CAN 2025: au bout d'un match fou, le Mali scalpe la Tunisie et se hisse en quart &

CAN 2025 Mali Tunisie

Sinayoko_Mali

On le savait, les matches entre la Tunisie et le Mali ont une petite saveur particulière. Celui de cette CAN 2025 pourra rejoindre la liste des rencontres épiques entre Aigles. Pendant un long moment, le spectacle a été assez décevant au stade Mohammed V de Casablanca. Et puis, un grain de folie est venu apporter ce qu'il fallait pour enflammer les débats.

Bien avant tout ça, il y a eu le premier tournant de ce huitième de finale, au cœur de la première période. Woyo Coulibaly, le défenseur malien, a infligé une semelle involontaire sur la cheville du stratège tunisien Hannibal Mejbri. Un geste involontaire mais dangereux que l'arbitre sud-africain, Tom Abongile, a sanctionné d'un carton rouge direct. Un vrai coup dur pour les Aigles du Mali.

Les Tunisiens, en supériorité numérique et déjà maîtres du ballon, avaient alors toutes les cartes en mains pour prendre le contrôle du match. C'était sans compter sur leurs propres lacunes d'une part, et sur la détermination malienne d'autre part.

Sinayoko égalise sur le gong

La maîtrise du cuir n'est rien si on ne parvient à trouver ses attaquants ni à se procurer d'occasions. Et en l'occurrence, les Aigles de Carthage, bien que plus nombreux, n'ont pas réussi à capitaliser sur la sortie de Woyo Coulibaly. Pendant de très longues minutes, ils ont fait tourner le ballon sans savoir quoi en faire, laissant même le Mali, bien encouragé par ses supporters, s'autoriser des contre-attaques qui ont obligé leurs adversaires à rester vigilants.

Avec un premier tir cadré à la 78e minute seulement, la Tunisie a déçu en seconde période, et les deux équipes semblaient aller tout droit vers la prolongation. C'est alors qu'enfin, les hommes de Sam Trabelsi ont joué la bonne partition : un centre impeccable de l'entrant Elias Saad dans le dos de la défense malienne, et une tête victorieuse d'un autre remplaçant entré en jeu quelques minutes plus tôt, Firas Chaouat (88e).

Le coup de grâce pour le Mali ? Non ! Les Aigles ont lancé leurs dernières forces dans la bataille pour revenir à la vie et ils en ont été récompensés. Yassine Meriah a commis une faute de main dans la surface que M. Abongile a vu.

Le VAR a longuement réfléchi avant de confirmer le penalty accordé par l'homme au sifflet. Indifférent à la pression, Lassine Sinayoko – qui jonglait avec le ballon en attendant l'autorisation de tirer – n'a pas tremblé : malgré le bon plongeon du gardien Aymen Dahmen, l'attaquant malien a transformé ce penalty (90+6e) et envoyé les deux équipes en prolongation.

Djigui Diarra héros des tirs au but avec deux parades

En prolongation, la Tunisie a essayé de remettre du rythme. Djigui Diarra, lui, s'est employé à bloquer toutes les tentatives tunisiennes et a ramené de la sérénité dans sa surface de réparation. Et quand il ne suffisait pas, c'est le corps arbitral qui est venu à son secours pour refuser un deuxième but à Chaouat, qui était bien en position de hors-jeu.

Sous une pluie persistante, les Maliens, toujours capables de fulgurances malgré la fatigue accumulée, sont restés solidaires pour tenir le score jusqu'au bout face à une Tunisie sans solution. L'inévitable séance des tirs au but s'est alors imposée pour déterminer qui sortirait vainqueur de ce huitième de finale.

La séance a bien commencé pour les Tunisiens, car après le tir réussi par Yassine Meriah, Yves Bissouma a envoyé le sien largement au-dessus de la barre transversale. Mais ce match étant décidément fou, le tireur tunisien suivant Ali Elabdi a lui aussi trop enlevé sa frappe ! Et Lassine Sinayoko, malgré le vent, a ramené le Mali à hauteur. Si le poteau a ensuite repoussé Nene Dorgeles, Djigui Diarra a lui repoussé Elias Achouri.

Deux échecs et deux réussites de chaque côté après quatre tirs, cela redoublait la pression sur les derniers tireurs. Et Diarra a encore sorti le grand jeu face à Ben Romdhane. Il ne restait plus qu'à El Bilal Touré de marquer pour libérer le Mali. L'attaquant a fait mouche pour le plus grand bonheur des siens (1-1, 3 tirs au but à 2). C'est bien le Mali qui défiera le Sénégal en quarts de finale.

Par : Nicolas Bamba/RFI