Procès des militants d’IRA : Pourquoi l’absence de Birame ?

jeudi 25 août 2016
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C’est le 2 août dernier que Birame Ould Dah Ould Abeid, président de IRA, en tournée aux États unis d’Amérique, devait se retrouver à Nouakchott pour assister le lendemain, au procès de ses 13 camarades accusés entre autres, de troubles à l’ordre public, d’appartenance à une organisation non reconnue, de violence sur des éléments des forces de l’ordre. Le leader de IRA n’effectuera pas le déplacement prévu, préférant prolonger son absence hors du pays et rater le procès de ses camarades qui a duré près de trois semaines !

Finalement, Birame Ould Dah Ould Abdeid, président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), n’est pas revenu à Nouakchott le 2 août dernier comme prévu. Par conséquent, il a raté le procès de ses treize camarades arrêtés suite aux affrontements entre les forces de l’ordre et des populations déguerpies de la zone dite Bouamattou. Partant, il n’a pas pu les soutenir, par sa présence aux assises. Se prononçant à propos, le dissident de IRA, Saad Ould Louleid, s’est dit incapable de s’expliquer cette absence, d’autant plus que « ceux-là qui faisaient face à la justice, ont été depuis toujours aux côtés de leur leader quand, lui, avait maille à partir avec la justice ». Pour Saad Ould Louleid, « il s’agit tout simplement d’une trahison doublée d’une traitrise, qui plus, ont été menées au moment où les mis en cause avaient le plus besoin d’aide et de solidarité ». Pour nombre de ses partisans, la présence de Birame n’aurait rien changé au sort déjà scellé de ses camarades et que son appui moral, plus le lobbying international qu’il est en train de mener sur le plan international, était plus efficace pour leur cause.
En fait, l’arrivée de Birame à Nouakchott avait bien été arrêtée pour le 2 août 2016. Au programme des activités qu’il devait tantôt mener, des conférences de presse, des sit-in, des meetings et surtout sa présence aux assises, en soutien à ses camarades qui devaient être jugés. En réalité, et selon certaines sources, c’est le 1er août que Biram Ould Abeid a revu son programme de voyage, laissant son adjoint, Brahim Ould Bilal effectuer seul le voyage retour sur Nouakchott. Une fois à l’aéroport Oum Tounsi, ce dernier devait remarquer l’impressionnant déploiement des forces de la gendarmerie sur place. Était-ce pour intercepter et placer en prison Birame Ould Abeid après son arrivée ? Nul ne sait. Ce que d’aucuns savent en tout cas, est que Biram était bel et bien attendu à l’aéroport de Nouakchott, ce jour-là comme pendant les jours qui suivront. Pourquoi ? Son nom allait-il être ajouté à la liste des personnes accusées dans le cadre des affrontements entre civils et forces de l’ordre à la place Bouamattou ? Certainement, quand on sait que nombre de militants d’IRA, absents de Nouakchott au moment des faits incriminés, ont été tenus comme responsables !
Alors, Birame, se savait-il d’avance accusé et certainement conduit devant le Parquet immédiatement après son arrivée ? Peut-être bien…, c’est du moins, ce que font courir les Renseignements généraux. Ce qui est en tout cas sûr, c’est que l’homme est connu pour son courage et sa forte témérité. Partant, ce n’est certainement pas pour éviter une interpellation devant la justice qu’il a changé de programme. Son attitude relèverait d’un programme dressé à la dernière minute par IRA qui a décidé de procéder à une vaste campagne africaine d’implantation de Bureaux de l’organisation dans les pays africains.
C’est ce qui explique le périple de Birame qui l’a déjà conduit en Afrique de l’ouest et qui devrait le mener en Afrique Australe, puis au Maghreb. C’est donc dire que Biram ne devrait pas se retrouver tantôt à Nouakchott. Une absence qui devrait être mise à profit pour davantage étoffer la cause de IRA sur la scène internationale mais aussi, pour mieux sensibiliser l’opinion internationale sur le cas de ses camarades récemment condamnés.
Alors, quel sort sera réservé par les pouvoirs publics de Nouakchott à ce leader qui vient d’obtenir des mains de John Kerry, le prix des Droits de l’homme pour sa lutte pacifique contre les inégalités sociales, au moment où il foulera le son national ? Là est toute la question.

AS





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