AMEM, le projet maghrébin de la migration du travail ouvre ses valises à Nouakchott

mardi 19 février 2019
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Nouakchott a accueilli, au troisième jour de l’atelier national sur la migration qui a eu lieu du 12 au 14 février dernier, une journée spéciale dédiée au projet « Appui à la Migration Equitable au Maghreb AMEM ». Cette session spéciale a été animée par deux experts, Aurélia Segatti, Experte en migration du travail au bureau régional de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) à Alger, et Mohamed Belarbi, Conseiller technique principal du projet AMEM (Tunisie).

Cette session de programmation et de planification a été suivie par plusieurs cadres du Ministère de la Fonction Publique, du Travail, de l’Emploi et de la Modernisation de l’Administration, des membres du patronat et des syndicats des travailleurs, ainsi que des organisations de la société civile nationale et d’autres représentant les migrants résidant en Mauritanie.

Mieux gérer la migration au Maghreb

Lancé en novembre 2018, le projet AMEM d’appui à l’amélioration de la gouvernance des migrations et à la promotion de migrations de main d’œuvre équitables au Maghreb regroupe l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie, la Libye et la Tunisie. Il est mis en œuvre par le Bureau International du Travail (BIT), avec le financement de l’Agence italienne de coopération pour le développement (AICS), en partenariat avec les mandants tripartites des quatre pays pour une période de trois ans (2018-2021).
Le projet AMEM prévoit des activités nationales et sous-régionales sur trois objectifs : une meilleure cohérence entre les politiques de migration et l’emploi, une meilleure coordination ente les secteurs du marché du travail concernant la migration pour l’emploi, et enfin, l’amélioration de la gouvernance de la migration pour l’emploi.

La Mauritanie programme ses activités

L’atelier de Nouakchott a été l’occasion pour la partie mauritanienne, encadrés par les experts, de proposer des activités, de définir un canevas de programmation en lien avec les priorités nationales, et de valider les termes de référence du Comité technique national de suivi (CNTS).

Cet atelier a tourné autour de trois axes. Le premier a porté sur les systèmes d’information sur la migration de main d’œuvre, avec comme activités proposées, le diagnostic du système, avec évaluation des capacités de collecte et celle de la qualité des données. Cet axe comprenait l’appui au développement d’un modèle spécifique sur la migration et son introduction dans les enquêtes sur les ménages. Il portait aussi sur les activités à mener sur le plan sous-régional avec des ateliers de formation pour une tentative d’harmonisation des pratiques. Le travail demandé sur ce point a porté sur quelques ajustements à apporter en prenant en considération la création de l’Observatoire africain sur la migration. Il était aussi question de définir le rôle des services publics et privés dans l’intermédiation, et de définir également les modalités pour la conduite d’études qualitatives et quantitatives en lien avec la migration du travail. Enfin, les participants devaient développer des indicateurs fiables pour un système d’informations sur le marché du travail.

Le deuxième axe était relatif au dialogue social sur la migration du travail, avec comme activités, la formation des partenaires sociaux, l’éducation financière, l’état des lieux sur la migration de la main d’œuvre en Mauritanie, l’engagement des syndicats auprès de la diaspora mauritanienne, la formation des syndicats exerçant près des points aux frontières, le rôle des syndicats dans le contrôle des acteurs de l’emploi privé (AEP), et enfin, l’exécution des Accords bilatéraux ainsi que le suivi de la ratification par le pays de la Convention 143 récemment adoptée en conseil des ministres.

Enfin, le troisième axe portait sur la meilleure cohérence entre les services publics et privés de l’intermédiation et ceux de la protection sociale. Les activités proposées ont porté sur le diagnostic et l’état des lieux du cadre législatif national par rapport aux conventions ratifiées en lien avec les conventions sur la migration du travail, l’intermédiation sur le marché du travail (accueil des migrants, leur orientation), une activité sous-régionale à programmer sur la protection sociale des migrants, le renforcement de la coopération entre le Ministère du Travail et le Ministère de l’Intérieur autour de l’exécution et de la mise en œuvre de la Stratégie nationale sur la migration, la création d’un mécanisme de surveillance relatif aux droits des travailleurs migrants, et enfin, le renforcement de la coopération entre les pays du Maghreb sur une politique commune de communication pour le changement de comportement, ainsi que la révision des accords bilatéraux avec la CEDEAO dans le domaine de la migration du travail.

L’avis des experts

A la fin des travaux, les experts ont fait les déclarations suivantes :

Aurélia Segatti  : « l’atelier d’aujourd’hui était un atelier de programmation du plan de travail du programme AMEM sur l’appui à la gouvernance des migrations équitables au Maghreb pour la programmation nationale en Mauritanie. Cela a porté sur trois axes. Un premier axe qui va s’attacher à améliorer les données sur la migration de travail dans le pays. Un deuxième axe qui va s’attacher à renforcer le dialogue social tripartite sur la gouvernance de la migration au travail, et un troisième axe qui va s’intéresser à différents aspects de cette gouvernance, le cadre législatif notamment, et le renforcement de capacités des instances gouvernementales chargées du pilotage de la migration du travail en Mauritanie ».

Mohamed Belarbi : « aujourd’hui, hier et avant-hier, on est là pour un premier contact avec le mandant dans le cadre du projet AMEM. Cela s’est passé en trois phases, d’abord un premier jour de sensibilisation sur le cadre normatif mais aussi sur les instruments en lien avec la migration du travail. Le deuxième jour, l’atelier a porté sur les priorités nationales, notamment sur les aspects liés à la protection des travailleurs migrants et le troisième jour, nous sommes allés sur la programmation des activités du projet AMEM, piloté par le BIT et financé par la Coopération italienne et qui va s’étaler sur trois ans, de septembre 2018 jusqu’en 2021. Principalement, cet atelier est un exercice de réflexion pour une révision des activités et une programmation de mise en œuvre pour les trois prochaines années ».

Cheikh Aïdara





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