Vie politique Une Troisième République pour la Mauritanie !

vendredi 3 novembre 2017
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Le Pouvoir s’emploie depuis quelques jours à la mise en place d’un cadre constitutionnel devant consacrer une Troisième République dans le pays ! Le président de la République et le Premier ministre ne se donnent en effet plus de repos pour dresser au plus tôt, le cadre institutionnel d’un régime politique nouveau.

La Mauritanie va connaitre sa troisième République, bâtie sur les cendres du Sénat. Le président et le chef du gouvernement s’y attèlent de plein pied. Le chef de l’État vient en effet d’instruire son Premier ministre de lui préparer, dans l’urgence, les contours d’une Troisième République ! C’est ce que nous avons appris de sources dignes de foi, qui indiquent en substance qu’il s’agit d’un régime nouveau, qui devrait voir jour, après des élections portant sur une nouvelle constitution, en août 2018. Il s’agira d’opérer comme au Rwanda qui a pu faire passer ses nouveaux textes, sous le regard impassible de la communauté internationale, de plus en plus adhérente au principe sacro-saint de « non ingérence dans les affaires intérieurs d’un Etat tiers »
Mettant à profit la dernière consultation référendaire qui a permis, d’une part, de supprimer le Sénat, de changer l’hymne national et le drapeau national puis d’autre part d’institutionnaliser les conseils régionaux, le chef de l’État a décidé d’apporter des changements dans le texte constitutionnel. Ainsi, les populations devraient donner leur accord pour un projet de constitution dont les principaux contours portent sur l’élection au suffrage universel d’un président de la République, pour un mandat de 5 ans, renouvelable 3 fois, avec possibilité de candidature à la présidence de tout citoyen mauritanien âgé au moins de 40 ans et au plus de 75.
La Troisième République serait marquée par une série de réformes sociales qui militent en faveur de la mise en place d’un État de droit et d’un meilleur traitement en faveur des populations consacrant le droit au travail, à la protection sociale, à l’enseignement, à la dignité de la personne humaine, mais aussi et surtout aux libertés fondamentales et aux droits de l’homme. Clin d’œil aux partenaires étrangers et à l’occident ? Certainement…, même si le président sait qu’en amenant le peuple à lui accorder ses suffrages, le soutien de ceux-ci est garanti.
Le texte de projet de la Troisième République serait entre les seules mains du président de la République et son Premier ministre Ould Hademine. Il sera érigé avec de nouvelles forces vives de la Nation, notamment une classe politique nouvelle majoritairement composée de jeunes mauritaniens qui devraient être aptes à lutter contre toutes les forces sociales tels le tribalisme, le communautarisme le régionalisme et qui n’appartiendraient à aucun courant nationaliste et dont la seule référence restera la Patrie mauritanienne !

Positionnement
Finalement, Mohamed Ould Abdel Aziz a trouvé la parade à 2019 ! En effet, avec la Troisième République qui devrait organiser sa première présidentielle en décembre 2018- quatre mois après l’élection sur la nouvelle constitution- le chef de l’Etat dispose bien d’un outil qui lui permet de conserver encore le pouvoir, après 2019. Jusque-là, l’homme ne savait pas quelles dispositions prendre pour rester au pouvoir au terme de son dernier mandat. D’abord, il fut question d’une présidentielle à la Poutine – Medvedev. Mais se sachant d’avance mal à l’aise comme Premier ministre, il a vite fait d’abandonner cette option. Puis, l’idée lui vint de coopter un candidat, qui lui passerait le relais à terme. Une fois encore, le doute vint l’en dissuader. La confiance n’y était pas. Par la suite, les scénarii seraient nombreux : la cooptation du général Ould Ghazouany (à la retraite en 2019), celle du colonel à la retraite Cheikh Ould Baya, de Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine, ancien président de l’UPR, et celles des deux hommes qui lui ont servi de Premier ministre… In fine, Ould abdel Aziz a décidé de conserver pour lui-même, le pouvoir.
Ainsi, comme l’avaient prévu nombre d’analystes politiques, le président Mohamed Ould Abdel Aziz n’attendra pas 2019 pour se prononcer sur la suite à donner à sa présence aux plus hautes fonctions de l’Etat ! « Qui veut voyager loin ménage sa monture ». C’est dès à présent que la bataille commence. Une bataille politique face à l’opposition et à la société civile.

JOB





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