Procès des militants d’IRA : Le 3 août, un jour de mobilisation dans 3 continents

lundi 1er août 2016
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Que cela à Nouakchott, dans plusieurs capitales européennes et américaines, les militants d’IRA ont appelé à la mobilisation pour exiger la libération de leurs 13 camarades incarcérés depuis près d’un mois et dont le procès s’ouvrira le 3 août 2016.

Partout, que cela soit à Nouakchott, à Genève, à Munich, à Paris, ou à Washington et dans plusieurs villes américaines où se trouvent actuellement leur président et vice-président, les militants de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) sonnent la mobilisation de leurs troupes. Le 3 août 2016 s’ouvre ainsi devant la cour criminelle de Nouakchott, le procès de 13 éminents membres du bureau exécutif de leur mouvement.

Balla Touré, Hamady Hamady, Diop Amadou Tijane, Abdallahi Matallah Seck, Moussa Birame, Ahmed Ahamdy et leurs autres camarades, ont été inculpés de flagrance par le procureur Cheikh Taleb Bouya Ahmed pour « attroupement armé », « violences à l’égard d’agents de la force publique », « rébellion » et « appartenance à une organisation non enregistrée ».

Les avocats de la défense dénoncent une violation des procédures judiciaires du début à la fin et évoque un dossier vide. D’abord, les détenus ont été arrêtés en dehors du lieu où se sont déroulés les évènements dans lesquels ils sont impliqués, notent-ils, certains vingt-quatre après les incidents, d’autres plusieurs jours après. Ce qui selon eux, met à l’eau l’enquête de flagrance ouverte par le procureur. Les avocats dénoncent également des arrestations et des perquisitions sans mandat d’un juge ainsi que des gardes-à-vue en dehors des procédures légales, aussi bien dans la durée, que dans l’exigeante présence des avocats et des familles dans les premières heures de détention comme l’exige la loi.

Ensuite, soutient certains milieux proches des prévenus, des actes de torture inhumains et dégradants ont été commis sur eux, alors que la Mauritanie a ratifié tous les instruments internationaux interdisant la torture et autres traitements cruels, inhumains et dégradants, créant dans la foulée un Mécanisme national de prévention contre la torture.

Ainsi, Abdallahi Matallah Seck, Balla Touré, Moussa Birame et Amadou Tidjane Diop ont été interrogés selon leurs familles, la nuit, privés de sommeil, d’accès aux sanitaires, aux douche ainsi qu’à un médecin. Pieds et mains liés dans des positions douloureuses pendant des heures, suspendus par des cordes, les menottes trop serrées. Le troisième vice-président Diop Amadou Tidjane a été déshabillé, insulté et menacé de mort pendant son interrogatoire. Il s’est vu forcé de manger quelques repas agrémentés de sable sans pouvoir boire de l’eau.

Ainsi, les commissaires principaux El Hadi et Ahmed Baba Ahmed Youra, l’inspecteur de police Hassane Samba, les officiers de police, Alioune Hassane et Lemrabott, le brigadier chef Didi ainsi que les brigadiers Ould Amar et Oumar NDiaye auraient participé avec d’autres personnes non identifiées aux actes de torture à l’encontre des militants.

Boubacar Ould Messaoud, président de SOS Esclaves et membre du Mécanisme national de prévention contre la torture s’est vu refusé une visite des prisonniers malgré une demande officielle. Les demandes des avocats de faire expertiser les traces visibles de sévices ont été refusées.

En prélude au procès du 3 août 2016 à laquelle il déclare participer, le président d’IRA, Birame Dah Abeid, actuellement en tournée aux Etats-Unis, a lancé un appel à la mobilisation de toutes les coordinations de l’intérieur de la Mauritanie.Il faut rappeler que l’arrestation en masse des militants d’IRA est intervenue après les incidents du 29 juin 2016, lorsque sous la menace d’une expulsion collective dans un squatt sis à l’hôpital ophtalmologique Bouamatou, les occupants ont confronté les forces de police. Plusieurs blessés des deux côtés, un car de la police brûlé et des arrestations au sein des manifestants. Selon les sources présentes lors des incidents, aucun des membres d’IRA aujourd’hui incarcéré, n’était présent sur les lieux des affrontements.

Pour certains observateurs, les autorités mauritaniennes ont voulu profiter de l’occasion pour décapiter le mouvement IRA qui « dérange l’ordre établi, pour sa lutte contre l’esclavage et le racisme d’Etat en Mauritanie ».

JOB





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