapport. Sur les 23 ministres du gouvernement, 9 s’en ont allés en plus du ministre secrétaire général du gouvernement qui a pris la porte quelques heures auparavant. Le président Ould Ghazouany semble avoir retrouvé quelques-unes de ses marques pour avoir conservé l’essentiel de ses ministres qui devront intégrer les arrivants dont le moins que l’on puisse dire qu’ils ne sont pas des inconnus de la scène publique. 14 ministres qui conservent leurs fonctions, 9 qui s’en vont, remplacés par des hommes et des femmes réputés proches du président de la République. Tel est le nouvel attelage du nouveau gouvernement, qui, à la surprise générale, n’a pas été ouvert aux partis de l’opposition. Le premier enseignement porte sur la volonté présidentielle « d’assainir » son équipe qui ne compte plus aucune personnalité citée dans le Rapport de la Commission d’enquête Parlementaire. La seconde relève de sa volonté d’engager des réformes susceptibles d’aider d’une part, le pays à faire face à la pandémie du coronavirus et de ses conséquences sur le quotidien des populations et d’autre part, de revisiter les secteurs essentiels du développement tels l’éducation, la santé et le monde rural.
Trois des ministres qui ont pris la porte devraient avoir affaire à la justice dans les jours qui viennent, le rapport de la Commission d’enquête ayant été déposé auprès du Procureur de la République. Il s’agit du ministre secrétaire général Ould Bechir, de celui du Pétrole, des Mines et de l’Energie, Mohamed Ould Abdel Vetah, ministre du Pétrole, des Mines et de l’Energie, de Niang Djibril.
Trois ministres ont vu leur aura et leur influence renforcées, il s’agit de celui l’Intérieur Mohamed Salem Ould Merzoug et de celui des Affaire étrangères, Ismael Ould Cheikh Ahmed. De sources dignes de foi, les deux hommes auraient été consultés dans le choix de certains ministres, mieux, ils auraient même proposé des profils lors de la formation du gouvernement. Cette nouvelle donne les porte au-devant de la scène, puisque les consacrant comme des Premiers-ministres-Bis. Le président de la République pourrait avoir la tâche ardue quand il faudra gérer entre les deux hommes et son nouveau Premier ministre, connu pour ne jamais céder une portion de ses responsabilités. Autre ministre dont le poids est renforcé, celui de la Santé, Dr Nedhirou. Pressenti un moment comme Premier ministre, le technicien a vu son aura grandir avec sa gestion du covid-19. Désormais, il est doté de tous les moyens pour mener sa mission à terme.

Econduits
Outre la confiance renouvelée auprès de certains ministres reconduits, le président de la République a mis un terme à la mission de quelques-uns de ses anciens collaborateurs, soit pour inconvenance, soit pour insuffisance. Parmi ceux-là le ministre de la Justice Haïmoud Ould Ramdan. A l’entame d’immenses espoirs avaient été fondés sur ce jeune juriste, professeur en droit et un des doyens du ministère de la Justice. A l’arrivée, la déception. Ould Ramdan n’était pas fait pour diriger un Département, mais plutôt, pour éplucher les dossiers en sa qualité de technicien. Très tôt, le jeune ministre avait flanché pour son incapacité à gérer ses relations avec le pole des maghistrats. C’était lors de son premier haut conseil de la Magistrature au terme duquel aucun magistrat n’avait quitté sa fonction. Une première dans le pays.
Autre départ, celui du Dr Sidi Mohamed Ould Ghaber, ministre de la Culture, de l’Artisanat et des Relations avec le parlement remplacé par Lemrabott Ould Bennahi. Le « Pharmacien » comme on l’appelle, ne s’est jamais retrouvé dans son Département. Ayant d’emblée demandé à être dessaisi de ses fonctions de porte-parole du gouvernement, c’est lui qui envenimera la tension dans le milieu des médias dont il avait à charge. Autre départ, celui de Nany Ould Chrougha, ministre des Pêches et de l’Economie maritime remplacé par Abdel Aziz Ould Dahi. Nani ferait les frais des professionnels de la pêche qui n’ont jamais digéré se retour à la fonction au terme de la première formation du gouvernement. L’homme est accusé à tort ou à raison, d’avoir « escamoté » le secteur qu’il aurait laissé sans bases réelles.
Arrivées.
Parmi les arrivées, il faut noter entre autres, celle opérée au Ministère de la Justice désormais dirigé par Mohamed Mahmoud Ould Biya (ancien ministre au temps de Ould Taya et ancien ambassadeur), celui de l’Economie, de l’Industrie confié à Kane Ousmane (ancien ministre dans le gouvernement de Zeine Ould Zeidane et cadre au FMI), celui du Pétrole, de l’Energie et des Mines aux mains de Abdou Salam Mohamed Saleh (ancien Commissaire à la Sécurité Alimentaire au temps de Ould Taya), celui des Affaires sociales, géré dorénavant par Naha Mint Cheikh Sidiya (Diplomate), celui de la Culture confié à Lemrabott Ould Bennahy (monstre de Sidioca et ancien directeur de l’Ener) qui devra assurer la fonction de porte parole du gouvernement, celui du secrétariat général du gouvernement aux mains de Ahmed Tijany thiam et celle de Ainina Ould Eyih, ancien ministre et ancien chef d’Etat major de la garde nationale, reconverti ses dernières années dans le monde du business.

Inactivité
A la décharge des ministres démissionnaires, la situation nationale, marquée par la crise de leadership politique entre le président sortant et son dauphin, la mise en place de la Commission d’enquête parlementaire chargée d’apporter la lumière sur des dossiers de gestion des deniers publics des dix années précédentes et enfin le coronavirus. Considérée comme un « gouvernement de campagne », puisque constituée à partir du degré d’engagement des uns et des autres dans la dernière présidentielle, l’équipe du Premier ministre démissionnaire Ould Bedde, n’a finalement pas eu le temps à la tâche. Le dossier de la Commission d’enquête parlementaire désormais entre les mains de la justice, donc circonscrit de la scène politico-sociale, le temps est venu au gouvernement de prendre à bras le corps leurs problèmes..
Vient ensuite l’urgence des réformes : réforme du secteur de la santé avec une réhabilitation du personnel de santé et davantage de moyens aux soignants, réforme du secteur de l’éducation, voué aux gémonies depuis les années 70 pour avoir formé des générations de cancres, réforme du cadre socio-professionnel avec la nécessité de reconsidérer le travailleur, mais aussi, celle des retraités, réforme de l’appareil judiciaire et reconsidération du principe des droits et des libertés individuelles et collectives pour l’édification d’un véritable Etat de droit… L’autre urgence réside dans la double nécessité d’initier une politique économique à même d’éradiquer la pauvreté et les effets des sécheresses, et de mettre en place de nouvelles règles de gestion des deniers publics à-même de bannir la corruption et le détournement des deniers publics.
Le temps est venu aujourd’hui d’être pragmatique et d’agir. Le temps n’est plus aux promesses mais aux acquis. Partant, le président Ould Ghazouany devra s’entourer d’hommes d’action capables de rompre avec le mode de gestion néopatrimonial en vigueur. Le processus initié par l’enquête de la Commission parlementaire est encourageant. Il vient mettre en garde tous ceux-là qui auront à charge la gestion des biens publics, leur rappelant que « désormais nul n’est au-dessus de la loi »
Les pratiques de clientélisme et de patronage, les habitudes de concussion et de dilapidation des ressources publiques doivent cesser, immédiatement. Le temps ést venu d’instaurer un environnement favorable à la lutte contre la mal gouvernance et la corruption.

Les départs
Haïmoud Ould Ramdane, ministre de la Justice remplacé par Mohamed Mahmoud Ould Cheikh Abdoullah Ould Boya
Ckeikh El Kebir Ould Moulay Taher, ministre de l’Economie et de l’Industrie remplacé par par un ministre aux missions renforcées et qui devient Ministre de l’Économie, de l’Industrie et de la Promotion des secteurs productifs, M. Ousmane Mamoudou Kane
- Adama Sonko, ministre de l’Enseignement fondamental et de la Réforme de l’éducation nationale et Mohamed Malaînine Ould Eyih, ministre de l’Enseignement secondaire et de la Formation technique et professionnelle. Un nouveau ministèe a été créé appelé Ministère de l’Éducation nationale, de la Réforme, de la Formation technique et de la Réforme, Aïnina Ould Eyih
- Mohamed Ould Abdel Vetah, ministre du Pétrole, des Mines et de l’Energie remplacé par Abdessalem Ould Mohamed Saleh, ancien Csa au temps de Ould Taya
- Nany Ould Chrougha, ministre des Pêches et de l’Economie maritime remplacé par Abdel Aziz Ould Dahi qui quitte la BCM.
- Mahmoud Sid’Ahmed, ministre du Commerce et du Tourisme remplacé par Mme, Naha Mint Hamdy Ould Mouknass, présidente de l’UDP et qui reprend un ministère où elle avait séjourné au temps de Ould Abdel Aziz. Elle laisse son ministère, celui de l’Hydraulique et de l’Assainissement à Sidi Ahmed Ould Ahmed, ancien ministre au temps de Ould Taya.
- Dr. Sidi Mohamed Ould Ghaber, ministre de la Culture, de l’Artisanat et des Relations avec le parlement, porte-parole du gouvernement remplacé, Lemrabott Ould Bennahi, ancien ministre au temps de Ould Taya et ancien directeur de l’Ener
Dr. Neina Kane, ministre des Affaires sociales, de l’Enfance et de la Famille remplacée par Naha Mint Haroune Ould Cheikh Sidiya, diplomate.

Oumar El Moctar





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