8 mars, fête de quelles femmes ?

mercredi 10 mars 2021
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Dans les médias audiovisuels, l’actualité de la semaine a été dominée par des tribunes portant sur la fête du 8 Mars, fête de la femme ; un sujet récupéré par le monde politique. L’occasion pour les intervenants de louer la place des femmes modernes dans les secteurs de développement du pays et surtout de prêcher pour plus de considération aux femmes, celles qui se trouvent dans les bureaux, dans la politique mais aussi sur le champ de bataille de la société civile.
Nulle part, l’on a entendu quelqu’un parler, véritablement, des femmes comme il en existe dans l’autre partie du pays. Celles qui chassent le mauvais sort de la vie dans une baraque insalubre, obscure et isolée quelque part dans les périphéries des grandes villes. Celles, esclaves du bétail et de leur maître arpentent les chemins poussiéreux de l’Aftout derrière des brebis ou des camélidés, avec un enfant, de père "inconnu" sur le dos….
Personne n’a parlé de celles-là ; et encore moins, des autres, qui vivent dans un deuil silencieux et consterné continu depuis le départ du cher mari. Un jour d’octobre 1990 au travail à la caserne, celui-ci a disparu pour ne plus jamais revenir et duquel on n’a plus aucune autre nouvelle qu’un nom placide, froidement couché sur la liste de présumés morts sous la torture à Inal, Nouadhibu, Azlatt, Jreida et ailleurs. Personne n’a évoqué et ne s’intéresse au sort de ces petites fillettes de l’époque, aujourd’hui devenues des femmes, qui n’auront jamais connu leur père et qui errent sur cette terre d’Islam en quête de la vérité et de la justice !
La fête des femmes ne signifie rien pour les vaillantes mères, sœurs et filles, parquées comme du bétail dans un "groupage" villageois digne des Kolkhozes de Staline, endroits où l’eau n’existe pas, l’enseignant promis ne se manifeste pas, la mosquée pompeusement érigée n’est pas équipée. Cette misérable ne sent jamais sa valeur ; ou plutôt, ne sent cette "valeur" que le jour du vote, où l’on veut lui dire que pour un lendemain meilleur, il faut, forcément, renouveler la confiance au maître de céans.
La fête de la femme passe inaperçue pour toutes ces femmes. Elle ne signifie strictement rien pour ces vaillantes travailleuses de la terre dans la Vallée et dans les zones oasiennes, où la production est insignifiante malgré l’acharnement de ces courageuses créatures à défier la nature et à vaincre l’adversité d’un monde que contrôlent des menteurs et des hypocrites !
La fête des femmes ne regarde pas ces fillettes innocentes sauvagement violées et souvent cruellement tuées pour lesquelles justice n’a jamais été rendue. Pire, souvent les juges gratifient les coupables par des relaxes pures et simples comme s’ils disaient que violer, tuer et humilier est permis, si la victime n’a pas su rester chez elle, ce qui sous-entend qu’elle ne doit jamais aller à l’école, ni au marché ou au point d’eau d’à côté !
La fête de la femme, l’approche genre, la grande stratégie nationale, la promotion et la liberté de la femme, et le tralala des "officielles" ne concerne que les femelles qui fréquentent les bureaux, celles qui munies de leurs sacs, tentent de s’aligner dans les rangs de ce « machin pompeusement appelé « la société civile », celles qui se rendent dans les tribunes des Nations Unies ou qui connaissent la route de Genève où elles bivouaquent fréquemment, tous frais payés.
Que l’on ne nous dise donc pas que la femme jouit d’un "respect" et d’une "attention" particulière dans un pays qui a perdu le sens de l’équité, de la justice et du respect du citoyen depuis ! Que l’on ne nous tympanise pas avec cette fête qui ne concerne que des femmes cibles à l’heure où la forte majorité de ces êtres croupit dans la misère et le dénuement cadavérique. Usez de vos voix, occupez les espaces médiatiques, bouffez l’argent du contribuable, vous qui fêtez ce 8 mars…

Oumar Moktar





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