Le rapport annuel d’Amnesty pointe les dérives sécuritaires en Afrique

mercredi 22 février 2017
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Amnesty International vient de présenter son rapport annuel. Pays par pays, l’ONG décrit les abus commis par les groupes armés, mais aussi par les gouvernements. Plusieurs pays africains sont pointés du doigt pour la répression de mouvements d’opposition et de manifestations pacifiques.

Amnesty International s’inquiète de voir les dérives auxquelles conduit la lutte contre le terrorisme ou les groupes armés. L’organisation cite par exemple le Cameroun ou le Niger, où des centaines de personnes soupçonnées de soutenir Boko Haram sont détenues de manière arbitraire et pendant de très longues périodes.

Amnesty pointe du doigt plusieurs pays africains qui mettent en avant le maintien de l’ordre pour réprimer l’opposition et faire taire les journalistes. C’est le cas par exemple en Ethiopie où plus de 800 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations Oromo en novembre 2015.

Les autorités ont évoqué à plusieurs reprises la lutte contre le terrorisme, profité des contours assez flous de la loi pour organiser des procès contre des militants politiques.

Amnesty parle d’un usage disproportionné de la force à Kinshasa lors de manifestations de l’opposition ou de l’autre côté du fleuve, dans la région du Pool au Congo.

Le plus inquiétant surtout, selon Amnesty International, c’est l’impunité. Les forces de sécurité ne sont quasiment jamais poursuivies pour ces abus. Et la décision de plusieurs pays comme le Burundi, le Kenya ou l’Afrique du Sud de quitter la Cour pénale internationale renforcent ce sentiment d’impunité.

Amnesty dénonce les discours de haine des responsables politiques

Le rapport annuel d’Amnesty International paru ce mercredi 22 février met l’accent sur les politiques de diabolisation qui alimentent la peur et les divisions, partout dans le monde. Et ce n’est pas par hasard que pour la première fois, le rapport annuel d’Amnesty International n’est pas présenté au siège de Londres, mais à Paris, en France, en pleine campagne électorale, alors que certains partis utilisent ces peurs à des fins électoralistes.

Et ce rejet de l’« autre » se manifeste à l’échelle internationale, avec une absence de volonté politique pour résoudre des conflits majeurs. Selon l’ONG qui passe en revue la situation des droits de l’homme dans 159 pays, les responsables politiques ont multiplié les discours haineux et favorisé le repli identitaire, explique Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.

« Nous avons constaté en 2016 une augmentation très importante des discours de haine et de peur des responsables politiques, dans le but de remporter des élections, d’obtenir un soutien populiste. Et ils le font en diabolisant les migrants, les étrangers, les musulmans, en les désignant comme boucs émissaires. Ils ne ciblent pas qu’eux, mais aussi les femmes, les communautés LGBT - lesbiennes, gays, transsexuels - un peu partout dans le monde. On en voit déjà les conséquences.

L’an dernier, 23 pays ont été impliqués dans des crimes de guerre. Alors que le monde avait interdit le bombardement d’écoles, d’hôpitaux, de funérailles, aujourd’hui les dirigeants détournent les yeux, alors que cela se produit dans de nombreux pays, en Syrie, au Yémen, au Soudan. Il y a aussi des répressions, en Chine, en Turquie...

Et puis aux Philippines, 7000 personnes ont été tuées au nom de la soi-disant lutte contre la drogue. Les effets de tout cela, c’est que les droits de l’homme sont sacrifiés au nom de la sécurité, du développement, ou du progrès économique. Ce n’est jamais bon pour la justice ni pour l’humanité ».
RFI





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