Référendum du 5 août : L’heure des comptes pour Aziz !

lundi 14 août 2017
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Une mobilisation boiteuse, des résultats tirés par les cheveux et contestables, l’entrée sous le régime de la troisième République aura au moins permis au président Mohamed Abdelaziz de prendre la mesure du désaveu de son projet.

Le président Mohamed Ould Abdelaziz s’en doutait. Face au boycott de l’opposition, l’enjeu de la participation était le plus important dans cette nouvelle consultation. La polémique engendrée par ce projet boosté par le forcing personnel du président a crée un énorme cafouillage parfois l’indécision totale parmi l’opinion publique déjà partagée.

Dès l’entame de la campagne lors du meeting de Mellah où il lance un appel sans ambages à toute l’administration de s’impliquer à la réussite du référendum et son corollaire pour lui, une victoire « franche » du Oui, Mohamed Ould Abdelaziz initiait un précédent dans l’expérience démocratique du pays.

Jamais au plus profond de la dictature de Taya, la neutralité de l’Administration n’avait été officiellement remise en cause. Il pensait ainsi mettre tous les garde-fous pour obtenir un tel résultat en dépit de l’activisme de l’opposition contre son projet référendaire. Pour ce faire, il a battu campagne dans tout le pays. Tout comme il a confié les commandes de la mobilisation des électeurs à ses hommes de « confiance ».

Entre son gouvernement et les partis de la Majorité, le président Aziz a tenté de multiplier les voies des urnes. Mais au bout du compte et avant le jour « j », le président Aziz de retour de l’intérieur se rendra à l’évidence que la campagne menée à Nouakchott ne mobilisait pas les populations. Il décida même de prendre les choses en main pour rameuter les soutiens de tous ordres pour sortir la capitale de sa léthargie électorale.

Un aveu d’échec pour son jeune ministre, Ould Diaje, sans expérience et beaucoup plus focalisé sur des questions accessoires eu égard à l’enjeu du vote lui-même. Il faut croire qu’après sa tournée dans la ville de Nouakchott, le président Mohamed Abdelaziz était désabusé par le discours de la campagne « tous sont avec vous Monsieur le président » que lui prodiguait jovialement ses collaborateurs.

Dans la réalité et comme pour les régimes précédents, l’objectif n’était pas tant gagner la main levée mais bien plus créer l’atmosphère d’une élection maquillée « acceptable » aux yeux de l’opinion publique nationale et internationale pour la bonne crédibilité de l’opération du scrutin. Mais même là le référendum s’est révélé un grand fiasco politique documenté où le bourrage des urnes et de l’achat de conscience se font à ciel ouvert. Les résultats obtenus de piètre facture politique et morale http://mauriweb.info/node/3690).

Les erreurs innombrables de la Ceni dans le décompte des voix ont encore aggravé ce sentiment de triche officielle (http://mauriweb.info/node/3692). De telle sorte que l’on se demande aujourd’hui, si en plus de ses adversaires politiques connus, le régime du président Mohamed Abdelaziz n’est pas saboté de l’intérieur par beaucoup de segments qui n’y croient plus. Des soutiens qui insidieusement sont entrain de le lâcher. Une nuance cependant. La démobilisation des électeurs notamment via les partis pourrait aussi s’expliquer par le financement dérisoire de la campagne en faveur du « oui » par la direction de campagne donnant des miettes (1500000 Um) pour deux semaines de campagne et pas un seul rotin à la veille du scrutin pour « transporter » les populations.

Le meeting de clôture, renfloué d’hommes de troupes des corps constitués, d’agents de sécurité privés et de fonctionnaires pris par la bride de la bourse, et une parfaite mise en scène, pouvait laisser croire que la capitale symbole politique était tombée dans l’escarcelle du président. Le mirage a été de courte durée. Le scrutin un désastre. Pas l’ombre d’un chat devant les bureaux de vote aux premières heures de la journée du 5 août. Même dans l’après-midi l’affluence n’avait pas connu meilleure estimation.

En somme, une débâcle électorale incontournable se dessinait. Les responsables de la campagne du camp présidentiel étaient désemparés. Seule issue : « la planche à voix ». Mais dans la précipitation à corriger les « déséquilibres », la machine de fraude laissera beaucoup de traces qui encore restent désobligeantes pour le régime lui-même. Une mascarade que le président n’a pas encore officiellement assumée se contentant de se féliciter des résultats lors d’une conférence improvisée à la fédération mauritanienne de football.

Toute la symbolique est là. La fête n’est pas donc de mise et même si l’on n’en attend pas beaucoup de choses, le conseil constitutionnel n’a pas encore reconnu ces résultats gênants. En plus du harcèlement qui se poursuit contre l’opposition, Mohamed Ould Abdelaziz doit certainement « trancher » des têtes dans son camp. Tout n’est plus qu’une question de temps pour lui. Pour une fois le changement pourrait se révéler profond.

A la fin de son second et dernier mandat, Mohamed Ould Abdelaziz se rend enfin compte que s’il cherchait à marquer l’histoire démocratique du pays en adoptant des réformes constitutionnelles, quoique contestées, il risque d’en sortir par la petite porte du fait de l’ampleur de la fraude et de sa banalisation.

J.D

Mauriweb





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