Sénégal Mauritanie Attention au feu !

mercredi 11 octobre 2017
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Une tension fortement perceptible couvre ces dernières semaines les relations entre le Sénégal et la Mauritanie, au grand dam des populations des deux pays. D’un côté comme de l’autre, le pire serait de vivre le remake des événements dits de « 89 » dont les conséquences sont encore ressenties aujourd’hui
Entre le Sénégal et la Mauritanie, rien ne va plus ! La tension est si perceptible que certains pyromanes ont craint le pire, ces derniers jours après les échanges peu discourtois entre les Agences de presse publique des deux pays. C’est d’ailleurs ce qui explique les raisons de la venue à Nouakchott, dans le courant de la présente semaine, du tout nouveau ministre sénégalais des Affaires étrangères, Sidiki Kaba. En fait la tension entre les deux Etats ne date pas d’’ajourd’hui. Elle a pris forme depuis la dernière présidentielle sénégalaise en 2012 après que la Mauritanie ait pris fait et cause pour le candidat Abdoulaye Wade, finalement vaincu. Ayant très peu apprécié cette attitude, le tout nouveau président Macky Sall décida de prendre ses distances par rapport à son voisin du nord. Surtout parce qu’en face de lui, se dressait un farouche opposant, Karim Wade, fils du président sortant, d’avance assuré du soutien de Nouakchott.
La carte « Wade » ayant été supprimée par le président Macky qui avait réussi à mettre Karim hors d’état de nuire, la Mauritanie continuait à peser face à l’Etat sénégalais. C’était par la force d’influence qu’elle exerçait sur la Gambie qui abritait les rebelles casamançais et qui constituait de fait, une sérieuse menace pour la paix au Sénégal. Dans la foulée, les deux gouvernements ne parvenaient pas à se mettre d’accord dans la gestion d’normes gisements de gaz voire de pétrole découverts dans leurs frontières communes maritimes. Mais plus grave, en 2017, la présidentielle gambienne viendra envenimer encore plus ; les relations entre la Mauritanie et le Sénégal après que la Mauritanie ait finalement été écartée par son voisin sénégalais, du processus de la crise électorale qui secouait la Gambie. Le président Ould Abdel Aziz considérant que tout avait été fait pour supprimer son influence sur la Gambie, dépêcha alors d’urgence son avion pour recevoir à Nouakchott, le président de Guinée Bissau. Dakar n’avait pas apprécié. Les ponts étaient coupés entre la Gambie et la Mauritanie qui convoqua son ambassadeur à Nouakchott. Au même moment, le Sénégal avait le privilège de recevoir en premier le nouveau président gambien -qui du reste n’a jamais posé pied à Nouakchott-.Autre temps, autre époque !
Entre les deux pays, les relations sont ainsi restées froides et les visites de ministres dans un pays comme dans l’autre, limitées au strict minimum, voire circonscrites à des missions de travail d’importance première. Ce fut quand il s’est agi de discuter de découvertes de gaz dans les frontières maritimes communes, du problème des licences de pêches au profit des pêcheurs sénégalais ou de l’exportation de bétail vers le Sénégal, à la veille de chaque fête de Tabasky. Contrairement à la tradition établie par leurs aînés, les deux chefs d’Etat ne se rencontraient que dans des sommets internationaux. Et pas systématiquement.
En janvier 2017, la Mauritanie décida de revoir sa politique de pêche, limitant ainsi l’activité des pêcheurs sénégalais en Mauritanie. En réaction, le gouvernement sénégalais invita ses ressortissants à rejoindre le pays. Mal expliquées, ces deux décisions créèrent le flou au sein des populations qui craignaient le pire. Près de 30.000 sénégalais devaient reprendre le chemin du retour avant d’être indemnisés par leur Etat.
En mai 2017, la Mauritanie verra dans le refus de la CEDEAO d’accéder à sa demande de partenariat, la main sénégalaise. Elle va vigoureusement réagir en bloquant les études de faisabilité de gestion commune des gisements miniers en haute mer.
Au niveau du tronçon routier entre la Mauritanie et le Sénégal, les voyageurs de chaque pays vivaient le pire dès qu’ils posaient le pied sur la frontière d’en face. C’était « la réciprocité dans le traitement inamicale, ou plutôt les enchères » soutenaient lesdits voyageurs.
Depuis septembre dernier, la tension est davantage montée au niveau des deux Etats. Tout a commencé avec le refus de la Mauritanie d’accréditer des acteurs de la société civile venus à Nouakchott dans le cadre d’une visite de travail portant sur la question de l’esclavage. Refoulés à partir de l’aéroport Oum Tounsi, les Américains qui ont atterri en France, vont se retrouver à Dakar pour organiser des rencontres avec nombre de leurs interlocuteurs mauritaniens. Dans la foulée, des ONGs, des droits de l’homme sénégalais et étrangers vont se saisir de la question de l’esclavage pour mettre les Autorités mauritaniennes au banc des accusés. Nouakchott n’appréciera point. Une folle campagne médiatique contre « la Mauritanie « esclavagiste » sera entretenue qui défrayera la chronique dans l’ensemble des pays des droits de l’homme. En début de semaine dernière, l’Agence de presse sénégalaise va prendre le relais, publiant une dépêche où elle fait part du communiqué des dites Ongs. Nouakchott réagit en publiant par le biais de l’Agence mauritanienne d’information, un éditorial des plus acerbes contre les Autorités sénégalaises. Sans doute pour apaiser cette situation, le gouvernement sénégalais réagit en interdisant la tenue sur son sol d’une conférence prévue par des acteurs de la société civile, et autres défenseurs des droits de l’homme, qui devait porter sur la question de l’esclavage en Mauritanie.
Depuis, les relations entre les deux gouvernements sont restées en l’état. Un silence lourd et révélateur de la complexité des relations entre les deux chefs d’Etat s’installe. Sur la route reliant les deux capitales, le calvaire des voyageurs a pris des allures alarmantes avec des éléments des forces de l’ordre (police, gendarmerie et douanes) qui rivalisent d’ardeur dans le mauvais traitement des citoyens issu d’un ou de l’autre pays. Tacitement encouragés par leur Autorité, ces agents relèvent chaque jour un peu plus, le niveau de leur xénophobie. Et c’est certainement pour mettre un terme à cette situation que le tout nouveau ministre des Affaires étrangères du Sénégal, accorde sa première visite à l’étranger, à la Mauritanie. Ce sera dans le courant de la présente semaine. De sources informées, on parle d’une rencontre au sommet entre les deux chefs d’Etat. Il s’agit de trouver dans les plus brefs délais, un terrain d’entente, pour l’intérêt des deux pays, celui des populations et la stabilité de la sous région.
JOB





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