Dividende démographique, la Mauritanie et les pays SWEDD passent l’examen lors de la CIPD 25

mercredi 13 novembre 2019
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Mercredi 13 novembre 2019, au deuxième jour de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD +25) qui doit s’achever le 14 novembre à Nairobi (Kenya), la Mauritanie et les six autres pays membres du Programme SWEDD ont passé en revue les réalisations accomplies depuis le lancement de ce partenariat régional en novembre 2015 avant de formuler leurs engagements à l’horizon 2030. Au cœur de ce dispositif, la capture du dividende démographique pierre angulaire du programme SWEDD.

Colonne vertébrale du Projet Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel (SWEDD), le dividende démographique et sa capture constituent le principal enjeu sur lequel repose l’ensemble des agendas des pays d’Afrique au sud du Sahara pour l’atteinte des ODD à l’horizon 2030, l’Afrique que nous voulons en 2023 et la feuille de route de l’Union africaine pour 2063, des lignes directrices qui constituent l’ossature des stratégies nationales de développement des sept pays du Sahel, membres de ce vaste programme financé et soutenu par la Banque Mondiale avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et l’Organisation Ouest Africaine pour la Santé (OOAS).

A Nairobi, la Mauritanie à l’instar des autres pays SWEDD, a déroulé le bilan des réalisations accomplies depuis le lancement de ce partenariat en novembre 2015 destiné à accroître l’accès des femmes et des adolescentes à la santé sexuelle et reproductive, notamment la planification familiale et la santé maternelle, à améliorer la santé et la nutrition des enfants ainsi que l’éducation des filles, à lutter contre le mariage des enfants et autres violences basées sur le genre, telles que les mutilations génitales féminines (MGF), mais aussi à encourager l’employabilité et le leadership des jeunes.

L’objectif finale de ce programme est d’accélérer la transition démographique des pays du Sahel, dé déclencher le dividende démographique et de réduire les inégalités de genre.

Avancées significatives grâce au SWED

A l’instar des autres pays du Sahel qui ont enregistré des progrès remarquables dans le domaine de l’éducation, de la santé et de l’autonomisation des femmes et des filles grâce au projet SWEDD, la Mauritanie qui, selon la Ministre des Affaires Sociales appliquait déjà depuis 2001 la scolarité obligatoire, a amélioré ses indicateurs en matière d’éducation, soulignant que le projet SWEDD a permis d’offrir des cours de soutien à 3.000 filles chaque année. Selon elle, le taux d’admission des filles au baccalauréat s’est considérablement amélioré, citant la région de Néma qui a enregistré un taux d’admission de 33% contre 3% auparavant. De la même manière, a-t-elle ajouté en substance, le taux d’abandon scolaire chez les filles est passé de 6,7% à 4% en 2018.

Ces progrès réalisés par la Mauritanie ont été attestés par les données du Centre de recherche en économie et finance appliquées de Thiès (CREFAT) et présentées au cours de la session par le Pr. Latif Ramani, plaçant la Mauritanie à la tête des pays SWEDD avec un DDMI (demographic dividende monitoring index) de plus de 46%.

Les engagements de la Mauritanie

Entamant un véritable marathon ce 13 novembre 2019, la Ministre des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF), Dr. Néné Oumou Daff Kane, entourée par ses proches collaborateurs et soutenue par l’ensemble de la délégation mauritanienne à la CIPD 25 de Nairobi, a participé à trois panels, dont l’un sur le programme SWEDD, l’autre sur les engagements de la Mauritanie par rapport aux objectifs de la CIPD +25, et le troisième sur la santé, les droits sexuels et de la reproduction (SDSR).

Au cours du panel relatif aux engagements pour accélérer les promesses de la CIPD, Mme Néné Kane a cité les dix engagements de la Mauritanie, à savoir, mobiliser des ressources supplémentaires pour cet objectif, augmenter la prévalence contraceptive de 17, 8% (2015) à 50% avec disponibilité des produits contraceptifs au dernière kilomètre, ramener le taux de mortalité maternelle de 582 à 70 pour 100.000 naissances vivantes, avec la formation de 2.000 infirmières obstétricales et sages-femmes et le recrutement de 1.000, introduire le module sur la santé reproductive dans l’enseignement au collège et au lycée ainsi que dans les centres de formation de la santé et à la faculté de médecine, avec éducation à la vie familiale impliquant parents, adolescents, religieux et leaders traditionnels, mettre fin aux violences basées sur le genre, zéro mariage des enfants et zéro MGF, introduire les principes du budget sensible au genre et de la gestion axée sur les résultats, mettre en place un Conseil Présidentiel de suivi des politiques sociales et de convergence vers la capture du dividende démographique, réformer le système national statistique, et enfin, opérationnaliser une politique de jeunesse axée sur la création d’emplois durables.

Mme Néné Kane a animé en fin de journée un panel intitulé « Garder la foi dans la SDSR », en présence de religieux et acteurs de la santé sexuelle et reproductive. La Ministre des Affaires Sociales s’est également entretenu avec plusieurs de ses collègues, dont la ministre burkinabé de la Santé, Léonie Claudine Lougue née Sorgho. La Ministre a également rencontré le Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Mabingue Ngom à qui elle a offert un tableau représentant un chamelier mauritanien en route vers la CIPD 25 à Nairobi.

A noter aussi la remarquable contribution des jeunes du réseau Afriyan dans la réussite de la mission mauritanienne à Nairobi, grâce à leur tonus et à leur vitalité débordante. Leur lobbying auprès des principaux acteurs du sommet, notamment la Directrice Exécutive de l’UNFPA, Natalia Kanem, a donné une autre valeur à leur participation.

La mission du bureau pays de l’UNFPA sous la conduite du Représentant résident Saidou Kaboré, a aussi été déterminante dans la bonne participation de la délégation mauritanienne.

Il faut rappeler que le programme SWEDD couvre le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad

Dieh Moctar Cheikh Saad Bouh Cheikh Aïdara
Nairobi





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