
L’opinion publique mauritanienne avait les yeux et les oreilles rivées ce jeudi 22 janvier 2026 sur la Déclaration de Politique Générale du Gouvernement (DPG) déclamée par le Premier Ministre Moctar Ould Diay au Parlement. Pendant que le PM déclamait en chiffres et en faits les réalisations de son équipe durant l’année 2025, une grande partie de l’opinion se demandait de quel pays il parlait tellement à leurs yeux, ces réalisations semblent avoir été effectuées dans une autre planète qu’en Mauritanie.
Retour sur les grandes lignes de la DPG
Sur le plan de la politique gouvernementale en matière de l’Etat de droit et de la gouvernance, Ould Diay a affirmé que « le développement durable est indissociable de l’Etat de droit, de la justice et de la bonne gouvernance ». Il a insisté dans ce cadre des efforts que son équipe a déployé pour moderniser l’administration, renforcer la transparence dans la gestion des fonds publics, tout en consolidant la confiance entre les citoyens et l’Etat.
Selon lui, la modernisation de l’administration avait pour objectif l’efficacité de l’action publique afin qu’elle soit plus accessible et plus équitable pour les administrés. Il a évoqué dans ce cadre la digitalisation accélérée des services publics, ce qui a permis de rationnaliser d’après lui les procédures administratives avec un accent particulier sur la responsabilisation des acteurs publics.
Des chantiers réalisés en grande partie
Moctar Ould Diay a déclaré que les chantiers non réalisés représentent 8% des objectifs contre plus de 90% de projets achevés et d’autres à mi-chemin. Ce serait là, d’après lui, les meilleurs indicateurs de la performance du gouvernement, traduisant la volonté politique réelle de traduire les plans de projection en réalisations concrètes.
Dans ce panier, les infrastructures viennent en tête, avec un bilan routier considéré comme satisfaisant, les tronçons déjà achevés et ceux en cours. Il a cité aussi les réhabilitations, notamment celles des barrages, des ports, notamment les deux Ports de Nouakchott et de Nouadhibou, les ports de Tanit, de Ndiago et le port sec de Gougui Zemmal au Hodh Gharbi. Pour Ould Diay « les infrastructures sont un levier majeur de croissance, de désenclavement et d’intégration territoriale ».
L’analyse d’un confrère
Dans ce long discours sur la DPG, notre confrère « Le Rénovateurs » a apporté des précisions de taille, dont voici la teneur.
Énergie : un pari stratégique pour la souveraineté économique
Dans le domaine de l’énergie, le Premier ministre a souligné une orientation stratégique majeure : le doublement de la production nationale à l’horizon 2029, tout en réduisant les coûts de production. Cet effort vise à couvrir l’ensemble des wilayas, y compris les villes secondaires et les localités périphériques longtemps marginalisées.
L’énergie est présentée non seulement comme un service essentiel, mais aussi comme un facteur clé pour l’industrialisation, l’emploi et l’amélioration des conditions de vie des populations.
Agriculture, eau et aménagement rural : réduire les fractures territoriales
Le discours gouvernemental a également mis l’accent sur les secteurs sociaux et productifs : agriculture, accès à l’eau, aménagement rural et extension du réseau hydraulique. Ces politiques ciblent prioritairement les zones défavorisées afin de lutter contre la précarité, renforcer la sécurité alimentaire et stabiliser les populations rurales.
Selon le Premier ministre, ces efforts s’inscrivent dans une logique de justice spatiale, visant à corriger les déséquilibres historiques entre régions et à garantir un développement plus harmonieux du territoire national.
Capital humain et cohésion nationale au cœur du projet
Santé, éducation, emploi : le capital humain demeure un pilier central de l’action gouvernementale. Le chef du gouvernement a rappelé que l’investissement dans l’homme constitue la condition première d’un développement inclusif et durable.
Dans cette perspective, la promotion de l’unité nationale apparaît comme un objectif transversal. La réduction des inégalités, la lutte contre les disparités sociales et l’égalité d’accès aux services publics sont présentées comme des leviers essentiels pour renforcer la cohésion sociale et consolider le vivre-ensemble.
2026 : consolider, accélérer, approfondir
En traçant les perspectives pour 2026, le Premier ministre a clairement indiqué que l’année à venir sera celle de la consolidation des acquis, de l’accélération des réformes et de l’approfondissement des politiques sociales et économiques. L’ambition affichée est de transformer les progrès réalisés en dynamiques durables, au bénéfice direct des citoyens.
À travers ce bilan et ces projections, le gouvernement réaffirme sa volonté de faire de la vision présidentielle un projet concret, mesurable et ancré dans les réalités du pays, en plaçant l’État, la justice sociale et le développement équilibré au cœur de l’action publique.
Une opinion boudeuse
La DPG de Ould Diay a été accueillie par une partie de l’opinion avec dépit. Le ton a été donné par l’opposant et député Birame Dah Abeid, interrogé à la fin de l’audience. Ses propos sceptiques par rapport au bilan déclamé par le Premier ministre a eu un large écho au sein de l’opinion qui déplore l’absence de réalisations, se demandant où est-ce qu’elles sont.
Les Mauritaniens critiquent l’état du réseau routier urbain et national, l’absence de réseau d’hygiène, la situation de la santé et de l’éducation, la malgouvernance, la paupérisation galopante et le chômage massif des jeunes.
SAHARA MEDIAS - Le Premier ministre mauritanien, Mokhtar Ould Diay, a révélé jeudi les mesures strictes prises par le gouvernement dans le cadre de la « guerre contre la corruption », notamment le renvoi devant la justice de 11 dossiers liés à des soupçons de corruption financière et l’application de sanctions administratives à l’encontre de dizaines de fonctionnaires et de responsables au cours de l’année 2025.
Lors de la présentation du bilan de l’action du gouvernement devant l’Assemblée nationale, Ould Ajay a souligné que les autorités avaient réussi à récupérer plus de 80 espaces publics et à restituer des centaines d’hectares initialement « occupés illégalement », dans le cadre des efforts visant à protéger le domaine public de l’État.
Sur le plan législatif, le Premier ministre a annoncé la promulgation de trois textes législatifs « essentiels » pour renforcer la gouvernance, à savoir : la loi modifiant la loi sur la lutte contre la corruption, la loi sur la déclaration des biens et des intérêts, ainsi que la loi portant création de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption.
Le premier ministre, dans son exposé, a souligné que ces mesures visent à consacrer la bonne gouvernance et la réforme de l’administration, estimant que le contrôle et la mise en œuvre du principe de « responsabilité » constituent une priorité dans le programme actuel et futur du gouvernement.