Thialgou/Boghé : Conférence sur le thème : rôle de la femme dans la société Mauritanienne

mardi 22 août 2017
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Elles étaient nombreuses cet après-midi là dans l’enceinte de l’école de Thilagou pour participer à cette importante conférence organisé par l’association des jeunes de Thialgou.

Conférence animée par un fils du village, Thièrnno Mokhtar Alhousseynou LAM. Après la lecture du Coran par Abdarrahmane Daouda DIA, intervient l’allocution du président de l’association Mokhtar Amadou LAM qui a rendu grâce à Dieu et remercié tous les participants de leur présence massive et prié pour la longévité et la bonne santé du conférencier.

La présentation du conférencier, nous apprend qu’il a fait ses études primaires et secondaires à Boghé, décroché le baccalauréat et fréquenté l’Université de Nouakchott, l’ENA aussi. Puis, il a fréquenté l’université de Sorbonne ainsi que d’autres prestigieuses écoles comme l’ENA de Paris.

Il est diplôme en droit public et détient aussi d’autres diplômes décrochés dans d’autres universités européennes. Il a été préfet, gouverneur et occupé plusieurs directions au ministère de l’intérieur avant de faire carrière au PNUD en qualité d’expert électoral au Tchad, au Niger, au Congo Kinshasa. Un cadre très actif dans les mouvements associatifs locaux.

Aperçu historique sur l’évolution de la femme

Après la lecture du coran, le conférencier, un polyglotte qui a une parfaite maîtrise du coran a campé les grandes lignes du déroulement du débat. Il a abordé le rôle de la femme depuis notre grand-mère HAWA en passant par l’ère des pharaons égyptiens, les grecs, les femmes à l’époque du moyen âge, les femmes leaders en Islam et enfin les femmes en Afrique. Un rappel historique qui a permis au public d’avoir une large compréhension sur le rôle joué par la femme dans le progrès de l’humanité. Faisant appel parfois à des versets coraniques pour illustrer ses arguments. Il a donné les explications de l’autorisation à notre prophète Mohamed (psl), d’avoir seul, le privilège d’épouser treize femmes. Il est revenu sur les avancées de la femme Mauritanienne de l’indépendance à nos jours.

Selon des données quantitatives issues du 4ème recensement général de la population et de l’habitat effectué en 2013, la Mauritanie compte un effectif de 1.794.294 femmes, soit 50,7%, d’une population totale de 3 537 368 habitants contre 49,3% d’hommes.

La femme mauritanienne est essentiellement rurale selon ces statistiques. En moyenne la proportion de la population rurale dans la population totale féminine est de 52,4% contre 49,1% pour la population urbaine et 46,4% pour la population nomade. On y compte 110,2 femmes pour 100 hommes dénombrés a affirmé M. LAM. Le consultant poursuit en affirmant que la problématique de la femme mauritanienne est une question multidimensionnelle, d’une importance primordiale voire significative qui mérite d’être traitée. En effet, dit-il, la femme occupe une place importante dans la société mauritanienne en raison des traditions socioculturelles, et des modes de vie de ses différentes composantes.

Cadre juridique

Il a ensuite mis l’accent sur le cadre juridique qui offre plusieurs droits à la femme Mauritanienne malgré la persistance de certaines considérations socioculturelles a affirmé le conférencier. La Constitution Mauritanienne du 20 Juillet 1991, considère la femme comme citoyenne à part entière et consacre l’égalité entre les hommes et les femmes a affirmé notamment le conférencier.

Le CSP adopté en 2001 poursuit le Consultant, est le cœur du dispositif juridique national régissant les questions liées à la sphère privée (famille, mariage, divorce, tutelle des enfants, succession, etc.), dont la femme est l’un des principaux éléments constitutifs. Un examen même sommaire, montre que malgré son aspect progressiste et ses avancées (âge du mariage fixé à 18 ans révolus pour garçons et filles, contrat de mariage, avec possibilité pour l’épouse de refuser la polygamie, l’autorisation à la femme de poursuivre des études ou exercer des activités professionnelles), il demeure un outil révélateur des puissants schémas patriarcaux idéologiques et culturels qui perpétuent l’idée selon laquelle, la femme est une éternelle « mineure » :

-  réaffirmation de la tutelle matrimoniale (wilaya ; « le tuteur est obligatoirement de sexe masculin », art. 9) ;

-  autorisation du mariage de l’incapable [dont les mineurs(es)} par son tuteur (weli) si ce dernier « y voit un intérêt évident » (art. 6) ; et l’assimilation du silence à l’acquiescement (“le silence de la jeune fille vaut consentement”) (art. 9) ;

-  la non- soumission de la polygamie à l’autorisation du juge (il suffit que la femme ne s’y soit pas opposée lors de l’établissement du contrat de mariage) (art. 28) ;

-  la confirmation de l’autorité exclusive du mari sur la famille (art. 56) ;

-  la confortation du pouvoir de répudiation (« dissolution du mariage par volonté unilatérale du mari ») (art. 83) ;

-  la soumission du droit des femmes au divorce à la décision du juge (Art.102).

En dépit de toutes ces insuffisances, le CSP constitue un jalon non négligeable vers l’édification d’une société mauritanienne moderne et organisée sur la base d’un état civil fiable et évoluant vers le respect de la loi et de l’ordre. Par ailleurs, la quasi-totalité des textes juridiques traitant de questions sociales et économiques se rapportant aux femmes continuent d’exposer ces dernières dans une position de vulnérabilité manifeste préjudiciable à leur développement a-t-il conclu sur ce point là.

Insuffisances juridiques

Il abordé les insuffisances de ces textes juridiques qui exposent ainsi la femme à certaines violences. La législation pénale dit-il se caractérise par l’absence de dispositions spécifiques relatives aux violences faites aux femmes et de toute incrimination des discriminations à leur égard :

-  les violences domestiques, (violences conjugales et abus sexuels, en particulier) sont passées sous silence ;

-  le harcèlement sexuel au travail et dans les écoles, les attouchements, le viol conjugal et les violences physiques et psychologiques liées à la pratique du gavage ne figurent pas au répertoire des atteintes à la dignité et à l’intégrité des femmes.

-  la pratique de l’excision sur les mineures n’est punie que « lorsqu’il en a résulté un préjudice pour l’enfant »

-  quand elles existent, les sanctions des violences subies par les femmes sont rarement appliquées. Dans les cas de viols, les femmes victimes sont, elles- mêmes, susceptibles de condamnation pour « Zina » (relations sexuelles hors-mariage).

Cadre politique

Depuis environ deux décennies, la Mauritanie s’efforce de se doter de politiques, stratégies, programmes et plans d’action qui prennent en compte la perspective genre en vue de promouvoir l’équité entre les hommes et les femmes et de créer des conditions favorables à l’épanouissement de ces dernières à tous les niveaux (politique, économique et social). A ce titre, l’on peut citer entre autres notamment affirme le conférencier :

• Cadres Stratégiques de Lutte Contre la Pauvreté où la dimension genre s’est renforcée au fur et à mesure des différentes actualisations. D’ailleurs, dans le plan d’action du CSLP III, il est accordé une grande importance à la promotion féminine et à l’équité en matière de genre.

• Stratégie nationale de promotion féminine adopté en 1995 et réactualisée en 2005 qui a pour objectif de définir et promouvoir une approche nationale cohérente en matière de promotion féminine.

• Plan d’action national pour la femme rurale 2009-2012 pour la prise en compte des besoins spécifiques des femmes rurales au niveau du développement économique et social du pays.

• La Stratégie Nationale d’Institutionnalisation du Genre (SNIG) qui a été élaborée en 2011, dont l’adoption est imminente a pour objectif de veiller sur l’intégration du genre dans tous les secteurs de développement du pays afin de garantir la promotion des femmes et l’équité de genre.

• Stratégie Nationale pour l’Abandon des MGF adopté en 2007 et dont l’objectif est de garantir l’abandon de la pratique des MGF.

• Stratégie de Protection Sociale adoptée en 2013 dont l’objectif est d’atténuer les conditions de vulnérabilité des populations défavorisées et les aider à faire face aux risques sociaux.

• Politique Nationale de la famille adoptée en 2006 qui a pour objectif l’instauration d’un cadre approprié pour répondre aux besoins des familles tout en respectant les valeurs de la société mauritanienne et l’adaptant aux exigences du développement.

• Stratégie Nationale de Protection des Enfants dont l’objectif est de garantir les droits des enfants conformément à l’esprit de la CDE.

• Stratégie Nationale de la Micro finance et de la Micro entreprise adoptée en 2003. En Mauritanie, la micro finance est outil privilégié pour la promotion économique des femmes.

• La stratégie IEC qui a pour objectif de mettre la question du développement de la femme dans toutes les préoccupations des décideurs et assurer une coordination et une synergie entre les différents protagonistes dans ce processus.

Les acquis de la Femme Mauritanienne

Il a abordé notamment les acquis de la femme sur le plan politique, notamment le quota de 20% qui leur a été offert dans les conseils municipaux, l’assemblée nationale et le Sénat qui vient d’être dissout. Sans compter les politiques menées dans le cadre du MASEF.

Revenant alors sur le cas spécifique des femmes de Thialgou, il les a vivement remercié du rôle qu’elles jouent dans le développement de la localité. Il a indiqué qu’elles sont pieuses, toutes voilées conformément aux recommandations de l’Islam. Il a fait les éloges de la femme Foutankaise en affirmant que c’est des dames travailleuses.

Il a affirmé que l’émergence du village de Thialgou a été grâce aux femmes très dynamiques sur le plan agricole et pastorale. Si de somptueux bâtiments poussent à Thialgou, c’est grâce dit-il à l’argent généré par le dynamisme des femmes dans la maraichage et l’élevage. Il magnifié les efforts de la femme.

Il a également critiqué le gaspillage des femmes dans les cérémonies de baptême et mariage. Si tout cet argent était investi utilement ailleurs, la localité aurait beaucoup plus à gagner selon monsieur LAM. Il a fustigé le gaspillage et demandé aux femmes de mettre fin à ces pratiques malsaines.

Après une suspension brève de la séance pour la prière, la conférence a repris avec les interventions de nombreux participants et participantes qui ont globalement salué l’infinitive des jeunes d’organiser cette conférence. Abou Lam, Hadji BA, responsable de L’ONG-ESD, Abdoulaye Daillo de l’ONG- EPAM, Marième, Cheikh Lam, Hamady Thiamel, Lam Aliou, adjoint au maire de Boghé, Dialadé entre autres qui ont critiqué, le gaspillage des femmes dans les cérémonies de baptême et mariages, l’échec scolaire et incité les femmes à s’instruire davantage,. Ils ont été nombreux à prendre la parole pour remercier le conférencier et appeler à la fin du gaspillage. Il C’est aux alentours de 21 H que la conférence a pris fin.

Compte rendu de Daouda Abdoul Kader DIOP

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