Le gaz mauritanien… ! Une chimère ?

lundi 5 octobre 2020
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Ce n’est certainement pas de sitôt que les Mauritaniens verront leur avenir s’améliorer avec les gigantesques réserves de gaz découvertes aux frontières marines avec le Sénégal dont le début d’exploitation vient d’être, à nouveau, différé par BP. Motif d’espoirs dans un pays en guerre contre la corruption et frappé de plein fouet par les aléas climatiques et les épidémies, le gaz mauritanien est-il finalement une utopie ?
450 milliards de mètres cubes ! Telle est la réserve de gaz découverte aux frontières marines entre la Mauritanie et le Sénégal « une gigantesque pépite d’or », selon les spécialistes miniers » et dont l’exploitation est revenue à BP qui s’était d’emblée engagé à verser les premiers dollars en 2022, suscitant d’énormes espoirs en Mauritanie où le pari était pris de créer conséquemment des richesses et stimuler la croissance économique…
La semaine dernière, BP est en effet revenu pour confirmer sa décision prise en avril 2020 portant sur le report des opérations d’exploitation, désormais arrêtées pour 2023 voire 2024.
En plus des mauvais résultats de BP et l’essor des énergies renouvelables, la pandémie du coronavirus est venue secouer ce qui est considéré comme le projet économique le plus important du pays de ces dernières années.
La perspective d’une manne gazière s’est ainsi vite dissipée, plombant les Autorités nationales dans un pessimisme béat. Il faut dire que depuis la découverte du gaz en haute mer, l’optimise a gagné les rangs de ces dernières qui rêvaient d’un avenir particulièrement radieux dès 2022. Pandémie, évolution erratique des prix des hydrocarbures, économie mondiale en berne et nouvelle sensibilité des majors pétrolières en faveur des énergies renouvelables ont finalement jeté une ombre inquiétante sur ce projet.
Pourtant, l’exploitation des réserves de gaz de Grand Tortue Ahmeyim, semblait bien engagée. C’est en avril 2015 que la junior texane Kosmos Energy claironne la découverte du pactole situé dans le Bloc 8, à 125 km des côtes et à 2 700 m sous la surface de l’océan. De quoi produire du gaz pendant plus de vingt ans. De mois en mois, le projet prend forme. British Petroleum, le chef de file, Kosmos et les États mauritanien et sénégalais créent deux sociétés de développement. Le tour de table de la société mauritanienne attribue 62 % à BP, 28 % à Kosmos et 10 % à la Société mauritanienne des hydrocarbures et du patrimoine minier (SMHPM). Côté sénégalais, la répartition est à peine différente : 60 % pour BP, 30 % pour Kosmos et 10 % pour Petrosen. De façon approximative, les deux pays peuvent espérer se partager, sur vingt ou trente ans, avec les opérateurs, 80 à 90 milliards de dollars de recette.
Partant, la Mauritanie a décidé de baser toute sa planification sur le début de l’exploitation du gaz dès 2022. Idem pour le Sénégal.
Avec la tournure prise par les événements, les choses devraient radicalement changer. La Mauritanie se voit dans l’obligation de trouver d’urgence de nouvelles sources de financement à son développement futur, au risque de voir son économie s’écrouler, d’autant que rien n’assure encore que BP va effectivement entamer ses travaux d’exploitation du gaz en 2022 ou en 2024. Ces derniers mois, la société britannique a subi d’importantes pertes à cause de la guerre des prix du pétrole entre la Russie et l’Arabie Saoudite. Il y a quelques semaines, elle avait décidé de la réduction d’un quart de ses dépenses pour l’année en cours, révélant des préjudices financiers estimés à un milliard de dollars à cause de la chute drastique des cours du pétrole.
Après avoir attendu en vain, depuis les premières années de l’indépendance, les retombées de ses énormes richesses halieutiques, sur son quotidien et après avoir vu les richesses minières de son pays exploitées à son insu, le Mauritanien avait espéré retrouver son équilibre avec l’exploitation de la manne gazière marine. Autant l’espoir était grand de voir le pays entrer dans une nouvelle ère de prospérité avec le pactole attendu du gaz, autant aujourd’hui, la désillusion est grande face au projet d’exploitation de ce gaz qui semble de plus en plus et de jour en jour, relever de… chimère.
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