Les « ouldiayeries » et le laxisme du gouvernement nous poussent à mieux réfléchir pour nos populati Nous allons alors vers une forme d’apoptose institutionnelle…
Wednesday, 26 Aug 2026 20:00 pm

L'Authentique

Les « ouldiayeries » et le laxisme du gouvernement nous poussent à mieux réfléchir pour nos populations. Dans ce contexte rude, il est difficile est de se faire. Le silence devient une forme de violence à soi et de complicité quand les gens crient leur joie au retour de l’électricité pour quelques heures après 4 jours dans certaines localités de Nouakchott. 

Les «ouldiayeries » sont cette forme manifeste de mépris considérable pour la population mauritanienne.

 

Les biologistes ont cette belle manière d’expliquer la mort cellulaire à travers un phénomène naturel appelé l’apoptose. C’est une mort cellulaire programmée, par laquelle la cellule se désassemble petit à petit (progressivement pour éviter la mauvaise utilisation d’un mot comme celle d’un transformateur électrique !), se dégrade et disparaît sans provoquer l’inflammation massive associée à une lyse brutale. C’est-à-dire une rupture de la membrane de la cellule (unité structurale et fonctionnelle de tout être vivant).

 

Cette mort cellulaire peut être comparée au système institutionnel mauritanien, qui semble aujourd’hui produire lui-même les conditions de sa propre mort (oups ! Disons dégradation): la corruption, l’affaiblissement de l’éducation, la mauvaise gouvernance, le détournement des ressources publiques ; et non pas perte de confiance des citoyens, mais l’installation du désespoir. Un système qui, au lieu de se régénérer, de se « réformer » et de servir l’intérêt général, accumule ses propres mécanismes de destruction. Donc Ould Ndiaye assure sa survie, il ne veut pas se débarrasser de lui ? 

 

Ce système s’est longtemps maintenu d’abord par la force, puis par des équilibres savamment entretenus. Pendant ce temps, une partie de ceux qui bénéficient du système s’enrichissent sur les biens des contribuables, prennent des décisions qui éloignent davantage le pays de ses véritables priorités et affaiblissent progressivement les institutions censées construire l’avenir. Pendant que les Mauritaniens souffrent, que l’éducation se dégrade et que les perspectives se réduisent, les capitaux et les investissements se déplacent vers des maisons et des intérêts privés en France, au Maroc, au Sénégal et ailleurs. Mais un système ne peut indéfiniment survivre contre la confiance de ceux qu’il prétend gouverner.

 

Aujourd’hui, dans l’ensemble, le sentiment qui domine chez le Mauritanien est celui du dégoût : dégoût devant les injustices, devant le manque de perspectives, devant l’impunité et devant l’écart grandissant entre ceux qui décident et ceux qui subissent. Et c’est précisément là que se trouve le danger pour le système lui-même. Car lorsqu’un régime ne se régénère plus, lorsqu’il ne corrige plus ses erreurs et qu’il ne répond plus aux aspirations de légitimes pour la survie de son peuple, il finit par fabriquer les conditions de sa propre disparition.

 

Nous allons alors vers une forme d’apoptose institutionnelle. Cette explosion ne sera pas brutale, mais une détérioration, un déclin, une érosion pour ne pas dire corrosion, interne et profonde d’un système qui se désassemble sous le poids de ses propres contradictions. Jusque-là, le système a accumulé, sans le savoir, méthodiquement les mécanismes de sa propre destruction. Et comme la cellule qui entre dans un processus d’apoptose, le système peut sembler encore fonctionner de l’extérieur, alors qu’à l’intérieur, les mécanismes de sa décomposition sont déjà à l’œuvre.

 

Souleymane Sidibé