La réserve ‘Banc d’Arguin’ (Mauritanie), menacée par la chasse

jeudi 20 octobre 2016
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Le Banc d’Arguin bénéficie du statut de réserve naturelle protégée pour les oiseaux et de nombreux animaux du Sud-ouest de la Mauritanie.

Compte tenu de son positionnement géographique et comme elle se trouve sur la rive droite du Delta du fleuve du Sénégal, la réserve joue un rôle capital pour le maintien de milliers de types d’oiseaux et d’animaux menacés de distinction comme les lapins, les crocodiles, les sangliers sauvages et les hippopotames.

Mais en dépit de la surveillance stricte exercée par les autorités mauritaniennes sur les frontières du Banc d’Arguin, la fuite de plusieurs animaux en dehors des frontières de la réserve les expose à la chasse anarchique qu’exercent des centaines de chasseurs. Ces derniers passent la majorité de leur temps à guetter les oiseaux et les animaux sauvages sur les bords de la réserve.

Les habitants de cette réserve disent qu’ils arrivent à reconnaître les voitures 4x4 qu’utilisent les chasseurs pour guetter les animaux surtout durant le week-end. En effet, les barons de la chasse fusent depuis Nouakchott pour sniper tous les animaux qui leur tombent sous la main. Ce sont les lapins et .... En effet, la viande de ces deux animaux est considérée, selon la tradition mauritanienne, comme un remède contre l’impuissance sexuelle chez les hommes.

L’un des natifs de la région, Sayed Ahmed, affirme à dune-voices que les services environnementaux chargés de la protection de la réserve ferment les yeux face aux dépassements de certains chasseurs. Il dit qu’il s’agit surtout de gens influents, qu’ils soient des officiers supérieurs de l’armée ou de fils d’hommes d’affaires. En revanche, explique-t-il, la loi est sévèrement appliquée quand les chasseurs sont des personnes démunies natives de la région et qui chassent les pigeons sauvages avec des moyens primitifs.

Sayed Ahmed note que les habitants de la région ne souffrent pas uniquement de la détérioration de l’écosystème des réserves par les chasseurs, mais, également, des graves blessures qui surviennent lorsque l’on chasse dans des lieux où la chasse est non autorisée. Il a ajouté que des bétails ont été touchés par balles au moment où les chasseurs poursuivaient leurs proies.

Les spécialistes du secteur assurent que la majeure partie des animaux terrestres en Mauritanie s’est déjà perdue dans le désert, qui ne cesse de s’étendre. En plus, la chasse sauvage a gagné du terrain avec la multiplication des voitures tout-terrain.

Ainsi, les antilopes du désert, qui se comptaient par milliers de têtes sur l’ensemble du territoire mauritanien, ont quasiment disparu depuis les années 90 à cause de la sur-chasse. Il en est de même pour les oryx et les autruches qui sont quasiment disparu.

Face à une telle catastrophe de l’écosystème, les autorités mauritaniennes étaient contraintes d’éditer la première loi, en 2010, qui a interdit la chasse terrestre sans avoir d’autorisation préalable. Cette loi concerne tout chasseur sur le sol mauritanien sans la moindre exception.

Et malgré les difficultés auxquelles se heurte la loi pour être appliquée, certains trouvent qu’elle a été éditée très en retard. En effet, la loi précitée n’est pas parvenue à éradiquer les larges opérations de chasse irrégulière qui s’exercent sur l’étendue du désert et que le gouvernement est incapable de contrôler, faute de moyens adéquats.

L’application de la loi, organisant la chasse en Mauritanie, reste très relative en raison des dépassements des chasseurs passionnés par la chasse des oiseaux sauvages et des animaux menacés d’extinction. Ces difficultés sont d’autant plus amplifiées que l’étendue géographique des aires de chasse est très large alors que les moyens mis à la disposition des gardiens sont très limités.

DuneVoices





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