Migration vers l’Europe L’hécatombe continue

lundi 5 octobre 2020
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Près de quatre-vingt individus ont été arrêtés jeudi par la Garde-côtes mauritanienne au large de la ville Nouadhibou alors qu’ils tentaient de regagner l’Espagne. Il s’agirait de candidats à la migration clandestine en partance vers l’Europe, via les iles de Las Palmas. A bord de deux embarcations de fortune, les migrants s’apprêtaient à quitter les eaux mauritaniennes quand ils ont été repérés et arrêtés par les Gardes côtes, qui ont immédiatement procédé à leur reconduction vers la terre pleine à Nouadhibou où ils ont été recensés. Parmi eux, six enfants et une quinzaine de femmes dont l’une en état de grossesse avancée. Les nationalités sont diverses, des Mauritaniens, des Gambiens, des Ivoirien, des Maliens et des Sénégalais. Une dizaine d’entre eux n’a pas pu présenter de document d’état civil et leur nationalité n’a ainsi pas été établie.
Selon les premiers éléments d’informations, ce voyage serait organisé par un Réseau de trafiquants transfrontaliers installé en Gambie, à Dakar et à Nouakchott. Lequel serait d’ailleurs à l’origine de ce regain de trafics de migrants de la sous-région vers l’Europe. De sources bien informées, certaines de ses tentatives d’infiltrations de migrants vers l’Espagne auraient réussi ces derniers mois. « C’est ce qui explique la recrudescence et le nouvel intérêt porté par les candidats à la migration clandestine à l’aventure en mer », soutient l’un des migrants.
Mercredi, les gardes côtes mauritaniennes avaient expulsé vers leur pays, 73 migrants clandestins sénégalais qui tentaient de rejoindre les côtes européennes. Il s’agit de migrants qui étaient partis des côtes sénégalaises jusqu’aux eaux marocaines avant que des vents forts ne les contraignent à faire demi-tour et accoster, finalement, en Mauritanie. L’un d’entre eux reconnaîtra que la pirogue dans laquelle il se trouvait est partie de la ville sénégalaise de M’Bour le 23 septembre dernier dans l’intention de rejoindre les îles Canaries.
Faut-il rappeler qu’au cours du mois d’août 2020, plusieurs tentatives de migration vers l’Europe ont été étouffées dans l’œuf, en haute mer, de la Gambie à la Mauritanie, par les forces de sécurité des pays respectifs. La technique des Réseaux de trafiquants est la même adoptée dans l’ensemble de ces pays : les candidats à la migration versent un montant égal au prix du voyage, qui varie entre 100 et 1500 euros, puis il est transporté nuitamment à bord d’une petite pirogue, qui le mène vers une pirogue beaucoup plus grande amarrée en haute mer. Cette dernière peut contenir jusqu’à cent personnes. Elle est guidée par un capitaine qui fait cap vers l’Espagne en tentant de passer par les eaux internationales. Une aventure souvent fatale, qui a fait ces dernières semaines près d’une centaine de morts. La dernière hécatombe reste celle qui s’est produite le 5 août dernier quand une quarantaine de migrants se sont noyés et un seul, un Guinéen, a survécu, lors d’un naufrage au large des eaux mauritaniennes. Le naufrage avait été rendu public par les gardes côtes mauritaniennes qui avaient soutenu : « nous avons trouvé par hasard l’unique rescapé sur une plage de Nouadhibou. Selon ses dires,
"Lui-même et ses amis » venaient du Maroc et se rendaient aux Canaries, archipel espagnol au large du Maroc. "Notre bateau a eu une panne. Pendant longtemps nous n’avons pas eu de secours. Ce fut ensuite le sauve-qui-peut", les occupants se jetant à la mer, a-t-il dit depuis son lit d’hôpital, Ils sont tous morts, je pense. Je suis le seul survivant" a-t-il ajouté.
Quelques semaines auparavant, près de 60 migrants africains étaient déjà morts noyés au large de la Mauritanie, dans l’un des pires naufrages sur la route des migrations longeant la côte Atlantique.
Il faut reconnaître que les mesures prises par l’Espagne ces dernières années ont réduit le flux, au point qu’un centre pour les migrations à Nouadhibou a été fermé. Au même moment, les migrants empruntaient en nombre les trajets méditerranéens vers l’Espagne, la Grèce ou l’Italie. Mais la route occidentale connaît un relatif regain depuis plus de deux ans, en raison des mesures prises contre la migration transitant par la Libye, selon l’OIM.
Les migrants quittent l’Afrique de l’Ouest non seulement pour des raisons économiques, mais aussi en raison d’absence de foi dans l’avenir ou de pressions familiales.
N.H





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