Mauritanie : le gouvernement poursuit son oppression contre les militants antiesclavagistes

mardi 23 août 2016
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Alors que l’esclavage est aboli depuis 1981 enMauritanie et considéré par l’Etat comme un crime contre l’humanité en vertu d’une loi votée en 2015, les arrestations et les lourdes condamnations se poursuivent à l’encontre des militants qui se battent contre l’éradication totale de ce fléau dans le pays.
Et pour cause, 13 nouveaux membres de l’IRA, une ONG luttant pour la résurgence du mouvement abolitionniste (non reconnue par l’exécutif), ont été condamnés ce jeudi par la cour criminelle de Nouakchott à des peines allant de trois à quinze ans de prison.
Ils sont accusés par les autorité locales de violence envers les forces de l’ordre lors d’une manifestation organisée le 29 juin dernier dans un quartier pauvre de la capitale mauritanienne.
Le gouvernement de Mohamed Ould Abdel Aziz, qui préparait parallèlement le sommet de la Ligue Arabe fin juillet, avait décidé de mettre les bouchées doubles pour "contrer" ce regroupement protestataire. Des heurts avaient alors éclaté entre les deux camps faisant une dizaine de blessés dans les rangs de la police.
Il n’en fallait donc pas moins pour que le tribunal accuse les militants de "rébellion, usage de la violence, attaque contre les pouvoirs publics, attroupement armé et appartenance à une organisation non reconnue."
Une lutte étatique qui n’en est pas une
Pourtant, du côté des ONG, le discours est tout à fait différent, arguant que ces personnes ont été arrêtées chez elles ou sur leur lieu de travail une semaine après les troubles. Étonnant...
Kiné Fatim Diop, chargée de campagne pour l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International, ne mâchait d’ailleurs pas ses mots en marge du procès : "Ces militants sont des prisonniers d’opinion accusés à tort et incarcérés en vue d’entraver leur travail légitime (...) Nous appelons donc les autorités à mettre fin à leur règne de la peur et cesser de réprimer les militants antiesclavagistes."
Il est en effet tout à fait curieux qu’un pays, ayant aboli cet acte inhumain tout en érigeant l’esclavage au rang de crime contre l’humanité, persiste dans cette fois répressive, comme le rappelle le site du Monde :
"En janvier 2015, le président de l’organisation, Biram Dah Abeid, ainsi qu’un autre membre avaient déjà été condamnés à deux ans de prison pour appartenance à une organisation non reconnue et violences contre les forces de l’ordre. Leur libération fut ordonnée le 17 mai après dix-huit mois d’enfermement."
A noter que les avocats des "contrevenants" n’ont pas été autorisés par les magistrats à déposer un quelconque recours car il leur est reproché d’avoir boycotté les débats en guise de protestation.
Ces derniers ont toutefois justifié leur décision en indiquant qu’ils étaient totalement opposés aux actes de tortures procédés sur leur client, trois jours avant le verdict...





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