7 ans après la création du « Camp Mberra », l’aide humanitaire d’urgence dans sa forme classique reste-t-elle d’actualité ?

vendredi 12 avril 2019
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Pour la 7ème année consécutive, le « Camp de Mberra » qui reçoit quelques 50.000 réfugiés maliens continue de vivre sous perfusion de la communauté internationale. Une gestion par l’aide humanitaire d’urgence de plus en plus décriée par plusieurs spécialistes des Etats fragiles et des crises multidimensionnelle à longue durée. L’équipe Pays de la Mauritanie doit-elle poursuivre dans cette même démarche d’assistanat en se substituant à l’Etat et aux acteurs nationaux, ou doit-elle chercher une autre méthode plus inclusive et participative, en se fondant sur le nouveau paradigme basé sur la « fragilité de la résilience » qui consiste à renforcer les capacités nationales pour gérer les crises à durée indéterminée ?

Pour la septième année consécutive, le camp de Mberra situé au Hodh Oriental, revient au devant des préoccupations des agences des Nations Unies et des ONG internationales qui les accompagnent (voir communiqué de presse ci-dessous).
En bon gestionnaire de ce pré-carré en terre mauritanienne sous perfusion internationale, l’Equipe humanitaire pays continue comme un letimotive à se poser une question récurrente depuis le déclenchement de la crise malienne et l’arrivée des réfugiés en 2012 : « comment améliorer les conditions de vie des réfugiés et des communautés hôtes ?  »

Cette question a fait l’objet d’une réunion tenue le 11 avril 2019 en présence des représentants du gouvernement mauritanien et de l’ambassadeur des Etats-Unis, SEM. Michael Dodman, dont le pays finance le projet de l’OIM en charge de ce dossier, par le biais du Bureau de la Population, des Réfugiés et de la Migration (PRM) au Département d’Etat.

Ce projet exécute le même toolkit qu’il y a sept ans : AGR, accès à l’eau, aide à l’élevage familial, dialogue intercommunautaire.

Un modèle de gestion de l’aide humanitaire de plus en plus décriée par les analystes des Etats fragiles et des crises qui lui préfèrent une nouvelle approche.

Vers la gestion humanitaire par « Fragilité à la résilience »

Dans un article publié par « The New Humanitarian », un organe spécialisé dans le journalisme au cœur des crises, Jonathan Papoulidis, Conseiller exécutif sur les États fragiles pour World Vision US, livre une analyse sur le caractère obsolète d’une industrie de l’aide qui s’est trop appuyée à son goût sur l’aide humanitaire d’urgence, pour s’attaquer aux crises de longue durée, aux institutions en ruine et aux besoins essentiels dans les Etats fragiles. (Voir lien : http://www.thenewhumanitarian.org/opinion/2019/04/10/fixing-fragility-why-it-s-time-rewrite-rulebook?utm_source=The+New+Humanitarian&utm_campaign=28c3596331-RSS_EMAIL_CAMPAIGN_ENGLISH_AID_AND_POLICY&utm_medium=email&utm_term=0_d842d98289-28c3596331-75503301)

« Bien que la réponse par défaut d’un modèle humanitaire d’assistance humanitaire à court terme par les donateurs ait sauvé d’innombrables vies, elle s’est également dégradée face aux crises prolongées et récurrentes de conflits, de catastrophes et de misère » a-t-il constaté. Il citera à titre d’exemple, la RDC et son « camp d’urgence » pour les déplacés qui entrent dans leur deuxième décennie, expliquant comment ce modèle a érodé les capacités de réaction et a accru les griefs des personnes déplacées et les communautés d’accueil.

Idem pour la Somalie où ce même modèle d’intervention s’est transformé en un mode improvisé de prestation de services à long terme pour la santé, l’éducation, l’eau, l’assainissement et l’assistance alimentaire. Une sorte de dépendance entretenue qui verrouille les opérations humanitaires.

A la place de cette forme classique de l’aide humanitaire, l’auteur préconise une nouvelle approche basée sur le retour sur les principes primaire de l’aide au développement, à savoir la promotion de la croissance économique des Etats pour les aider à résorber la pauvreté, plutôt qu’à les aider à gérer des risques complexes et des crises indéfinies aux causes profondes, parfois structurelles et institutionnelles.

Le nouveau paradigme de l’aide doit se baser, selon Jonathan Papiloudis, sur la notion de « fragilité à la résilience ». Cette stratégie vise à identifier les risques complexes et interactifs de conflits, de catastrophes et de dénuement dans les Etats fragiles et à aider à soutenir et à renforcer diverses capacités nationales à y faire face. Elle se base sur la croissance des économies « inclusives » pour répondre aux besoins humains, alors que l’aide d’urgence classique se concentre sur la satisfaction des besoins et la gestion des risques, des causes et des crises multidimensionnelles.

Ce nouveau paradigmes suscite de plus en plus, selon lui, l’intérêt de la communauté internationale, citant en exemple le rapport « Parthways for Peace » publié par l’ONU et la Banque Mondiale en 2018, ou encore l’OCDE qui, en 2018, a redéfini le concept de fragilité conformément à l’accent mis sur la résilience, notant que « la fragilité s’est définie comme la combinaison d’une exposition au risque et d’une capacité d’adaptation insuffisante de la part de l’Etat, du système et/ou des communautés pour gérer, absorber ou atténuer ces risques ».

Cette notion de résilience est également revenue dans l’étude menée par un groupe de réflexion basée à Maastricht, le Centre européen de gestion des politiques de développement (ECDPM) qui montre comment le mécanisme de coordination de pays a joué un rôle important dans la résolution des problèmes d’action collective entre le gouvernement, les donateurs et les parties prenantes afin de faire progresser le plan de développement national, comme en atteste l’expérience menée en Somalie.

En conclusion, Jonathan Papoulidis pense qu’il n’est pas sûr « si la communauté de l’aide aura suffisamment d’appétit politique et de risque pour soutenir les États fragiles dans la longue marche d’un véritable changement  ». Mais ce qui est certain, « c’est que le statu quo ne peut pas être maintenu si nous espérons respecter l’engagement mondial pris de ne laisser personne derrière dans les situations les plus difficiles  ».

Cheikh Aïdara

Amélioration des conditions de vie des communautés d’accueil des réfugiés en Mauritanie

Nouakchott - La région du Hodh Ech Chargui, en Mauritanie fait face à des défis liés à l’accès à l’eau et à la santé animale, vu que l’élevage est le seul moyen de subsistance. Plus de 50 000 réfugiés qui vivent dans le camp, et les communautés d’accueil sont éleveurs de bovins.

Pour aborder certains de ces défis, des représentants du gouvernement mauritanien, des agences des Nations Unies et des ONG se sont réunis le 11 avril 2019 pour répondre à la question "Comment les gouvernements et la communauté humanitaire internationale peuvent-ils améliorer les conditions de vie des réfugiés et des communautés d’accueil ?". Le gestionnaire du projet de l’OIM, Momme Ducros, a présenté, au cours de la réunion, les sultats de ce projet à trois phases, "Augmentation des opportunités de subsistance pour les réfugiés maliens et des communautés hôtes sélectionnées au Hodh Ech Chargui", financé par le ureau de la Population, des Réfugiés et de la Migration (PRM) au Département d’État méricain, et mis en œuvre en Mauritanie.

Exécuté depuis 2015, le projet a permis d’améliorer sensiblement les conditions de vie des réfugiés et des populations hôtes en établissant des mécanismes pour prévenir et gérer les conflits liés aux maigres ressources de subsistance.

Au total, près de 20 000 réfugiés et 35 000 personnes parmi les populations d’accueil ont bénéficié d’un appui aux activités génératrices de revenus, ont eu accès à l’eau, à un appui à l’élevage familial et à un dialogue intercommunautaire, dans le cadre des activités du projet.

En Mauritanie, l’OIM s’est installée dans la Wilaya du Hodh Ech Chargui pour répondre à l’afflux de réfugiés maliens après le déclenchement de la crise en 2012. Les activités de l’OIM dans la région comprennent la stabilisation des communautés et la promotion du dialogue intercommunautaire.

En ouvrant la séance, l’Ambassadeur des États-Unis d’Amérique en Mauritanie, Son Excellence M. Michael Dodman, a souligné que :"notre compréhension des approches mises en œuvre nous permettrait d’avoir un impact dans notre façon de servir et d’aider les populations dans le besoin à Mbéra, dans le Hodh El Chargui, et au-delà".
Pour les représentants du gouvernement mauritanien et de la communauté humanitaire internationale travaillant en Mauritanie, la réunion a été une occasion pour partager les meilleures pratiques sur la stabilisation, la résilience et le rétablissement des moyens de subsistance de ces populations dans un pays au centre de l’action humanitaire, de la paix et de développement.

"L’appui constant fourni par les États-Unis d’Amérique, à travers le Bureau PRM, démontre leur prise de conscience des besoins essentiels des réfugiés et des populations hôtes dans le Hodh Chargui, qui ont, aujourd’hui plus que jamais, besoin d’améliorer leurs moyens de subsistance et de prévenir les conflits sur les ressources naturelles.

‘‘Je saisis cette occasion pour lancer un appel aux contributions des donateurs pour combler les manques importants dans le secteur de subsistance, à l’intérieur comme à l’extérieur du camp de réfugiés de M’bera.", A déclaré Laura Lungarotti, Chef de Mission de l’OIM en Mauritanie.

Le projet, financé par le Bureau de la Population, des Réfugiés et de la Migration (PRM) au Département d’État Américain, est essentiel pour fournir un appui à la fois aux réfugiés et aux Communautés Hôtes et réduire les tensions liées aux ressources rares comme l’eau et la santé du bétail.

Pour plus d’informations, veuillez contacter : Momme Ducros, Chef de projet de l’OIM, Tél : +222 42 88 89 44, Email : mducros@iom.intou visiter www.rodakar.iom.{int





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