Finalement, ils ont tué l’espoir

mardi 24 octobre 2017
par  gonga
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La Mauritanie s’enlise de plus en plus dans la crise et l’incertitude. De partout, des signes de la crispation qui accentue les peurs et en ajoute au doute. Au plan politique, plus de dialogue depuis le dernier référendum ; c’est la rupture totale entre le pouvoir et les partis de l’opposition. Au plan économique, les relations entre le pouvoir et le patronat sont au point mort. Au niveau commercial, c’est l’enlisement entre ce pouvoir et les chefs d’entreprises, de plus en plus ciblés par les impôts. Le chômage des jeunes, le manque de liquidités, l’espoir qui disparaît et la sécheresse qui menace viennent plomber le secteur social.
Cette situation de désolation est perceptible à tous les niveaux de la vie. Jamais les rapports entre les populations et l’administration n’ont été autant distants que ces derniers mois. Perdus et ne sachant pas quoi faire, les représentants de l’Etat pataugent dans le flou et l’approximatif. Laissés à eux-mêmes, ils passent la majeure partie de leur temps hors de leurs bureaux. Les décisions portant sur le fonctionnement de l’administration sont prises ailleurs. En fait, rien ne bouge, c’est du sur-place. Les seuls "cadres" et "agents" de l’Etat en mesure de faire bouger des montagnes sont les chefs militaires et les cousins tribaux des véritables maîtres du pays. Malheureusement, ces "Ninjas" ne comprennent que la carte de leurs propres intérêts. Le reste, pour eux, doit être au service de ces intérêts. A défaut, c’est la "volonté" qui sera détournée.
Parmi les cas d’illustration, les concours d’officiers de l’armée nationale et de la police. Presque tous ceux qui on été déclarés comme admissibles pour passer les tests à l’oral, portent des noms connus. Des noms de famille, connu dans les différents corps cibles. En fait, ce sont les enfants, les cousins et autres proches d’officiers qui s’apprêtent à faire valoir leurs droits à la retraite. La relève semble bien assurée.
Autre cas : alors que les populations friment un peu partout à travers le pays, ruminant leur désastreuse saison de pluie et n’arrivant pas à se remettre de l’incapacité du gouvernement du pays à y faire face, voici qu’au Brakna, des troupeaux des chefs de la troupe s’adjugent l’espace martyr et l’eau des zones de pâturage. Usant des relations de copinage et une abjecte solidarité de corps, les chefs militaires ont fini par imposer leur ordre face à de pauvres citoyens, pour la plupart déshérités, écrasés dans les tristes confins du triangle de la misère. Les galons qui ont toujours rimé avec oppression et abus de pouvoir ont encore parlé en pleine période de soudure !
Autre cas, celui des boutiques dites de « Solidarité ». Ces dernières sont désormais là pour la forme, limitant leurs activités à la seule vente du riz mauritanien. Désormais, le commerce du sucre, de l’huile et de tous les produits de première nécessité, sont assujettis à l’humeur du commerçant qui ne s’en tient qu’à sa tête. Ici, c’est l’insulte crue aux populations démunies qui avaient cru aux mensonges des médias d’Etat qui vantaient « les boutiques de Aziz ».
L’arrestation du sénateur Ould Ghada, la poursuite de journalistes, l’exercice disproportionné de la force brutale lors de manifestations paisibles de l’opposition, le déguerpissement des marchands du centre-ville sans qu’aucune forme de relogement ne leur soit proposée, les contestations des agents non permanents, des complaintes des mères de famille qui crient à la marmite vide, l’obstination de l’Etat à lutter contre les défenseurs des droits de l’homme, à étouffer les aspirations des jeunes, la tribalisation à l’extrême du débat politique national, sont autant de faits qui plombent les populations dans la désillusion.
Et quad on sait que seuls les experts-menteurs rivalisent dans la propagande et ont seuls accès aux médias publics, aux avantages et aux "pourboires" recyclés par la pourrie nomenclature qui nous gouverne, il faut forcément s’attendre au pire.
Malheureusement pour nous, ceux qui nous gouvernent, ne disposent d’aucun discernement à même de nous gouverner. Ils ont fini par tuer en nous l’espoir. Limités, ils n’ont pas les moyens de nous redonner cet espoir.

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