Birame Dah Abeid : présence remarquée au Forum Mondial de Munich sur la démocratie et la paix

Birame Dah Abeid au Forum mondial sur la Paix à Munich

bda en Allemagne

Invité au Forum Mondial sur la démocratie et la paix qui s’est déroulé du 15 au 17 février 2026 à Munich (République Fédérale d’Allemagne), Birame Dah Abeid, président de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) et député à l’Assemblée nationale de Mauritanie a prononcé un discours devant l’élite du monde libre avant de prendre part aux travaux du sommet.

Dans son discours lu devant l’élite mondiale lors du Forum de Munich, Birame Dah Abeid a puisé dans la douloureuse histoire allemande sous le 3èmeReich pour arriver à la conclusion que « l’oppresseur ne craint que les idées car il en sait et redoute l’indomptable nuisance » avant de chuter sur la situation en Mauritanie, « pays où l’ombre de l’esclavage et l’héritage du système de caste planent encore » selon son expression.

Loin de son discours où il a décrit la philosophie de non-violence cultivée par son mouvement IRA malgré les répressions et les exactions, Birame Dah Abeid a dans un posting publié plus tard évoqué ses discussions avec des personnalités célèbres comme Hillary Clinton, candidate à la dernière présidentielle américaine et épouse de l’ancien président Bill Clinton, mais aussi ses échanges avec Nancy Pelosi, femme politique américaine, présidente de la Chambre des Représentants des Etats-Unis de 2007 à 2011 et de 2019 à 2023, mais aussi avec le Général David Petraeus, ancien directeur de la CIA et Yossi Beilin, ancien ministre israélien de la justice. Il a aussi discuté avec des juges, des penseurs de premier plan et des défenseurs des droits de l’homme du monde occidental.

Il a rappelé que la question centrale qui a été abordée lors du forum de Munich portait sur la protection de la démocratie contre les forces d’extrême droite et raciste qui contournent la volonté du peuple, notamment à l’ère de l’Intelligence Artificielle et la façon de maintenir la paix sur le plan international.

Ce que Birame Dah Abeid déclare avoir regretté profondément, c’est l’absence du monde arabe et africain de cet évènement mondial où se dessine l’avenir de l’univers.

Il est surtout attristé, par-delà un film qu’il visionnait sur la menace qui pèse sur la démocratie et la paix en Occident, par le film qui se déroule en Mauritanie. « une mobilisation sécuritaire et judiciaire de l’État mauritanien et de son élite vulgaire et opportuniste pour éradiquer un mouvement populaire qui, depuis deux décennies, adhère ouvertement et secrètement à ses principes. » décrit-il.

Analysant le comportement du président Ould Ghazouani et de son régime à l’égard du mouvement IRA, il compare la situation en Mauritanie à celle qui avait prévalu aux Etats-Unis avant l’adoption sous le coup de buttoir des défenseurs pacifiques des droits de l’homme, des droits civiques peu avant la chute de l’Apartheid en Afrique du Sud.

Et Birame de se demander encore : « Pourquoi pousse-t-on un mouvement populaire au bord de la provocation, comme si le but était de remplacer l'option de la non-violence par une réaction qui déclenchera des violences de classe et ethniques dans un pays dont les citoyens vivent dans la misère ? Quelle division serait plus dévastatrice pour le pays tout entier, et pour les locuteurs de l'hassaniya en particulier, que d'attiser le conflit entre les Maures d'une part et les esclaves et anciens esclaves d'autre part ? Et que le discours persistant de trahison et de diabolisation des groupes opprimés, constamment présentés comme un danger imminent ? »

Enfin, il se demande s’il ne reste pas encore en Mauritanie des personnes sages pour conseiller Ould Ghazouani et l’avertir des dérives en cours à Nouadhibou où les forces de l’ordre cherchent à disperser par la force des militants qui exercent leurs droits à manifester.

 

Cheikh Aïdara