Visa For Music, un rush sur les musiques du monde au cœur de Rabat

mercredi 29 novembre 2017
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Pendant quatre jours, du 22 au 25 novembre 2017, Rabat a vibré au son des musiques d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Europe, grâce au festival Visa For Music dont la 4ème édition qui vient de s’achever a drainé des centaines d’acteurs culturels venus de 85 pays qui ont répondu cette année à l’appel de l’équipe de Brahim Mezned, fondateur du festival. Concerts, conférences et expositions ont jalonné cette édition qui a plongé la capitale marocaine dans un continuum, avec des journées attachées aux nuits.

Artistes, producteurs, managers et groupes se bousculent désormais aux portes de Visa For Music et pour participer à l’un des plus grand rendez-vous musicaux du continent africain, plus d’un millier de candidatures. De quoi donner du fil à retorde au jury qui a dû jouer de toute la rigueur de ses membres pour choisir cette année, une quarantaine de groupes du Maghreb, d’Afrique, du Moyen-Orient et du reste du monde. Pour le président-fondateur de Visa For Music, Brahim Mezned, « le marché annuel des musiques du monde qu’est Visa For Music devient un rendez-vous important des professionnels de la musique ». Grâce à ce festival, selon lui, Rabat s’impose comme la capitale africaine des arts et de la culture.

Si le splendide Théâtre Mohamed V a abrité le speed meeting, avec ces dizaines d’exposants, mais aussi des concerts sur son esplanade et dans son immense salle des spectacles d’une capacité de dix milles places, d’autres lieux ont servi de lieux pour les multiples évènements qui ont marqué Visa For Music, notamment, l’Institut Français de Rabat, la Villa des Arts, l’Institut Cervantes, le Club café et cinéma « La Renaissance » et enfin le Hiba Lab.

Avant-scènes
En avant-scènes du festival, un carnaval parade animé par un groupe marocain et un autre des Caraïbes a ouvert le show du festival, le 22 novembre, suivi d’une conférence inaugurale organisée à l’hôtel Terminus où logeaient la plupart des journalistes accrédités. Younes Boumehdi, président de la Fondation Hiba, parrain de Visa For Music, est revenu sur l’importance du festival, véritable facteur d’échanges et de rencontre entre musiciens, a-t-il déclaré en substance. Pour sa part, Brahim Mezned a mis l’accent sur la richesse de la programmation et la forte présence de la communauté africaine.

Autre facette de l’avant-scène, les hommages rendus à des figures des industries créatives, notamment Mamou Daffé, président du Festival sur le Niger et du réseau panafricain Arterial Network, Vincent Ahehehinnou, membre fondateur et porte-parole de l’orchestre Poly-Rythmo, Khadija Badaoui, artiste vétéran et figure contemporaine de l’art du Mersaoui, et enfin, Tabu Osusa William, figure emblématique de la musique en Afrique de l’Est.

Showcases
Parmi les présentations musicales ou showcases qui ont marqué la 4ème édition du festival Visa For Music, le groupe « 3MA », un trio formé par le Marocain Driss Maloumi, le Malien Ballaké Sissoko et le Malgache Rajery dont les spectacles au son de la kora ont remué les âmes. Le festival a également produit une voix féminine exceptionnelle, Marema Fall, jeune artiste et nouveau talent de la musique sénégalaise. Le Maroc a surtout fait connaître ses surdoués, à l’image de Fayçal Azizi, comédien, auteur-compositeur, interprète et animateur radio, originaire de Tetouan, le Dj Khalil Betamallem, le duo Camil Kanounni et Mamoun Iraqui Houssaini du groupe « MAcAM » de Fès, le rappeur Rbati Younes Taleb, entre autres.
Le monde arabe était aussi bien présent à travers « YUMA », le duo tunisien, Sabrine Jenhani et Ramy Zohlemi, le compositeur et pianiste palestinien Faraj Suleiman et la première DJ palestinienne de Ramallah, Sama.

Présent également, l’Extrême-Orient avec le groupe turc, « Kardes Türküler » qui a littéralement conquis le public du Théâtre Mohamed V lors de la clôture du festival. Il y a les Iraniens avec le groupe Aïda et Babak Quartet, né de la rencontre entre la chanteuse-violoniste Aida Nosrat et le guitariste Babak Amir Mobasher, mais aussi leur compatriote Ali Asghar Rahimi, le virtuose chanteur et joueur du luth. Il y a eu également, le groupe libanais « The Wanton Bishop » de Nader Mansour ou encore le trio jordanien du groupe « El Morabba 3 » bien inspiré du rock alternatif et du post-rock des vingt dernières années. L’Egypte était aussi présente à travers Hisham Kharma, musicien, directeur artistique et entrepreneur social, également l’Algérie avec Raina Raï la légende vivante du Raï.

L’Afrique était aussi bien représentée à travers notamment l’artiste gabonaise, Queen Koumb, le camerounais Armand Biyag, le guinéen Sekou Kouyaté, la cap-verdienne Elida Almeida. Parmi les groupes africains qui ont tenu la scène, Mokoomba du Zimbabwé.

La diaspora été bien présente elle-aussi lors de ce festival, à travers les prestations du groupe franco-marocain AYWA, mais aussi le célèbre guitariste américano-tchadien Caleb Rimtobaye qui a collaboré avec des célébrités comme Rihana ou Chris Brown, ou encore la franco-tunisienne Miss Ness.

Le festival Visa For Music a aussi reçu des musiques venus du vieux continent, avec la présence de groupes, de producteurs et managers évoluant en France, en Espagne, en Portugal, en Belgique, en Italie et dont la plupart travaillent avec des artistes africains.

La musique des Iles a aussi baigné le festival avec les sonorités venues de Trinidade et Tobago, notamment avec le groupe Jouvay Fest, ou encore le groupe martiniquais Roro Kaliko et le groupe Jysse de la Nouvelle Calédonie. En parallèle, le Sahara et ses mystères ont donné une toute autre couleur au Visa For Music avec le groupe Tarwa N’Tiniri, le groupe Gnawa Racines, Jbara, Taragalte.

Nourriture de l’esprit
Si la musique nourrit l’âme, les conférences sur la musique nourrissent l’esprit. Aussi, Visa For Music a également développé une série de conférence sur des thèmes aussi variés : « comment apporter un soutien aux arts du spectacle au Moyen-Orient », « de l’informel au formel, les enjeux actuels et futurs des industries créatives et leur place dans l’élaboration des politiques culturelles », « les bureaux d’experts de la musique, des outils efficaces au service de la promotion culturelle », « la nouvelle scène africaine et moyen-orientale, le son du futur ? » , « « la culture et l’art comme facteurs de paix sociale ».

Ces conférences ont été animées par d’éminents spécialistes, à l’image de Mamou Daffé d’Arterial Network, Moulaye Ahmed Alami, directeur Jazzablanca et trésorier de l’Association marocaine des entrepreneurs du spectacle vivant, Hicham Abkari, directeur du Théatre Mohamed V, Monza, musicien et opérateur culturel de Mauritanie, pour ne citer que ceux-là.

Le festival a aussi abrité des ateliers de formation en logistique des programmations, management d’artistes, le digital, etc.

Ça prend de l’ampleur

Le festival Visa For Music devient au fil des ans une grosse machine qui risque de drainer encore plus de monde. Si lors de cette 4ème édition, le jury s’est empêtré à dépouiller plus d’un millier de candidatures, les années à venir risquent de se transformer en un véritable rush. Car le festival attire de plus en plus de monde à la recherche d’opportunités. Les stands d’exposition ont été littéralement submergés par les chasseurs de bons partenariats. L’occasion pour les uns et les autres de découvrir ce qui se fait ailleurs.

Le Stand N°225 d’Arterial Network, ce réseau panafricain dynamique composé d’organisations non gouvernementales, d’institutions, d’entreprises de l’économie créative, de festivals et d’artistes individuels, a connu plusieurs visiteurs venus s’enquérir de ses domaines d’activités et des opportunités qu’elle offre. A l’instar des autres stands, le réseau a joué sa partition lors de cette édition. Il continue sa contribution pour nourrir cette industrie musicale qui se construit à partir de quelques capitales africaines et européennes, comme le MASA en Côte d’Ivoire, le Womex à Berlin ou Visa For Music à Rabat.

Cheikh Aïdara
Rabat, le 26 novembre 2017





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