De Nouakchott à Harare : Plus de jours dans les airs que sur terre

mardi 8 novembre 2016
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Parti de Nouakchott pour participer à l’Assemblée générale d’Arterial Network, qui a eu lieu les 28-29 octobre 2016 à Harare (Zimbabwe), j’ai passé les 26, 27 et 28 dans les airs, puis toujours dans les airs, le 30 et le 31 octobre. De Harare, où j’ai passé une journée et demie, je n’ai vu que l’aéroport avec sa tour de contrôle en forme d’alvéole, habitat traditionnel local, l’hôtel Holiday Inn de type british où était logée la délégation, la Galerie Nationale où se sont déroulées toutes les séances de l’A.G, et le Théâtre In Park, dans Park Lane. Ce gigantesque parc, fleurie et très boisée, était en fait destiné aux artistes zimbabwéens. Aujourd’hui, il est colonisé par les hommes politiques qui y font des harangues et des évangélistes qui y consacrent leur tapage nocturne. Les artistes locaux sont actuellement en guerre pour reprendre leur espace.
A propos d’évangélistes, au cours de la séance de clôture de nos activités le 29 octobre dans Théâtre In Park, nous avions eu droit au Chimurenga et au Mbira, deux expressions musicales zimbabwéennes, avec la belle voix d’Edith Wu Utonga. A quelques mètres, la chorale d’une église protestant en plein air, battait son tempo, dans un tintamarre assourdissant. Nos oreilles souffraient le martyr. Le prêtre de service criait avec une voix étranglée de stentor, se balançant en avant et en arrière en dansant, repris dans ses trémoussements par un chœur aussi bruyant que la musique qui fusait de temps en temps. J’ai pensé un instant m’avancer vers ces énergumènes, les bras en l’air, tout en criant, « Allahou Akbar ! » Mais je me suis ravisé, car je me suis rendu compte que c’était là un geste tout à fait suicidaire, car j’allais sans aucun doute provoquer un sauve-qui peu, avec beaucoup de chance de prendre une balle si par hasard, un policier passait dans le coin. Ce cri de glorification divine, honteusement escroqué par les deux forces du mal que sont Aqmi et Daech, étant considéré désormais comme les signes annonciateurs d’un attentat par kamikaze interposé. Une fois qu’on m’aurait refroidi, on daignera ensuite vérifier si je suis réellement un terroriste qui allait actionner sa charge ou un simple fou.
A part ça,le visiteur remmarque qu’au Zimbabwe, on roule à gauche et naturellement, toutes les voitures ont le volant à droite. Chaque fois que j’essayais de monter sur le siège passager (chez nous), je me retrouvais sous le volant. Du reste, les taxis zimbabwéens sont d’un luxe insolent. Rien n’à voir avec nos tacots. J’ai pu faire le parallèle, le jour de mon arrivée à l’aéroport Oum Tounsy. Une 409 jaune et vert m’avait abordé pour une course jusqu’en ville à 10.000 UM, à prendre ou à laisser. Pour un tas de ferraille, cabossé et déglingué, je me suis dit que c’est vraiment une honte qu’on puisse admettre ce genre de guimbarde dans un aéroport aussi huppé. Ce n’était pas tout. Notre mendiante nationale, cette grosse maman balèze qui traînait déjà à l’ancien aéroport avait suivi les déménageurs. Je me suis demandé comment fait-elle pour continuer son tapin, à 10.000 UM de transport. Elle était là, poursuivant chaque voyageur qui débarquait ou embarquait, la main tendue et le voile traînant derrière elle.
Remarque, j’ai fait quand même le spectacle durant ce périple, avec ma tenue mauritanienne que j’ai trimballé de Nouakchott jusqu’à Harare. Déjà, à l’aéroport d’Addis-Abeba, cet accoutrement m’a valu l’amitié d’un diplomate sahraoui en poste à Harare. Il m’a filé son numéro de téléphone, m’invita à une séance de thé que je ne pus hélas honorer, par manque de temps. Le lendemain, il s’est amené avec un autre collègue. Je me réjouis quand même de leur avoir permis de découvrir les opportunités qu’offre Arterial à leurs artistes et acteurs culturels. Je les ai même aidés à se procurer les contacts qu’il faut en les présentant aux personnes indiquées, notamment, le représentant d’Arterial au Zimbabwe et le Président du Comité de pilotage, le Malien Mamadou Daffé.
Mon bref passage à Addis-Abeba, m’a permis de découvrir la compagnie Ethiopian. Une belle compagnie aérienne, avec des dizaines d’aéronefs, qui semble dominer les cieux, de l’Afrique de l’Ouest jusqu’en Afrique Australe et du Centre.
La nuit que j’ai passée dans cette capitale qui abrite le siège de l’Union Africaine, à l’hôtel Churchill m’a permis de découvrir quelques avenues aux noms évocateurs, Meskel Square, Namibia Street. C’est surtout l’aéroport d’Addis-Abeba, ce gigantesque temple du voyage qui m’a le plus impressionné. Des centaines de personnes, de toutes les couleurs et de toutes les nationalités, de tous les âges et de tous les sexes. J’y ai même vus, des Ecossais, longues chevelures au vent, jupes serrées et muscles en l’air. Il ne leur manquait que la cornebuse. J’ai surtout vu, des centaines de jeunes Ethiopiennes, entre 9 et 14 ans, emmitouflées dans des djellabas, voiles noires, certaines en pantalons ou en tenues locales, parquées dans un coin en attendant le vol Emirates. Elles semblaient enthousiasmées, serrant entre leurs mains, passeports et billets d’avion, prêtes à l’embarquement. Elles étaient seules, sans aucun accompagnateur majeur. Qu’allaient-elles faire à Dubaï ? me suis-je demandé.
Enfin Dakar et ses rabatteurs qui vous happent à la sortie de l’aéroport de Dakar et ne vous lâchent plus, « tu cherches un taxi, tu veux des devises, tu veux un hôtel, une voiture à louer ? » Et l’arnaque au bout des sourires enjoliveurs. « Non merci » J’avais tout fait à Nouakchott, devises en Cfa et en dollars auprès d’un Cambiste de la BMD, réservation en ligne pour nuitée dans une résidence à la Patte d’Oie par « e-booking ». J’ai redécouvert Dakar, qui n’est plus le même Dakar que j’avais connu. Cette chaleur humaine qui faisait son charme, cette spontanéité toute naturelle, ce Dakar de la joie…Tout cela avait disparu pour laisser place à une populace aigrie, blasée et lasse, perdue dans des débats politiques stériles, écartelés entre les Makistes et les Wadistes, arc-boutés sur la gestion du pétrole et sur la médiocrité de leurs gouvernants.

C.A





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